Bitcoin : le point sur la monnaie virtuelle universelle qui pèse lourd

Rédigé le 26 juillet 2017 par | A la une, Toutes les analyses Imprimer

Initialement publié sur Libre d’Agir

En mai et en juin, les grandes campagnes d’attaques qui ont déstabilisé les ténors de l’industrie en France et dans le monde reposaient sur le chiffrement des données des ordinateurs contaminés. Pour libérer ces données, un message donnait des instructions afin de réaliser le règlement d’une rançon via des bitcoins. Mais quelle est donc cette monnaie numérique qui circule sous les manteaux d’Internet depuis son lancement et qui possède même un cours officiel ?

Le bitcoin porte l’abréviation BTC ou XBT. Il s’agit de ce que l’on appelle une cryptomonnaie. « Crypto », car elle est chiffrée, autrement dit, codée pour la sécuriser. Le codage en question répond au plus haut standard de chiffrement : le SHA-256. De fait, avec ce système, la monnaie est infalsifiable, contrairement à toutes les autres. Il n’existe donc pas de faussaire de bitcoins.

On trouve parfois sur certains sites marchands cette unité monétaire. Elle est également employée par de nombreux prestataires de services œuvrant essentiellement sur les technologies Internet.

A qui appartient le bitcoin et qui le gère ?

Cette monnaie numérique n’appartient à personne, mais a été créée en 2009 par un individu dont on ne sait pratiquement rien sinon son nom : Satoshi Nakamoto… et encore… Il pourrait bien s’agir d’un pseudonyme. Elle échappe également à tout contrôle des États ou des personnes. Mais attention, il ne s’agit pas pour autant de la jungle.

Car, au-delà de la monnaie, il y a aussi le système d’échange bitcoin via Internet. Sa conception est publique, personne ne peut le posséder ni le contrôler et tout un chacun peut le rejoindre. Pour sécuriser la monnaie, en plus du chiffrement, un procédé astucieux fait transiter les échanges financiers via l’ensemble des ordinateurs des utilisateurs organisés en nœuds sur le réseau. C’est ce que l’on appelle la blockchain . Si, par exemple, il manque un élément du nœud, la transaction ne peut pas être établie. De plus, chaque échange est archivé numériquement et automatiquement dans l’équivalent d’un vaste livre de comptes. On peut donc consulter l’historique des échanges depuis la création du premier bitcoin en 2009.

Qui utilise les bitcoins ?

Généralement, dès que l’on parle de bitcoin, le terme est associé à la cybercriminalité, comme le rappellent les dernières attaques via ransomwares. Même si c’est moins vrai aujourd’hui, la monnaie est considérée comme le graal des réseaux criminels, des jeux d’argents, de la drogue et du blanchiment d’argent. En réalité, même si cette partie est la partie la plus visible et marquante, elle présente une part très minoritaire de l’utilisation des bitcoins. Dans l’avenir, elle devrait même s’amenuiser, car si les transactions sont discrètes et sécurisées, elles ne sont pas aussi anonymes qu’aux débuts. C’est pourquoi cette part d’utilisateurs migre vers d’autres monnaies virtuelles que le bitcoin.

En outre, malgré son attrait récent, la monnaie est finalement très peu exploitée. On estime que ses échanges culminent à environ 150 millions de dollars par jour et que sa croissance reste faible. Il faut dire que cette monnaie reste entravée par les banques en raison de la concurrence potentielle qu’elle peut engendrer. De même, mis à part les plus « geeks » des individus, le grand public a peu confiance en cette monnaie et ne saurait pas vraiment comment l’utiliser le cas échéant. Il faut dire que le concept est très abstrait et son fonctionnement complexe. Pourtant, le règlement d’une transaction par bitcoin est à la portée de tous. C’est enfantin !

Enfin, il faut souligner qu’il existe de nombreuses autres monnaies numériques beaucoup moins utilisées, mais qui viennent ponctionner une partie du potentiel du bitcoin. On en compte 14 en tout. Elles sont plus ou moins employées et disposent chacune de particularités techniques.

Une monnaie virtuelle qui vaut son pesant d’or

Cela dit, l’évolution du cours du bitcoin a de quoi faire saliver abondamment les adeptes de spéculation. A l’heure où je rédige ces lignes, sachez qu’un bitcoin vaut 1 983,94€ (2282,23 $). Mais ce cours peut fluctuer énormément en très peu de temps. Ainsi, la veille, cette monnaie valait 300€ de moins. Cela dit, il faut rappeler que lors de son lancement en 2009, 1 bitcoin valait simplement 1 $… Imaginez dès lors la fortune qu’ont pu collecter les premiers utilisateurs de cette monnaie…

Bitcoin Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Il faut savoir que, contrairement à une monnaie physique, les monnaies virtuelles sont disponibles en quantité limitée. Dans le cas du bitcoin, le plafond est fixé à 21 millions d’unités. Actuellement, la quantité de bitcoins en circulation culmine aux alentours de 16 millions, pour un montant total équivalent à 42,45 milliards de dollars. Des unités de monnaie seront émises progressivement au compte-gouttes pour atteindre à terme ce maximum de 21 millions.

Ce plafond explique pourquoi la valeur des bitcoins augmente avec sa rareté. Mais ce n’est pas la seule raison.

En effet, toutes ces monnaies virtuelles sont calquées sur un même principe : celui des chercheurs d’or.

Au départ, il y a beaucoup d’or et peu d’orpailleurs. En trouver demande peu de moyen et est assez facile. Autrement dit, la monnaie virtuelle est abondante. Ensuite, les chercheurs vont se multiplier et l’or va devenir plus difficile à dénicher.

Avec l’étape suivante, il va falloir investir de plus en plus de moyens humains et matériels pour récolter de l’or. Enfin, l’or étant une ressource rare, ses sources vont se tarir et les moyens d’en trouver coûter de plus en plus cher.

Une monnaie comme une autre dans quelques années ?

Aujourd’hui, le bitcoin se trouve au niveau de la troisième étape de son équivalent en recherche d’or. Face à cet engouement, si les autorités n’ont pas de contrôle sur la monnaie, elles surveillent toutefois son utilisation et notamment la nature des biens et services qui sont achetés avec. Elles vérifient aussi sa conversion en devises. Dans l’avenir, l’anonymat total des transactions devrait être de moins en moins assuré, ce qui devrait faire fuir les derniers cybercriminels employant cette monnaie. Elle devrait, par ailleurs, se développer en raison de son adéquation parfaite avec les transactions via Internet (sécurisation, immédiateté, confidentialité…).

Avant que le bitcoin devienne aussi rare qu’inabordable, il est donc encore temps de s’initier à ce système en investissant quelques dizaines d’euros. C’est ce que je vous propose de découvrir plus concrètement bientôt dans une seconde chronique sur le bitcoin.

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Comment acheter des bitcoins et s’en servir ?

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La Rédaction
La Rédaction

5 commentaires pour “Bitcoin : le point sur la monnaie virtuelle universelle qui pèse lourd”

  1. Comment se fait-il que personne ne soit capable de décrire simplement, en quelques mots et graphiques, sur le recto d’une page A4 , le fonctionnement de la blockchain et du minage, deux éléments pourtant essentiels au bitcoin ? Cet article n’y parvient pas non plus. Ce serait pourtant un grand pas en avant pour sa crédibilité.

    La quantité limitée de bitcoins en circulation est un défaut critique majeur. Contraindre les utilisateurs à effectuer des transactions valant moins d’un millionième de l’unité d’une monnaie n’a pas de sens. D’autres monnaies virtuelles ont au moins eu l’intelligence de contourner cet écueil. Limiter la quantité d’une monnaie ne sert qu’à enrichir les premiers détenteurs, les malins, relativement aux derniers acquéreurs, les pigeons. C’est une excellente raison de ne pas se laisser tenter par le bitcoin.

    La principale communauté d’usagers du bitcoin est chinoise, ce qui en dit beaucoup plus long sur la nature simiesque de la monnaie chinoise que sur le bitcoin, recours désespéré des Chinois cherchant à fuir virtuellement leur dictature.

    Pour survivre, la communauté virtuelle gérant le bitcoin a récemment dû renoncer à une partie de la sécurité des transactions, faute de quoi les échanges n’étaient plus assez fluides. C’est une décision qui sape un peu plus la crédibilité limitée de cette monnaie. Mais le bitcoin est-il une monnaie ? Jugez-en !
    – Unité de compte : improbable et folklorique compte tenu du nombre limité de bitcoin en circulation et des variations de cours monstrueusement erratiques
    – Réserve de valeur : pour les premiers détenteurs, cela ne fait aucun doute. Eux se sont enrichis. Pour les derniers en revanche, c’est l’arnaque aux pigeons. Sans compter les variations de cours…
    – Moyen d’échange : totalement epsilonesque comparativement aux transactions mondiales. Et ce n’est pas faute d’avoir promu le bitcoin comme le Graal monétaire ultime, la mauvaise foi de ses promoteurs allant jusqu’à le représenter systématiquement sous forme de pièces d’or marquées du sigle bitcoin, ce qui est une autre arnaque intellectuelle.

    Qui détient la transaction « zéro », celle qui conditionne la validité de la totalité du chaînage des transactions de cette prétendue monnaie ? Pourquoi des institutions d’Etat américaines détiennent-elles une immense quantité des toutes premières unités émises du bitcoin ?

  2. Il existe de centaines d’alternatives au Bitcoin, pas seulement 14 comme indiqué dans l’article !
    https://coinmarketcap.com/all/views/all/
    Par ailleurs, le Bitcoin a été conçu pour être le plud transparent et traçable possible, au détriment de la vie privée et anonymat, par contre une excellente alternative conçue dès le départ pour être la cryptomonnaie la plus privée et anonyme existe : Monero XMR. Attention, des concurrents à Monero existent (Dash, Zcash…) Mais ne sont en fait pas réellement anonymes à cause de mauvais choix techniques, ou parce qu’ils se basent sur des systèmes qui n’ont pas encore réellement fait leurs preuves.
    Avec le Bitcoin, on a l’équivalent de virements bancaires listés et disponibles à la consultation par la planète entière, avec Monero, on a l’équivalent des transactions en argent liquide dans une ruelle sombre sans jamais de caméras, où chaque utilisateur est masqué et totalement inidentifiable. Ce sont actuellement les deux concepts les plus extrêmes dans les cryptomonnaies, tout en restant d’une efficacité inviolable.

  3. En réaction à Garofula :

    Il existe un grand nombre d’articles simplifié présentant le Bitcoin et co, celui-ci se voulait un peu plus complet, et il est bien loin des nombreux bien plus détaillés et longs que j’ai déjà lus. Moi, j’aimais bien 🙂 De plus, une lecteur de La Bourse Au Quotidien n’est sans doute pas l’analphabète de base, je trouve que c’était pas mal réussi comme adéquation aux niveau moyen supposé des lecteurs…

    Peu importe la quantité restreinte de Bitcoins, payer en millièmes de Bitcoins ou en centaines de Satoshis (la plus petite fraction possible d’un Bitcoin : 1 sat = 0,00000001 BTC) ce n’est que jouer avec le déplacement d’une virgule, et le nom des sous-unités, vous faites pareil avec les centimètres, mètres et kilomètres, en fonction de l’ampleur de la distance que vous voulez encoder, par facilité. Et ça ne change rien, je ne vois pas pourquoi 21 millions de Bitcoins à 1000€ pièce servirait à enrichir plus efficacement les premiers utilisateurs que 21 milliards de Bitcoins à 1€ pièce.

    L’évolution du système n’a pas vraiment mis à mal sa fiabilité et sécurité. Personne n’aurait permis un trop grand risque vu les enjeux.

    Premiers détenteurs ou récents acheteurs de Bitcoins… en effet, certains ont profité du succès de la monnaie virtuelle en laquelle ils ont cru et investi, et après tout, tant mieux pour eux. Mais les acheteurs récents de Bitcoins sont aussi susceptibles de profiter aussi de l’augmentation de valeur.

    Je n’étais pas un des premiers utilisateurs. Mes premiers BTC je les ai acheté il y a un an. J’ai préféré convertir mes euros en BTC, car les banques et leur frais et taux d’intérêt négatifs, en plus de l’inflation, ne faisaient que me faire perdre de l’argent. Au moins avec le Bitcoin, en jouant intelligemment toutes les semaines, j’ai chaque fois gagné quelques %, en les revendant un tout petit peu plus cher, et en les rachetant un tout petit peu moins cher… Je ne parle pas de la grande augmentation de valeur depuis un an, mais des variation journalières assez faibles jusqu’il y a peu. En fait, c’est vrai que même si je n’avais pas fait d’achats-reventes au quotidien, la valeur du BTC a de toute façon fait x5 en un an, et je ne vais pas me plaindre. Quand je gagne de l’argent, je le convertis en BTC.

    Et moi, j’utilise le Bitcoin au quotidien, ça a remplacé ces putains de banques de merde. Pour payer sans frais en un claquement de doigt des fournisseurs canadiens ou sud-américain qui n’ont pas de numéro bancaire IBAN, ça m’épargne des centaines d’euros de frais bancaires et je gagne 8 jours. Ou même des européens, si je dois envoyer de l’argent le vendredi et que je ne veux pas devoir attendre mardi pour que ça arrive. J’achète des choses directement, en payant en Bitcoins, sur les webshops de plus en plus nombreux qui les acceptent (ainsi que les altcoins comme Monero !). Je paye mes factures avec un service online (Bitwala) qui convertit les BTC que je leur envoie et ils transfèrent les euros de leur compte IBAN vers l’IBAN des factures, avec la communication que je leur indique. On peut aussi leur faire parvenir des altcoins pour convertir en virements. En suivant le cours journalier du BTC, on peut intelligemment choisir de faire ses virements à certaines heures, où le taux de change BTC est au plus haut : les factures nous coûtent donc un peu moins cher, au final, mais c’est vrais qu’il faut tenir un fichier Excel à jour, pour savoir ce que mes BTC m’ont coûté en moyenne l’unité, pour ne pas se planter. J’ai une carte VISA liée à un compte online contenant des Bitcoins : la société Xapo convertit automatiquement en euros mes transactions online, en magasin réel ou retraits argent liquide distributeurs, en prélevant les BTC nécessaires dans ma réserve, au taux de change BTC-€ en temps réel.

    Je ne suis pas riche, je suis un petit indépendant qui a eu du mal a acheter une voiture d’occasion correcte il y a 3 mois (payée en Bitcoins !), mais j’en suis arrivé là à cause du système bancaire qui se fout de notre gueule et ne fait que nous faire perdre de l’argent, alors qu’eux s’en font plein sur notre dos avec nos euros qu’on leur confie. Je crois au Bitcoins et à ses concurrents. Le peuple a récupéré la gestion du fruits de ses efforts et des transactions ! Et même si BTC se casse la gueule, j’en ai peu de toute façon, et je ne perdrai quasi rien s’ils disparaissaient, par contre, qu’est-ce que j’ai déjà fait comme économies en un an, et « gagné » comme euros, utilisés dans ma vie courante !!!

    Si les institutions américaines (pas que les chinois, donc…) détiennent une si grande quantité de BTC, c’est sans doute parce que l’intérêt du BTC n’est pas si nul que ça 😉

  4. Je m’excuse, mais ces deux commentaires disent plus que l’article sur le Bitcoin.

  5. Vous parlez des commentaire 1 & 2, ou 2 & 3 ?
    🙂

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