Le Bitcoin et Trump auront rendu tant de gens riches ! Un véritable conte de fées !

Rédigé le 4 décembre 2017 par | A la une, Bitcoin & cryptomonnaies, Taux & Devises Imprimer

Le Bitcoin… je ne sais pas si c’est un support viable pour faire fructifier son épargne à terme. Mais en matière de légende et de story-telling, c’est un véritable régal !

Je vois refleurir sur les réseaux sociaux de fausses historiettes répandues par de faux intermédiaires financiers qui surgissent du néant comme une génération spontanée de spécialistes du Bitcoin. Alors qu’il y a 6 mois, les noms de Satoshi Nakamoto, de Hal Finney (un seul et même personnage ?) ou de Mark Karpeles leur étaient inconnus.

Aujourd’hui, ces experts ès Bitcoins mettent à votre disposition des méthodes infaillibles pour faire fortune sur le BTC. Il vous suffira pour de mettre une mise de fonds ridiculement faible de 3000€. Cette dernière sera triplement remboursée au bout de 2 trades gagnants en 48h sur leur plateforme certifiée 5 étoiles par les autorités grolandaises. Des stratégies longuement éprouvées et back-testées au cours des trois derniers mois. Elles ont été validées par Chuck Blockchain, titulaire d’un PHD de vaporware à l’université de Ghosttown (Dakota oriental).

Si l’histoire ne se répète pas, il lui arrive de bégayer. Les légendes liées au Bitcoin reprennent souvent et presque mot pour mot celles qui prospéraient lors de la « révolution » des dot.com.

Il y a tellement de contes de fées…

BitcoinOui, à 18 ans de distance (presque une génération) les même vieilles légendes que l’on se racontait autour de la machine à café sont de retour. Et voilà ressuscité ce pauvre chômeur qui n’avait plus rien à perdre, a misé ses indemnités de licenciement sur le BTC… et a fait 50 fois sa mise en 6 mois.

La revoilà, la petite réceptionniste d’une salle de sport qui a placé 10% des maigres économies sur le Bitcoin et qui vient de racheter le club de Fitness ! Elle a évidemment renvoyé le patron qui la traitait comme une moins que rien. Quelle belle revanche sociale pour une jeune femme, mère célibataire, sans diplôme, qui ne connaît rien à la finance mais qui a eu le flair de prendre au bon moment le train de la hausse et de se laisser porter par la tendance ! C’est d’ailleurs son cousin, un jeune geek, qui l’avait convaincue que le Bitcoin était une vraie révolution qui allait ringardiser les banques – et notamment celle qui lui avait refusé un prêt étudiant l’an passé.

Rappelez-vous cette fable de 1999. Celle de l’heureux possesseur de stock-options de bullshit.com (remplacez-les « stocks » par des Bitcoins) dont le cours était passé de 0,1$ à 1 000 $ en quelques mois et qu’il avait reçues en paiement de l’installation d’une climatisation dans la salle des ordinateurs…

Connaissez-vous George ?

Eh oui, nous nous reconnaissons tous dans George. Cet ancien salarié lambda, socialement déclassé, ignorant tout des mécanismes de l’économie, de la complexité de Wall Street… mais doté d’un solide bon sens. Il s’est enrichi en dormant sur ses deux oreilles car il a bien senti la révolution qu’était le Bitcoin. La voilà, sa revanche sur le destin ! Le mieux, c’est que pour George, trader le Bitcoin ne lui prend que 2 heures par jour (fini la pointeuse, les 50 heures par semaine et les embouteillages matin et soir). Ah oui, il profite pleinement de sa Bentley décapotable flambant neuve qu’il utilise pour se rendre à sa partie de golf dans un club huppé de Palm Beach où Donald Trump a ses habitudes…

Ce sont exactement les mêmes ressorts marketing que ceux utilisés par les promoteurs de jeux en ligne. L’acheteur de Bitcoin (ou l’ancien possesseur de stock-options) a tout simplement coché les mêmes 6 bonnes cases de la « nouvelle économie ». C’est facile, quasiment sans risque (forcément !) et 100% des gagnants ont tenté leur chance !

Et vous trouverez mêmes des pubs qui vous vantent le Bitcoin comme un placement qui peut rapporter en moyenne 500% par an.

De telles performances ne manqueront pas d’aiguiser également les appétits du Fisc. En France, le Bitcoin est soumis au régime des plus-values sur les valeurs mobilières, et ceux dont les gains dépassent leurs revenus salariés seront imposés comme professionnels à un taux qui est encore plus défavorable.

« Pas grave ! », nous affirment les défenseurs du Bitcoin. Les bénéfices ne sont pas réalisés en France, ni dans aucun pays d’ailleurs car le BTC n’est nulle part (et partout à la fois). Et comme il suffit d’être un peu malin pour préserver son anonymat, c’est du « 100% de bénefs’ dans ma pocket, le Fisc touchera pas à mon wallet ! »

Les gouvernements cherchent le moyen de profiter, eux aussi, des crypto-monnaies

Après la Chine, voilà que le Royaume-Uni songerait également à rendre l’usage anonyme du Bitcoin illégal.

Le gouvernement britannique prépare des amendements à la directive anti-blanchiment et anti-terrorisme qui s’appliqueront (s’imposeront) aux plateformes virtuelles d’échange de devises et de crypto-devises. Il y aura notamment l’obligation de déclarer l’identité des personnes effectuant des transactions afin de s’assurer qu’elles ne permettent pas de blanchir des activités criminelles ou de favoriser des opérations à caractère commercial en franchise de TVA.

Ari Paul, de Blocktower Capital, un des principaux promoteurs du Bitcoin aux Etats-Unis, n’a pas hésité à expliquer qu’il procurait au simple citoyen, y compris peu fortuné, de bénéficier des mêmes avantages que ceux qui font un large usage des paradis fiscaux et de s’assurer que les sommes converties en Bitcoins ne peuvent être saisies, ni par le Fisc, ni par un tribunal de commerce (en cas de faillite par exemple).

L’anonymat du Bitcoin (et autres cryptos) pourrait bientôt devenir une légende… Mais tant que le Japon ou la Corée du Sud le laissent prospérer, il n’y aura pas de véritable remise en cause de son caractère furtif et de son statut de paradis fiscal sur clé USB.

Le conte de fées fiscal du clan Trump

L’autre légende du week-end, ce sont les supporters de Donald Trump qui s’en font l’écho en se félicitant bruyamment de l’immense victoire que constitue l’adoption de la Tax Reform. En réalité, il s’agit seulement d’un vote favorable du Sénat, par 51 voix contre 49. Il n’est pas encore question d’une adoption définitive par le Congrès, même si c’est effectivement en bonne voie – il n’y aurait plus que quelques parlementaires à corrompre.

Ils affirment qu’il s’agit d’une bénédiction pour les classes moyennes, ce qui valait bien que les riches soient dispensés de payer quelques centaines de milliards d’impôts supplémentaires. Une grande victoire sociale en effet. Alors que 50% de la middle class ne payaient pas d’impôts, ils en paieront encore moins !

Et pour ceux qui en payaient un peu, des déductions de taxes d’habitation ou d’intérêts d’emprunts seront sucrées, ce qui revient à alourdir la fiscalité de l’immobilier. En revanche, pour les ultra-riches et notamment ceux qui ont adopté le système des holdings (comme Donald Trump et sa famille), l’effet de levier fiscal des réductions d’impôt sera maximal…

Mais c’est sans doute une légende malveillante de plus, propagée par les détracteurs de la réforme…

URGENT - Concerne vos euros !

 

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

7 commentaires pour “Le Bitcoin et Trump auront rendu tant de gens riches ! Un véritable conte de fées !”

  1. Contrairement a des billet ou de l’or(refondu) le BITCOIN est traçable.Il suffit de l’imposer lors d’une conversion en devise.Et c’est bien rare que des Bitcoins ne soient pas converti un jour ou l’autre.
    Les états ne pourront pas en revanche vous accuser de recel.Mais remonter jusqu’à la création du moindre BITCOIN, si.

  2. Voilà une question que je me pose depuis un moment. Comment les plates-formes de Bitcoin parviennent-elles à se procurer suffisamment de monnaie fiduciaire (dollar, euro, yen…) pour les vendeurs ? Le cygne noir ne viendrait pas de l’impossibilité, un beau jour, d’une plate-forme de « livrer » le vendeur ?

  3. Bonjour,

    Personne ne sait vraiment d’ou vient le bitcoin.
    Et si il avait été créé par les grands « argentiers » de ce monde en vue de rembourser la dette?
    Normalement c’est du « superflu » qui doit être investi en BTC..
    Et si tout était fait pour faire grossir la bulle? Les gens la font gonfler et comme c’est du superflu à un moment donner ils font exploser la bulle . Et ça ferait ça d’argent en moins dans le systeme en prenant aux gens leur argent normalement superflu.

  4. […] La Bourse au Quotidien […]

  5. […] La Bourse au Quotidien […]

  6. Il y a aussi les histoires vraies…comme celle des jumeaux Winkelvoss qui sont les premiers milliardaires en Bitcoins, ou, à une échelle infiniment plus modeste, votre modeste serviteur qui est propriétaire d’un et un seul bitcoin acheté en plusieurs étapes pour un prix moyen de 3 506 EUR et qui voit (en ce moment même) son bitcoin à 12 723.64 EUR. Inutile de préciser que j’envisage de revendre à très court terme une partie de ce Bitcoin pour m’assurer que ma mise de départ sera récupérée quoi qu’il advienne. Je croise juste les doigts pour que l’opération se passe sans anicroche.
    Il devrait me rester ensuite 0.7 BTC que j’espèrerai évidemment voir continuer à prendre de l’ampleur, mais dont le krach jusqu’à une valeur zéro (ce qui n’arrivera pas mais envisageons le pire) ne me ferait pas de mal.
    12 790.66 EUR depuis que j’ai commencé à écrire ce message…
    Donc riche ? Non, mais avouons qu’il n’est pas désagréable de voir un placement évoluer de la sorte…
    Le tout est d’éviter la cupidité excessive…c’est elle qui fait souvent que l’on se mord les doigts.
    Et 12 857.29 EUR… J’avoue que c’est de la folie, mais l’humain étant bien moins rationnel que ce qu’on a tendance à croire, cette folie peut encore durer un moment.

  7. Juste une petite réflexion complémentaire : j’entends parfois dire que le Bitcoin n’a pas d’existence réelle, aucune contrepartie physique.
    Quelqu’un peut-il dire, avec une relative précision, quelle est la part de nos euros et de nos dollars qui ont une véritable contrepartie en billets et en pièces « physiques ». Et quelle partie de cette gigantesque masse monétaire ne consiste qu’en des jeux d’écritures sur des comptes sans la moindre contrepartie en monnaie physique ?
    La capitalisation totale du Bitcoin doit être risible à côté de la masse de ces euros et dollars créés eux aussi « ex nihilo ».

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