Les banques italiennes et espagnoles : l’épine dans le pied de la BCE

Rédigé le 18 juin 2014 par | Apprendre la Bourse, Toutes les analyses Imprimer

Les opérations de financement exceptionnelles des banques par la Banque centrale européenne sont devenues la « norme » de la politique monétaire. Mais une véritable normalisation de la politique monétaire n’est pas imaginable car les banques d’Espagne et surtout d’Italie n’ont pas encore réussi à réduire leur dépendance anormale vis-à-vis de la BCE.

La fonction principale de la BCE est de refinancer le système bancaire de sa zone monétaire par des opérations normales de refinancement que l’on appelle les MRO (main refinancing operations). Les banques apportent en garantie du collatéral éligible (titres obligataires « correctement » notés, créances privées…) et reçoivent sur un horizon court terme (une semaine à un mois) de l’argent facturé au taux directeur de la banque centrale. Jusqu’ici rien d’extraordinaire.

Mais la BCE a dû à plusieurs reprises depuis 2007 se substituer au marché interbancaire en panne avec une politique de refinancement des banques visant à assurer leur liquidité. Ainsi, nous avons vu éclore les LTRO (long term refinancing operations) de maturité six mois-un an, parallèlement aux classiques MRO de maturité inférieure à un mois.

Non seulement il fallait prêter de plus en plus aux banques et de plus en plus souvent (les seuls MRO ne suffisant plus), mais il fallait aussi que ces prêts se fassent sur des durées de plus en plus « anormalement » longues.

Du MRO au VLTRO… et ensuite ?

L’apothéose fut la mise en place du VLTRO (very long term refinancing operation) àtrois ans du 21 décembre 2011, qui avait permis de servir un montant de 489 milliards d’euros aux banques au taux directeur de 1% à l’époque. Il y a eu ensuite le VLTRO du 29 février 2012 qui avait alloué un montant record, toujours à trois ans et toujours à 1%, de 529,5 milliards d’euros à 800 banques européennes.

Sur le total de 1 018 milliards d’euros des deux prêts mentionnés plus haut, environ 495 milliards avaient été remboursés à la fin du premier trimestre 2014, soit quasiment la moitié. En regardant les situations des grands pays de la Zone euro (sources : banques centrales nationales et études économiques de Natixis), on fait les constatations suivantes :

Il existe trois manières de réduire cette dépendance

La solution artificielle consiste encore et toujours à gagner du temps. Lors de son conseil de politique monétaire du 8 novembre 2013, la BCE avait annoncé une mesure très importante pour les banques les plus fragiles : le prolongement du mode d’allocation illimité de liquidité jusque mi-2015 sur les opérations de refinancement normales à un et trois mois (les MRO), soit une extension de plus de 18 mois.

Cette mesure devait permettre à certaines banques (principalement d’Europe du sud) de refinancer sans stress une partie des montants empruntés à trois ans.

Mais voilà que 2015 approche… Aussi lors de sa réunion du 5 juin 2014, la BCE a renouvelé ce type de mesure extraordinaire. Elle a, en effet, prolongé — avant même que le terme soit échu — l’allocation illimitée de liquidités aussi longtemps que nécessaire pour l’instant au moins jusqu’à fin 2016 (contre juillet 2015 jusqu’alors).

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… Sauf si vous pouvez répliquer à l’identique les trades d’un spécialiste qui vit du Forex depuis des années !

Comment ça ? Eh bien… tout est là. N’attendez plus !

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Mory Doré
Mory Doré
Economiste

Mory Doré est un professionnel des marchés financiers depuis plus de 20 ans ayant exercé différentes fonctions dans plusieurs grands groupes bancaires : économiste de marché ; trader et arbitragiste sur produits dérivés de taux d’intérêt ; trésorier et responsable de l’allocation des excédents de fonds propres ; responsable gestion financière.

Aujourd’hui, il est responsable du département des risques financiers dans un grand groupe bancaire mutualiste.

Durant ces 10 dernières années, il est un interlocuteur privilégié de la gestion financière et des risques financiers de son établissement auprès de différentes instances et institutions : commissaires aux comptes, Commission bancaire, Comité d’audit et Comité d’entreprise.
Il possède un diplôme de statisticien économiste de l’école nationale de la Statistique et de L’Administration économique ainsi qu’une maîtrise d’Econométrie de l’Université de Bourgogne (Dijon).

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