Si BNP-Paribas va plus bas, le CAC40 connaîtra de gros tracas

Rédigé le 5 novembre 2009 par | Autres indices Imprimer

L’embellie de Wall Street repose à 50% sur le rebond du secteur bancaire. A première vue, vous auriez du mal à y croire puisque le Nasdaq avait affiché jusqu’à +63% sur ses planchers de la mi-mars et il ne contient pratiquement aucune valeur financière.

Ca spécule sur les bancaires et on suit la tendance !

Oui mais voilà. Un bon quart des volumes quotidiens (en moyenne) découle de la spéculation effrénée sur Freddie Mac, Fannie Mae, AIG et Citigroup — et des titres comme Bank of America, JP-Morgan ou Wells Fargo figurent presque quotidiennement parmi les valeurs les plus travaillées.

En Europe, seul BNP-Paribas bénéficie d’un niveau d’activité comparable mais la toile de fond en terme de business n’est pas comparable, nous allons y revenir en détail.

Si les indices boursiers ont pratiquement cessé de progresser depuis le 15/18 septembre, c’est justement parce que l’indice global des valeurs financières à commencé à se replier il y a plus de six semaines. Résultat : les records de la mi-octobre ont été inscrits de façon plus que laborieuse et à contre sens du secteur bancaire.

La correction s’est accélérée il y a un mois, lorsque la Banque centrale d’Australie a pris l’initiative de relever son taux directeur de 3 à 3,25%… Pas de chance, elle vient de récidiver mardi en le portant à 3,5%, avertissant au passage qu’elle ne comptait pas s’arrêter là.

Même si la conjoncture australienne est bien spécifique (soutenue par les exportations de matières premières et l’activité chinoise) et guère comparable à celle que les Etats-Unis peuvent espérer en 2010, tout ceci fait craindre que la Fed revienne sur sa politique d’assouplissement quantitatif pour défendre le dollar.

A ce questionnement s’ajoute l’annonce de pertes plus lourdes que prévu chez UBS (hausse des provisions pour pertes sur créances immobilières, désertion de la clientèle), l’anticipation de nouvelles augmentations de capital massives en Angleterre (chez Lloyds ou RBS, après celle de 14 milliards d’euros attendue chez ING), la multiplication des faillites bancaires aux Etats-Unis.

Il n’est donc pas étonnant que le secteur donne des signes de faiblesse et menace de s’engager dans un processus correctif plus violent.

BNP résiste, seul et contre tous

Mais rien n’est encore complètement joué car une banque continue de résister aux mauvaises influences extérieures et se maintient avec brio au-dessus de ses supports estivaux : il s’agit, vous l’aviez deviné, de BNP-Paribas qui demeure très profitable, solidement capitalisée et très bien notée, même après la reprise d’une partie des activités de réseau de Fortis.

Si celle là capitule à son tour et s’enfonce sous ses planchers de début novembre, alors il faudra se résoudre à rester à l’écart de tout ce qui s’apparente à un établissement de crédit et s’attendre à un repli général qui devrait avoisiner au minimum les -10% pour les moins vulnérables (dont BNP-Paribas) et -25 à -30% supplémentaires pour les « canards boiteux ».

… donc surveillez-la de près !

BNP-Paribas vient tout juste de rebondir sur le palier des 51 euros (sa MM100 et MM150) : le titre s’est contenté de tutoyer le support majeur des 50 euros (le plancher estival a été inscrit à 49,82 euros pour être précis) des 5 août, 14 septembre et 2 octobre dernier.

Graphique de BNP-Paribas

C’est donc la réaction du titre lors d’un prochain test de ce seuil qu’il conviendra de surveiller attentivement (en s’abstenant d’anticiper une issue baissière). L’orientation négative des oscillateurs weekly laisse craindre une rupture de ce support. Dans ce cas, le titre rejoindrait le palier des 47 euros (plancher des 28/29 juillet) puis celui des 43,75 euros (plancher du 21 mai au 13 juillet, avec un « bruit » survenu le 23 juin avec un unique test des 41,90 euros).

Donc vous m’avez compris : si la valeureuse BNP-Paribas devait rendre les armes, il ne fait aucun doute que le CAC40 ne tarderait pas à rejoindre la zone des 3.400 pts et l’Euro-Stoxx50 (dont BNP-Paribas est également l’une des principales composantes) les 2.550 pts. [Ndlr : ce serait alors une parfaite occasion soir de reprendre des puts au moment de la rupture du support, ou alors d’engranger vos gains si vous vous êtes positionnés aux derniers plus hauts. De notre côté, nous nous sommes positionné sur des puts afin de jouer les 3.400. Et vous ? ]

Pour l’heure, les marchés rebondissent après leur difficile journée de mardi. Soyez prudent.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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