En Bourse méfiez-vous des valeurs survalorisées

Rédigé le 18 février 2013 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui nous nous écartons quelque peu de notre univers small caps pour nous intéresser à une grosse mid caps : BIC (FR0000120966) et ses 4,4 milliards d’euros de capitalisation.

Mercredi dernier, perdant près de 11% lors des premiers échanges, le titre du fabricant d’articles de papeterie, de briquets et de rasoirs a imprimé la plus forte baisse du SBF 120. Une sanction boursière due à des résultats annuels légèrement inférieurs aux attentes. Ainsi la marge d’exploitation a atteint sur l’année 19,7% – contre 19,9% sur l’exercice précédent et 20% attendus par les analystes. Le bénéfice net, quant à lui, ressort en hausse de 10,6% à 263,1 millions d’euros tandis qu’on espérait une progression de l’ordre de 14%.

Un tel écart dans les prévisions justifie-t-il une telle dégringolade boursière ? En théorie non… passer de 19,9 à 19,7% en termes de rentabilité d’exploitation n’a rien de désastreux pour un directeur financier – surtout dans un contexte récessif en Europe et de croissance plus lente en Amérique latine… Le problème c’est que BIC est une valeur survalorisée : elle se paye sur un PER de 16 avec une VE/ROC de 11,5, ce qui n’est pas du tout bon marché, vous en conviendrez. De ce point de vue, cette perte de 0,2% change la donne aux yeux des investisseurs qui peuvent être davantage tentés de sortir du dossier.

Comme je le disais sur BFM la semaine dernière, je pense que très peu de gérants ont perdu de l’argent sur BIC ces dernières années – ou alors ils sont vraiment de très mauvais professionnels… La performance est en effet spectaculaire : +19,45% en un an, +73,36% en trois ans et +96,71% en cinq ans… Pour autant, elle nous invite à la plus grande vigilance. En effet, partant du principe que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, nous devons, en tant qu’investisseurs, faire extrêmement attention aux actions trop chères…

_____________________Pour vous aider dans vos investissements______________________

Turbulences boursières, volatilité, retournements inattendus, krachs…
PERTES INCONTROLABLES : PLUS JAMAIS CA !

Vous pouvez maîtriser les marchés – et votre portefeuille… et cela en seulement 20 minutes par semaine. Comment ? Tout est expliqué ici.

Alors maintenant que faire sur ce genre de dossiers ?

En matière de survalorisation, BIC n’est pas un cas isolé. Loin de là. Hermès International (FR0000052292), par exemple, se paye actuellement sur un PER de 33. Même si sa rentabilité opérationnelle dépasse les 30%, c’est tout de même très cher. Et ce, en dépit des qualités intrinsèques évidentes du groupe et de l’entrée au capital de LVMH. Je pense également à des valeurs comme Remy Cointreau (FR0000130395), Eurofins Scientific (FR0000038259) ou encore Ingenico (FR0000125346)… sans parler des biotechs, pour qui, cela est même devenu une marque de fabrique.

Un conseil, cher lecteur, ne soyez pas trop investi sur ce genre de valeurs et surtout n’en achetez pas au cours actuel. L’exemple de BIC doit vous faire prendre conscience qu’il faut faire attention à toute société qui évolue proche de ses plus-hauts tout simplement parce qu’elle pourrait fortement baisser à la moindre petite déception. Certes, je ne crois pas que le titre BIC puisse littéralement s’effondrer mais, il pourrait bien évoluer dans une fourchette de cours située entre 80 et 92 euros pendant de longues semaines… Eh oui, quand les investisseurs sont déçus, ils ont bien souvent du mal à revenir sur l’action.

Je sais qu’il peut être tentant d’acheter une valeur qui ne cesse de monter. On se dit qu’on pourra la revendre le lendemain avec une belle plus-value. Mais attention aux déceptions, elles peuvent être violentes… Encore une fois je vous le répète, méfiez-vous des valeurs survalorisées.

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

Laissez un commentaire