Biotechs : laminées en 2011, encensées en 2012 ?

Rédigé le 17 février 2012 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Les biotechs ont le vent en poupe ces derniers temps. Côté Bourse, valeurs biotechnologiques et medtechs flambent à l’unisson. Ainsi, elles occupent presqu’exclusivement le palmarès des plus fortes hausses enregistrées depuis le début de l’année.

La plus symptomatique d’entre elles reste sans doute celle d’AB Science (FR0010557264) qui, avec une progression de 93,07%, a presque doublé de valeur depuis ses plus-bas de l’hiver dernier. Dans la même veine, Exonhit (FR0004054427) s’est appréciée de 62,26% depuis le 1er janvier, Genfit (FR0004163111) de 66,67% et Hybrigenics (FR0004153930) de 50,00% (pour ne citer que celles-là).

Chiffre d’affaires en hausse pour certaines (Vivalis, Hybrigenics), programmes de développement cliniques prometteurs pour d’autres (AB Science, Genfit), les cours de nos petites biotechs françaises s’envolent à chaque bonne nouvelle. Pour autant, les effets d’annonce ne peuvent expliquer à eux seuls de telles performances. Voici un petit tour d’horizon des facteurs de soutien en présence actuellement.

Un effet de rattrapage…

Un rapide retour en arrière nous permettra très certainement de mieux appréhender la flambée actuelle. En effet, les biotechs n’ont pas toujours été à la fête : elles ont été laminées en 2011. Le retour de l’aversion au risque au second semestre 2011 couplé à un profond déficit d’image (affaire du Médiator, polémiques sur les OGM, le Naproxcinod de Nicox désapprouvé par la FDA…) leur ont été extrêmement préjudiciables, poussant les investisseurs à la plus grande défiance.

Eric Lewin ne faisait d’ailleurs pas exception à la règle. En mars dernier, il n’envisageait absolument pas de jouer les biotechs. Entre autres arguments avancés, il invoquait des performances boursières déplorables :

« Encore une fois, je parle en non connaisseur du milieu et d’un point de vue indiciel… Car il est évident que si vous choisissez bien votre pépite… cela peut être la richesse assurée. Mais je me contente de ce que je sais faire et je regarde donc les performances des valeurs du secteur sur Euronext… Je dois dire que je suis content d’être resté à l’écart. Jugez plutôt… Sur les douze derniers mois, Nicox a perdu 62%, Transgène perd 42%, Hybrigenics abandonne 35% tandis que Neovacs perd 25% et Genfit 24%. »

Eric, non spécialiste du secteur, préférait donc rester à l’écart plutôt que de jouer à l’aveugle. Quoiqu’il en soit la donne a changé, les investisseurs sont de retour. Ainsi, les performances affichées bénéficieraient d’un effet de rattrapage alimenté également par une bonne dose de spéculation. (N’oublions pas que les valeurs dont nous parlons sont des small caps. Elles sont donc, par définition, beaucoup plus volatiles.)

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… soutenu par un regain de spéculation

Le cas d’AB Science l’illustre parfaitement, la spéculation joue un rôle indéniable dans la frénésie actuelle. Si la biotech est devenue l’une des valeurs du moment c’est tout simplement parce que les investisseurs s’amourachent des bons résultats cliniques de phase II du masitinib, son candidat médicament phare. Ce dernier aurait en effet donné des résultats encourageants dans le traitement des tumeurs stromales gastro-intestinales (GIST) chimio-résistantes. Selon les dernières déclarations du groupe, le masitinib aurait « amélioré de manière significative la survie globale chez les patients atteints de GIST résistant au Glivec par rapport au Sutent de Pfizer ». Effet d’annonce ou pas, le marché semble mesurer le potentiel du futur traitement et spécule déjà sur les conclusions de la phase III. Pourtant, comme nous le dit Elias Roth, dans le rapport sur les biotechs, qu’il finalise :

« La phase II concerne quelques centaines de patients (100 à 500) souffrant de la maladie pour laquelle le médicament est développé. Elle permet d’évaluer le meilleur dosage du médicament, c’est-à-dire celui pour lequel on observe le maximum d’efficacité pour le minimum d’effets secondaires. Encore une fois, un succès revendiqué par un laboratoire au passage d’une phase II est loin d’être la preuve de l’efficacité de la molécule.

C’est dans la phase III que l’on aborde le coeur du sujet. C’est la phase la plus critique. La population étudiée est identique à celle de la phase II mais en nombre plus important : de quelques centaines à plusieurs milliers de patients atteints participent à cette phase. Elle permet de confirmer les résultats de sécurité d’emploi obtenus en phase I et II. Mais surtout, elle a pour but d’évaluer l’efficacité du médicament en le comparant, soit à un placebo (une substance inactive pharmacologiquement), soit à un autre médicament (le plus souvent un gold standard, c’est-à-dire la référence dans sa catégorie). »

Comme vous le constatez donc, un succès en phase II est loin de justifier une envolée de 93% du cours. Mais, dans ce secteur, les essais cliniques et leurs résultats sont sujets à spéculation. On parie sur du rêve et de l’espoir ! Cela explique donc, en partie, les niveaux actuels d’AB Science. Il en va de même pour la lilloise Genfit et son candidat médicament, l’antidiabétique GFT505 qui, selon les dires de la société, aurait « atteint tous ses objectifs primaires et secondaires d’efficacité sans révéler aucun effet indésirable ».

Le marché spécule également sur l’entrée en scène des majors. Alléchées par des essais concluants et le potentiel d’un candidat médicament ou d’un autre, ces dernières ne tarderont pas à investir ce genre de dossiers par des partenariats ou des rachats. Nous en parlerons la semaine prochaine justement.

2012 sous le signe des biotechs ?

Signe que le marché est plus ouvert aux biotechs, la première IPO de l’année revient à… une biotech. Et, si Adocia a ouvert le bal avec succès, EOS Imaging, Intrasense et DBV Technologies sont également sur les rangs. La place financière parisienne comble enfin son déficit en biotechnologies et c’est une excellente nouvelle pour l’investisseur que vous êtes.

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3 commentaires pour “Biotechs : laminées en 2011, encensées en 2012 ?”

  1. […] se bousculent au portillon et notamment dans le secteur des biotechs/medtechs comme vous le disait Vanessa dans son dernier article : ADOCIA (FR0011184241), une biotechnologique spécialisée dans la formulation de protéines […]

  2. […] Comme je vous le disais la semaine dernière, “les biotechs ont le vent en poupe ces derniers temps. Côté Bourse, valeurs biotechnologiques et medtechs flambent à l’unisson.” […]

  3. […] Trop enthousiaste à l’idée de vous faire découvrir ce secteur passionnant, je suis entrée d’emblée dans le vif du sujet et nous nous sommes directement penchés sur l’actualité chaude du secteur. […]

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