Bombarder et torpiller : l’étrange manière de communiquer entre les deux Corées

Rédigé le 20 août 2015 par | Asiatiques, Toutes les analyses Imprimer

La Corée du Nord et du Sud se sont échangées des tirs de roquettes et d’obus ce jeudi matin, dans l’indifférence générale.

Les incidents et provocations (menace d’une guerre de destruction totale et d’éradication des États-Unis) sont une façon de communiquer très codifiée de la part de Pyongyang. C’est parfois une façon de faire accélérer une livraison de nourriture  quand la famine fait des ravages en interne dans le pays, d’obtenir de meilleures conditions sur les produits importés.

Le tir d’obus et de roquettes (parfois même de torpilles) constitue quasiment une façon de communiquer en morse, d’appuyer un message destiné à la Corée du Sud ou aux occidentaux durant des négociations, etc.

Pyongyang fait donc parler la poudre

Au sortir de négociations avec Séoul qui visaient à obtenir une hausse de 5% du salaire minimum mensuel (porté finalement de 70,5$ à 74$) des travailleurs nord-coréens employés dans la zone mixte de Kaesong (située en Corée du Nord)  Pyongyang menace. 120 entreprises sud-coréennes emploient environ 53.000 nord-coréens… à très bas coût.

Les paiement en devises versés par les firmes étrangères sont naturellement confisqués par Pyongyang qui reverse de la monnaie de singe aux travailleurs nord-coréens

Et Séoul ajoute à la mesquinerie salariale de ses entreprises l’outrecuidance de programmer dans la foulée des manœuvres militaires conjointes avec les forces aéronavales américaines. Intolérable pour le maître suprême de la Corée du Nord, le pays le plus puissant et le plus respecté de la planète. Il fallait bien envoyer quelques roquettes pour rappeler cette réalité aux nains capitalistes sous-développés de la Corée du Sud.

Séoul s’est ainsi vu l’occasion de vérifier le bon fonctionnement de ses obusiers de 155 et de tester l’efficacité des bouchons d’oreilles de dernière génération pour ses artificiers.

La Bourse de Séoul doit être équipé des mêmes dispositifs: le bruit des explosions de l’a même pas fait tressaillir.

Petit rappel : aucun armistice n’a été signé à la fin de la guerre de Corée et, techniquement, les deux États sont toujours en guerre.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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