BIC paye cash sa survalorisation

Rédigé le 28 octobre 2014 par | Actions, Indices, sociétés et marchés, Mid et Small Caps Imprimer

Certaines sociétés extrêmement bien valorisées n’ont absolument pas le droit à l’erreur. C’est le cas notamment de BIC (FR0000120966) qui vient de perdre plus de 6% en une semaine suite à une publication qualifiée de décevante [et ce n’est pas la première fois que j’utilise cet exemple pour vous mettre en garde sur le sujet].

Pourtant, notons tout de même que le chiffre d’affaires du troisième trimestre a progressé de 5,6% à 496,8 millions d’euros. Mais les spécialistes, eux, attendaient un chiffre d’affaire plus élevé à 507 millions d’euros. La marge opérationnelle s’affiche également en hausse et atteint les 18,8%. Mais, là encore, les spécialistes s’attendaient à mieux, ils avaient tablé sur 20,4%.

Vous en conviendrez tout autant que moi, cher lecteur, ces chiffres n’ont absolument rien de catastrophiques. Néanmoins, en Bourse en générale et dans le cas qui nous occupe en particulier, tout est question d’anticipations. Si celles-ci sont trop fortes alors le titre plonge. Dans le cas contraire, vous l’aurez compris, il poursuit sa hausse.

Dans le cas de BIC, déçus, les investisseurs ont donc préféré sortir du dossier. Pourtant, la société est en bonne santé. Tenez, par exemple, la trésorerie nette a encore progressé. Fin septembre, elle s’établissait à 251,8 millions d’euros. De même, la direction a par ailleurs déclaré être en mesure d’atteindre ses objectifs annuels – à savoir une hausse de 5% de sa branche grand public (86% du CA) et une marge d’exploitation proche de 2013, soit autour des 20%.

Et, last but not least, n’oublions pas que le groupe est très ouvert sur le plan international. En effet, il réalise seulement 26% de son chiffre d’affaires en Europe pour 44% en Amérique du Nord et 30% sur les marchés dits en croissance comme le Brésil et l’Inde par exemple. BIC a notamment augmenté sa participation de 55% à 75% dans le capital de l’Indien Celio Pens, société très contributive avec une marge d’exploitation normalisée de 23%.

Comme vous l’aurez compris, la baisse du titre est en grande partie imputable à une valorisation élevée. D’ailleurs, même en tenant compte de la baisse récente, BIC se paye encore sur un PER de 17 et une VE/ROC de 13, ce qui n’est pas donné.

Je voudrais finir par une petite mise en garde, cher lecteur. Vous avez dû le remarquer, les marchés actuels sont plutôt volatils. Et, suite à la forte baisse des indices depuis quelques semaines, de nombreuses sociétés se payent sur des multiples de valorisation beaucoup plus faibles. Les investisseurs sont beaucoup plus sourcilleux et préfèrent regarder des valeurs plus attractives. Le stock picking est plus que jamais d’actualité.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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