Bourse et cinéma ne font toujours pas bon ménage

Rédigé le 28 février 2012 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

La moisson de récompenses remportées par The Artist est, de toute évidence, une très bonne nouvelle pour le cinéma français. Alors, peut-être avez-vous pensé à investir dans le cinéma pour jouer justement l’enthousiasme et la vague The Artistqui permettra sans doute de nouveaux projets – à succès, qui sait ?

Je comprends votre raisonnement… mais non. Décidément non, je ne suis pas pour investir dans le cinéma. Le succès d’un film ne doit pas nous faire oublier que le secteur est assez atypique. Le succès d’un film ne présage en rien des succès à venir. Rien n’est jamais sûr dans cette industrie. Je m’explique…

Quand vous travaillez dans le ciment comme LAFARGE ou dans l’automobile comme PEUGEOT, vous n’êtes certes pas à l’abri d’une récession économique mais vous n’avez pas d’énormes fluctuations de chiffres d’affaires* d’un mois sur l’autre. L’année peut être mauvaise parce qu’un choc exogène a eu lieu, parce que la croissance ralentit mais vous avez et vendez des produits, et avez des amortissements. Il en va complètement autrement pour le cinéma car chaque film est un nouveau pari.

Pour moi, l’industrie du cinéma s’apparente à du capital risque. La Bourse et les investisseurs ont vraiment du mal avec cette industrie extrêmement cyclique qui ne dépend que du succès de tel ou tel film. A chaque nouveau film, les compteurs sont remis à zéro et tout est à jouer. C’est un peu comme pour une biotech en fait : votre avenir dépend à chaque fois du succès d’une molécule, d’un test, et vous ne pouvez pas capitaliser sur votre précédent succès.

_____________________Pour vous aider dans vos investissements______________________

Prenez le contrôle de vos investissements !

N’achetez plus une seule action avant d’avoir lu ce rapport spécial…

Et s’il est impossible d’éliminer à 100% le risque de vos investissements… en revanche, il est parfaitement possible de contrôler la perte maximale de votre portefeuille, et d’optimiser ainsi vos investissements.

Le hasard, la chance, le destin — appelez ça comme vous voudrez — n’ont pas leur place dans votre stratégie d’investissement. Pour en savoir plus, continuez dès maintenant votre lecture…

______________________

Prenons par exemple GAUMONT (FR0000034894)

La firme à la marguerite, fondée en 1895, produit des longs métrages et détient un catalogue de plus d’un millier de films. Son premier semestre a été franchement mauvais avec par exemple une perte nette de 0,6 million d’euros. Mais l’année a été sauvée par Intouchables, le film aux plus de 17 millions d’entrées sur lequel Gaumont est intéressée sur les recettes en tant que co-producteur. Le chiffre d’affaires au quatrième trimestre de l’exercice 2011 a bondi de 89% alors qu’il était en baisse de 25% sur le T3. Toute l’année de Gaumont s’est donc faite sur un film. Quelle volatilité… Les résultats du groupe seront connus prochainement. Mais tout laisse supposer qu’ils seront largement bénéficiaires grâce à Intouchables.

Sauf que, si vous investissez maintenant, qui vous dit que la boîte de production réitérera le même exploit l’année prochaine ? Rien n’est moins sûr… Lorsqu’on se penche sur l’histoire boursière de Gaumont depuis cinq ans, on est frappé par l’hétérogénéité des résultats : forte perte en 2007, léger bénéfice en 2008, bénéfices quasi équivalents en 2009 et 2010. Les investisseurs se bousculent peu sur ce dossier. La volatilité des résultats se traduit donc par une volatilité forte sur le titre.

Graphique: Gaumont (FR0000034894)
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Certes, depuis trois mois, grâce à Omar Sy et à François Cluzet, l’action prend 27%. Mais sur un an la baisse atteint 5,6% et même 40% sur cinq ans. A noter également qu’en raison d’un très faible flottant, le volume échangé est extrêmement réduit sur le titre – à peine 300 titres sur les cinq dernières séances pour un titre qui s’échange autour des 45 euros…

Bon après GAUMONT, passons maintenant ma bête noire : EUROPACORP (FR0010490920)…

Et là c’est franchement encore moins glorieux. Si vous me suivez sur le site, vous savez que vraiment, je n’aime pas cette boîte… Le titre a perdu 52% en un an et 86% en cinq ans. Il accumule 40 millions d’euros de pertes sur les deux derniers exercices et l’assurance de perdre encore de l’argent sur l’exercice actuel. Le troisième trimestre a notamment été très mauvais pour la société de Luc Besson avec un recul de l’ordre de 58% de son chiffre d’affaires en raison d’entrées en salles moins importantes que prévu – pour ses films…

Par ailleurs, le fait que le tournage d’un film avec Angelina Jolie, initialement prévu pour mai soit décalé laisse supposer que l’exercice 2012 sera assez médiocre. Franchement, je reste réservé sur ce dossier qui ne cesse de décevoir depuis son entrée en Bourse.

Graphique: EUROPACORP (FR0010490920)
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Le talent de Luc Besson est sans doute immense – nous nous rappelons tous du Grand Bleu, de Léon ou de Nikita, et plus récemment sur succès d’Arthur et mes Minimoys. Certes, plusieurs productions du groupe ont été en tête du box office aux Etats-Unis – le Transporteur 2 en 2002 et Taken début 2009. Mais l’action reste encore extrêmement dangereuse pour les investisseurs et je ne m’y risquerai pas pour l’instant.

* Décryptage : Chiffre d’affaires
Le chiffre d’affaires constitue généralement l’essentiel des produits ou services vendus par une entreprise. Dans certains cas, cependant, il peut exister un écart substantiel entre le chiffre d’affaires d’une entreprise et le total de ses produits d’exploitation. Prenons un exemple : l’entreprise A qui élabore des produits dans le domaine complexe des biotechnologies, a réalisé des ventes pour un montant de 10 millions d’euros. C’est son chiffre d’affaires. Mais elle a reçu dans l’année de nombreuses subventions : dotation de fonctionnement, projet de recherche et développement, pour l’aider à financier ses recherches. Le montant de ces subventions n’est pas inclus dans le chiffre d’affaires car il n’y a pas eu de facturation mais il est inclus dans le total des produits d’exploitation, à partir duquel est calculé le résultat d’exploitation, en bénéfice ou en perte.

Mots clé : -

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

10 commentaires pour “Bourse et cinéma ne font toujours pas bon ménage”

  1. […] Première parution dans Small Caps Confidentiel le 28/02/2012. […]

  2. […] de guidance pour 2012, ce qui est normal dans ce secteur, très difficile à évaluer comme je ne cesse de le dire. Le PER ressort à 7,5, ce qui n’est pas très cher du […]

  3. […] L’action a clôturé hier en baisse de 1,6% à 1,27€ et abandonne 44,1% depuis le 1er janvier. J’ai dit à de multiples reprises que le cinéma ne se mariait pas du tout avec la Bourse… […]

  4. […] semaines, progressant par exemple de 16% en un mois. Dossier très spéculatif car pour moi cinéma et bourse ne font jamais bon ménage.  Imprimer cet article Autres articles de Small Caps Confidentiel :18 novembre 2011 — […]

  5. […] vous l’avez compris, ce secteur ne me fait pas rêver – tout comme les secteurs du cinéma ou encore du football d’ailleurs… Tout simplement parce que les modes évoluent […]

  6. […] le savez, selon moi, cinéma et Bourse ne font pas bon ménage. Moi qui suis pourtant cinéphile, il me paraît extrêmement délicat de parier sur telle ou telle […]

  7. […] le savez, selon moi, cinéma et Bourse ne font pas bon ménage. Moi qui suis pourtant cinéphile, il me paraît extrêmement délicat de parier sur telle ou telle […]

  8. […] désamour pour le couple Bourse/Cinéma – je me suis en effet largement épanché sur le sujet ici et là. D’ailleurs, s’il m’arrive parfois d’émettre quelques doutes à ce […]

  9. […] profond désamour pour le couple Bourse/Cinéma — je me suis largement épanché sur le sujet ici et là, dans le cadre de la lettre Small Caps […]

  10. […] le savez, selon moi, cinéma et Bourse ne font pas bon ménage. Moi qui suis pourtant cinéphile, il me paraît extrêmement délicat de parier sur telle ou telle […]

Laissez un commentaire