Les bancaires ne donnent pas de consigne de vote !

Rédigé le 4 mai 2012 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Elections présidentielles : le président de la République vous dira-t-il la vérité sur l’état de faillite de la France et les conséquences pour votre vie quotidienne ?

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Nous n’avons pas croisé beaucoup de banquiers, y compris ceux gérant des grandes fortunes, qui disent s’attendre à un exode massif de capitaux au cours des prochaines semaines en cas d’alternance politique en France.

Certains se demandent même avec malice si la rupture ne serait pas plus radicale par rapport aux orientations retenues en 2011 (la rigueur pour éviter la perte du triple A) si le président sortant était reconduit par les électeurs.

Le vent et la pensée unique que nous infligent des marchés nourris de culture monétariste façon Milton Friedman sont en train de tourner en faveur de « plus de croissance » et de « moins d’austérité ».

L’Espagne, lourde épée de Damoclès sur l’Europe
Autrement dit, nos banques françaises n’ont pas trop à s’inquiéter d’une hémorragie de liquidités transfrontalières. De même, elles ne s’inquiètent pas outre mesure de la brusque tension des taux en France (consécutive à ces fameuses attaques contre les OAT) que certains nous promettent dès le 7 mai au petit matin et qui aurait fait plonger les actifs obligataires qu’elles détiennent et qui servent de sous-jacent aux plans d’épargne retraite des Français.

Le danger aujourd’hui pour les banques françaises réside plutôt dans le risque systémique que l’Espagne
fait courir à l’Europe.

Jamais Madrid n’a été à ce point proche de la débâcle avec une conjoncture économique et sociale littéralement explosive… et des besoins de refinancement immédiats (pour ses propres banques et les régions autonomes) proches du montant total de la dette grecque.

Cela fait des semaines que la BCE dit avoir suspendu ses rachats de dette espagnole. Mais elle accélère discrètement ses avances de liquidités au système bancaire espagnol tandis que les effets positifs des deux LTRO de décembre et fin février s’estompent déjà. Pour le coup, les marchés devraient vraiment s’inquiéter de ce problème et redouter un effet domino qui mettrait rapidement à mal l’Italie puis la France…

Il est vrai que la spéculation concentre ses attaques depuis trois mois contre les titres espagnols et, dans une moindre mesure, italiens. Les cambistes semblent totalement évacuer le risque d’implosion de la Zone euro en propulsant la monnaie unique au-delà des 1,32$.

Qu’est-ce que cela peut bien signifier ?

L’une des interprétations serait que l’Espagne soit soumise à une telle pression et à un tel seuil de douleur que la BCE n’aura d’autre choix que celui d’intervenir avec l’appui de Bruxelles.

L’UE serait d’ailleurs en train d’étudier « secrètement » (au milieu de fuites savamment distillées) la mise en oeuvre d’une bad bank destinée à cantonner les créances hypothécaires douteuses ibériques. Nul ne doute vraiment que ce ne soit le cas. Parce que si ça ne l’était pas, le début du mois de mai ressemblerait au mois de septembre 2011 après un mois d’août catastrophique.

Or le mois d’avril n’a fait qu’une seule véritable victime : la Bourse de Madrid et ses valeurs financières. Mais ni l’euro, et ni Wall Street… car il faut mettre en perspective que le recul de 15% à 20% des banques françaises vient après une envolée de +33% en moyenne depuis le 9 janvier dernier.

Le message sous-jacent, c’est donc bien que l’Espagne est bien considérée comme « too big to fail »Nous sommes certain que cette conviction continuera de soutenir les marchés, jusqu’à ce que les faits confirment ou démentent la possibilité une faillite systémique et l’éclatement de la Zone euro.

Rassurons-nous, cela devrait prendre encore quelques mois.

Dans cet intervalle, il nous apparaît hautement probable que tous les efforts de la BCE, de Bruxelles, du FMI porteront sur des initiatives visant à rassurer les marchés… qui n’attendent que cela.

Concrètement, pour les traders que vous êtes, les principaux gisements de progression au sein du CAC 40 se situent au sein du compartiment bancaire, tout comme fin septembre et tout comme fin novembre 2011.

Et parmi les banques de premier plan inscrites au sein du SBF120, les plus volatiles à la hausse sont traditionnellement SOCIETE GENERALE (FR0000130809) et NATIXIS (FR0000120685), les favorites des amateurs d’émotions fortes.

A l’inverse, celle qui a la plus grande réputation de solidité reste BNP-Paribas (FR0000131104), laquelle constitue depuis longtemps notre favorite dans ce secteur, pour des raisons de capacité à dégager de la rentabilité dans toutes ses branches d’activité mais également pour sa capacité à conserver « l’oreille de l’Elysée » (et de Bercy) quelle que soit la couleur politique du gouvernement en place.

Que nous enseigne le graphique de BNP-Paribas ?
Tout d’abord, et contrairement à l’indice sectoriel, le titre n’a pas effectué de « retour à la case départ » (plancher de la mi-décembre) fin avril.

Graphique de BNP-Paribas

BNP-Paribas a cependant renoué avec les 28,50 euros, un niveau assez proche des 27,5 euros testés le 9 janvier avant de se redresser vers les 30 euros, niveau de la MM20 qui constitue le principal obstacle court terme.

En cas de franchissement de ce niveau, le titre ne devrait rencontrer aucun obstacle graphique ou technique avant les 33,50 euros (la MM100).

Mais l’objectif qu’il faudrait privilégier serait le comblement du gap des 34,63 euros du 3 avril dernier puis le retracement du palier des 35 euros qui fit office de support le 6 mars dernier et qui tint bon jusqu’au 2 avril !

 

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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