Bitcoin versus pétrole : choisissez votre camp !

Rédigé le 24 novembre 2017 par | Bitcoin & cryptomonnaies, Matières Premières, Pétrole, Taux & Devises, Toutes les analyses Imprimer

Vous le savez, je suis absolument contre les coups boursiers. Oui, dans mon collimateur se trouve bien la célèbre cryptomonnaie Bitcoin. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer cela dans un article. Le Bitcoin grimpe à n’importe quelle heure du jour (et surtout de la nuit). Mais la raison est due au fait que tous les néophytes sont attirés par le mirage boursier des 1 000% de gains.

Dans ma lettre d’investissement Béchade Confidentiel, vous ne trouverez pas de licorne à paillettes ni de blockchain. Oui, Gilles Lerclerc et moi-même sommes des terre à terre. Alors nous préférons de loin privilégier des investissements reliés à des « fondamentaux », décorrélés d’un afflux de liquidités qui peut se tarir du jour au lendemain.

L’énergie, le pétrole sont des actifs dont nos économies ne peuvent se passer. L’argent métal, le nickel, le cadmium sont produits en quantité nettement insuffisante en regard des projections de production de véhicules électriques, même les plus timorées.

Les métaux industriels sont à mille lieues des blockchain et de l’économie numérisée. Voilà une thématique d’investissement sur lesquels les signaux d’achat ne demandent qu’à s’enclencher !

pétrole Le pétrole, l’industrie, les métaux et les vraies choses, complètement has been ?

Pour produire l’électricité indispensable à la recharge des millions de batteries nécessaires pour faire rouler les millions de Tesla qu’Elon Musk espère vendre, peut-on imaginer que les mégawatts seront produits par autre chose que par des centrales au charbon ?

En Allemagne, 42% des locomotives « électriques » fonctionnent en réalité… au charbon. Et il en va de même pour les vélos électriques, et les quelques milliers de Tesla qui circulent outre-Rhin !

La disparition des moteurs thermiques d’ici 2030 dans les grandes villes est une fable et ceux qui se laissent bercer n’ont pas bien réfléchi à la provenance de l’énergie permettant aux transports en commun de circuler.

Sait-on ce que consomme en équivalent carbone une usine fabriquant des batteries pour une Tesla ? Combien faut-il d’énergie pour extraire le minerai qui sera traité puis fondu afin d’équiper les voitures propres ? L’aluminium et l’acier servant à fabriquer un véhicule existent déjà. Il suffit de les recycler. Mais 95% de l’argent, du nickel, du cadmium dont nous avons besoin dès aujourd’hui et encore plus demain sont encore enfouis dans la croûte terrestre. Il va falloir l’en sortir, et cela va coûter très cher… en énergie fossile !

Pétrole versus Bitcoin

Nous restons donc fidèles à notre trade sur le pétrole. Sa remontée entre 42 et 57$ (WTI) ou 62$ (Brent) ne s’explique pas seulement par la hausse de sa consommation, liée à une croissance en accélération. Il progresse depuis plus de 4 mois et des facteurs géopolitiques – nous pourrions remplacer « facteurs » par « menaces » – sont tout aussi déterminants dans sa récente hausse de +25%.

La faillite du Venezuela peut signifier un effondrement de sa production de pétrole en quelques semaines. La cristallisation de la rivalité Arabie/Iran et une intensification des « guerres par procuration ». Un nouveau front pourrait aussi s’ouvrir prochainement au Liban. Tout cela suffirait à mettre le feu au baril en quelques heures. Vous l’avez compris, les risques affectant des zones de production pétrolière sont nombreux.

Sauf que les vraies choses, même has been, seront toujours là. Pas comme le Bitcoin qui peut tout simplement disparaître !

Nous ne soulignerons jamais assez à quel point l’écosystème Internet devient vulnérable aux cyberattaques, au piratage, aux pannes (non-)accidentelles.

Nous sommes effarés de voir que le Bitcoin, en passant la barre des 100 Mds$ de capitalisation implique des millions de comptes ouverts par des néophytes, devenant ainsi une cible de choix ! Car si les codes de sécurité et les transactions peer to peer en version blockchain sont sûrs, nos équipements informatiques, nos portefeuilles virtuels, nos réseaux de télécommunication, les prestataires de type OVH le sont beaucoup moins !

Je reviendrai plus en détail sur cette thématique dans notre prochain numéro fin novembre, car avec Gilles, nous tenterons d’identifier ces entreprises au savoir-faire crucial qui sont capables de rendre notre (votre) univers numérique hyperconnecté plus sûr. (Pour recevoir le prochain numéro de Béchade Confidentiel ainsi que son livre Fake News gratuitement, profitez de l’offre actuelle).

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

2 commentaires pour “Bitcoin versus pétrole : choisissez votre camp !”

  1. J apprécie toujours vos analyses très pertinentes, mais je ne pense pas que l on puisse juger un système comme les crypto monnaies, je m’explique : si personne ne sait y intéresse elle disparaîtra vite et si tous le monde décidais de n utiliser que ça pourrait on leur interdire ? Parier sur le bitcoin oui c’est casino mais c’est aussi parier sur le désir de sortir du système monétaire gouvernemental. Un peu comme l’or mais en plus pratique et dépendant de la stabilité structurelle d internet. Personne ne peux prouver que bitcoin va échouer ou réussir. Si on a le sentiment qu une crypto monnaie va bénéficier d une augmentation du nombre de personne ayant confiance dans cette commodities et que tous le monde peut avoir accès il est donc logique d en obtenir le temps que la demande de stabilise. On pourra ensuite revenir sur les produits plus conventionnels.

  2. Franchement,

    J’ai toujours l’impression que vous redigez des articles aigris lorsque vous loupez le coche.
    Le Bitcoin est une bulle? Admettons. Vous l’auriez conseille au 1er janvier, il aurait suffit a l’investisseur prudent d’attendre quelques semaines pour qu’il double de valeur, revendre sa mise initiale et etre totalement a l’abri de toute perte, pour jouer, comme vous le dirait Gilles, un trade gagnant ou zero perte. Avec ce trade, notre ami qui aurait investi 1000 Euros de BTC au 1er janvier en aurait revendu pour 1000 Euros quelques semaines plus tard, et serait aujourd’hui assis sur 3000 Euros supplementaires en Bitcoin, sans aucun risque de perte, et echangeable en quelques instants a sa convenance. CQFD.
    La hause du Bitcoin sur les deux dernieres annees est encore plus impressionnante. Ce n’est peut-etre que le debut, si les transactions immobilieres sont autorisees via certaines agences. Dont acte. Bulle ou pas bulle, l’important est de gagner de l’argent et de minimiser le risque. Vous ne l’avez pas du tout vu venir, point barre.

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