Profitez des sautes d’humeur des marchés

Rédigé le 23 décembre 2010 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Rédacteur de La Lettre de Marc Mayor

Les investisseurs sont des humains comme les autres, après tout. Un peu plus cupides et un peu plus austères peut-être, moins raisonnables sûrement. Toutefois, ils sont absolument soumis aux mêmes émotions que le commun des mortels.

D’ailleurs, les cycles boursiers correspondent à des cycles émotionnels assez précis, passant de l’optimisme à l’euphorie puis à la peur et à l’abattement, avant de revenir à l’optimisme. Mauvaise nouvelle : nous sommes probablement au dernier stade avant la rechute…

Optimisme, euphorie, abattement, optimisme
Comme le montre le graphique ci-dessous, c’est toujours le même schéma. Optimisme, euphorie, abattement, optimisme.

Les investisseurs passent d’une étape à l’autre, dans un bel effet de meute qui crée des troupeaux flamboyants puis apeurés, et vice-versa.

Graphique: Comment le marché change-t-il d'humeur ?

Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Un investisseur astucieux pensera pouvoir utiliser cette succession de stades émotionnels pour profiter des phases de hausse, en devenant acheteur alors que le marché a cédé à l’abattement. C’est en effet à ce moment-là que les meilleures opportunités se présentent. Le market timing n’est pas sans risque, les investisseurs qui le pratiquent perdent en moyenne 1,2% de performance par année, à cause d’un mauvais timing, justement.

Car il est difficile de savoir où nous nous trouvons dans le cycle. Effectuons un sondage express, si vous le voulez bien : parmi les différentes possibilités présentées par le graphique présent sur cette page, dans quel état d’esprit se trouve le marché, à votre avis ? Optimiste ? Euphorique ? En phase de capitulation ? Conservez votre réponse en mémoire, nous y reviendrons plus tard.

Entre l’espoir et la dépression
Plusieurs sondages récents montrent que les investisseurs semblent partagés entre l’espoir et la dépression. En gros, un quart des sondés estiment que le sentiment de marché est plutôt à l’espoir et un cinquième des sondés penchent pour la dépression.

Même si les deux notions sont voisines dans la courbe des sentiments (la dépression précède l’espoir), la différence dans la tête des investisseurs est colossale. Un marché en dépression contient plus de risques que de chances de gain. Les niveaux d’anxiété sont tels que les investisseurs n’excluent pas que le marché reparte à la baisse, y compris vers des abysses plus lointains que les récents plus bas — souvenez-vous que la dépression apparaît une fois que le marché a touché un plancher, mais les investisseurs ne s’en sont pas encore aperçus.

L’espoir, en revanche, c’est le rayon de soleil dans le ciel menaçant. Une croyance que le pire est passé, basée sur des signes tangibles, quoique peu nombreux. La situation devrait s’améliorer, pense-t-on alors.

Le fait que les investisseurs hésitent entre dépression et espoir montre à quel point les marchés sont déboussolés et sans direction franche. Mélanger espoir et dépression n’est, de loin, pas un signe de lucidité. Cela ressemble plus à la volonté de prendre ses désirs pour la réalité. Et vous, avez-vous mélangé désir et réalité au moment de répondre à mon mini sondage ?

L’histoire se répète…
Puisque l’histoire se répète sans cesse, comparons les évolutions des marchés. La période actuelle (2009/2010) ressemble passablement au cycle 2003/2005. Depuis deux ans, le S&P 500 a suivi une progression similaire à celle d’il y a sept ans. Si l’histoire continue à rimer, nous avons déjà épuisé le gros du potentiel de hausse et le S&P 500 va stagner autour des 1 250 points pendant toute l’année 2011. C’est la comparaison optimiste.

Car les marchés actuels ressemblent encore davantage à ceux de la période 1974/1978. Là encore, si l’analogie se poursuit, une tendance baissière va prochainement s’installer et durer jusqu’en août 2012, avec une perte de 20% à la clé. Il faudra ensuite attendre mi-février 2013 pour retrouver les niveaux actuels. Soit plus de deux ans pour ne rien gagner.

Mais ce n’est pas une fatalité. Il est possible de s’affranchir des erreurs de market timing et des changements de sentiment sur les marchés. En établissant une discipline d’investissement et en s’y tenant, au lieu de chasser la performance au gré des humeurs du marché.

Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Retrouvez-le sur www.lecoindesinsiders.com/profits-garantis

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Marc Mayor
Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d’Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits « ‘neutres au marché »). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire « Le Coin des Insiders », qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L’Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l’énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).

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