Risque de correction du secteur bancaire

Rédigé le 1 mars 2011 par | Big caps Imprimer

responsable analyste de Levier7, un service de trading sur les produits dérivés

Après les bancaires américaines en janvier, c’étaient au tour des valeurs du secteur en Europe de publier leurs résultats ces dernières semaines. Les bénéfices pour l’année 2010 sont bons, c’est indéniable. Ils ont donc été relativement bien accueillis par le marché. Toutefois, ce qui intéresse surtout les opérateurs, comme toujours, c’est l’avenir et le secteur bancaire va devoir faire face à des risques considérables.

Un secteur à risques

Selon Standard and Poor’s, la progression des revenus de la banque de détail devraient diminuer en 2011 : les particuliers sont de plus en plus attentifs aux tarifs bancaires. Mais surtout, le risque des dettes souveraines n’a pas disparu. On évoque notamment les difficultés des filiales grecques de la Société Générale et du Crédit Agricole.

Plus globalement, les tensions en Côte d’Ivoire et dans les pays arabes — où sont présentes les banques européennes et en particulier françaises — pourraient également impacter les prochains résultats. Enfin, la réglementation pourrait évoluer vers un renforcement des fonds propres des banques européennes.

Bref, il me semble intéressant de faire un point technique sur la situation du secteur, qui pèse lourd dans l’évolution de notre indice boursier.

Une sous-performance toujours flagrante
Examinons ensemble la configuration du secteur européen avec le graphique ci-dessous en données journalières :

Configuration du secteur européen en données journalières
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

La situation est claire. Depuis fin 2009, là où de nombreux secteurs comme l’automobile, le luxe ou la chimie avaient accéléré leur progression, le secteur bancaire européen est un de ceux qui a connu la pire année. En 2010, il a fortement sous-performé ses homologues.

Ce secteur est souvent une clé de l’évolution des indices et réagit bien sur les niveaux techniques, notamment à court terme. Je m’étais ainsi positionné sur ce secteur via des turbos dans mon service pour amplifier le rebond de l’été 2010.

Aujourd’hui, malgré le rebond de ces dernières semaines, il reste sous ses plus hauts de janvier et avril 2010, à 237 points. Mais surtout, juste au-dessus, les plus hauts d’octobre 2009, à 243 points, se dressent comme un obstacle majeur et devraient bloquer la hausse des cours dans les prochaines semaines.

Sur le plan des indicateurs mathématiques, le RSI à 14 jours a testé récemment la zone de surachat au niveau des 70. Il est passé brièvement au-dessus pendant quelques jours avant de rapidement repasser au-dessous, donnant ainsi un signal de vente sur l’indice et confirmant ainsi le scénario de correction.

Quels objectifs pour les prochains mois ?
Tant que les 243 points sont résistance, vous l’aurez compris, l’heure est plus que jamais à la prudence. Les bons résultats des banques n’ont pas changé la configuration graphique à moyen terme sur le secteur pour le moment.

Je parie donc sur une poursuite de la correction qui devrait se mettre en place avec, dans les prochains mois, un nouveau test de la zone de support majeur à 182/188 points, anciens plus bas de juin et novembre 2010.

L’évolution du secteur nous donnera encore cette année des éléments décisifs pour l’évolution du marché. Il me semble donc important d’avoir ces niveaux clé en tête.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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