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Bond du CAC40 : les banques centrales sont le marché

Rédigé le 22 septembre 2016 par | Algos, Analyses indices, Cac 40, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

CAC40 : +100 points en 3 heures. Il n’y a plus de « marché » puisque les banques centrales « sont » le marché.

Le CAC40 valide le re-franchissement des 4500. C’est étourdissant, il n’a mis que 3 heures pour afficher +100 points grâce à des « algos » arrachant les cours comme des bulldozers en folie (et pourquoi pas +250 points d’ici 17h35 ?).

Les commentateurs essaient déjà de nous faire avaler que le ton « dovish » (beaucoup plus accommodant que prévu) de Janet Yellen justifie un tel feu d’artifice haussier.

Mais la seule explication qui tienne la route, c’est qu’il s’agit d’une « hausse programmée », sur le même modèle que l’envolée anachronique de +2,5% du 2 septembre ou du 24 mai dernier.

Le scénario est à chaque fois le même…

Un chiffre banal ou ambiguë, un communiqué fumeux d’une banque centrale sert de détonateur et les « marchés » partent en free style.

Les « sherpas » -agissant sur ordre des banques centrales- déclenchent une vague de hausse totalement disproportionnée.

Les gérants – réduits à la fonction de « suiveurs systématiques »- payent les yeux fermés: ils supposent que quelqu’un « sait » pourquoi le marché se met à grimper puisque selon la théorie chartiste, « toute l’information est dans le cours ».

Mais les prétendus acheteurs « bien informés » n’existent pas : ils ne savent rien.

Et pour cause : ce ne sont que des « algos » -tous programmés exactement de la même façon et se déclenchant exactement au même moment- qui rendent la hausse auto-réplicative.

Les faiseurs d’opinion sont ensuite payés pour inventer -et il va leur falloir beaucoup d’imagination ce jeudi- les raisons de ce rallye haussier.

Si un tel rallye découlait d’une ruée de petits porteurs -comme en Chine au printemps 2015-, les initiés parleraient de « foule imbécile ».

Mais désormais, le rallye dépend d’un acheteur unique, réputé le plus intelligent et le mieux informé entre tous, ce qui instaure une situation tout à fait inédite.

En effet, autrefois, c’était la banque centrale qui sonnait la fin de la récré pour faire rentrer « les foules imbéciles » dans le rang… et permettre au initiés de tout racheter au plus bas.

Mais aujourd’hui, qui sonnera la fin des expérimentations imbéciles et suicidaires des banques centrales ?

Il n’y a plus de « marché » puisque les banques centrales « sont » le marché.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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