Le Baltic Dry Index : le précurseur est en retard

Rédigé le 5 janvier 2010 par | Autres indices Imprimer

Le Baltic Dry Index : le précurseur est en retard

La fin d’une année, le début d’une autre, c’est l’heure du bilan pour chacun d’entre nous. Sur différents plans, l’année a été difficile pour moi. C’est donc avec une certaine joie que je tourne la page 2009 pour attaquer 2010.

Si vous aussi, vous êtes content d’en avoir fini avec 2009, n’oubliez pas pour autant la philosophie du trader : toujours remettre les compteurs à zéro et repartir à chaque fois sur une nouvelle base, sans ressasser le passé, qu’il soit bon ou mauvais !

Aujourd’hui, j’ai donc décidé d’aborder les marchés par un tout autre biais pour commencer l’année en douceur et prendre un peu de recul : nous allons nous pencher sur le Baltic Dry index (BDI). Marc Mayor vous en avait déjà parlé début décembre, mais aujourd’hui, voyons de plus près la corrélation du BDI avec les indices boursiers, et tordons le cou aux idées reçues…

Un indice ultra-sensible…

Vous le savez désormais, le BDI c’est l’indice des prix du transport maritime des matières sèches. Il a été créé assez récemment, en 1998, par la société britannique Baltic Exchange. C’est une moyenne des prix pratiqués sur 26 routes maritimes dans le monde sur des minerais, des céréales, et des métaux notamment.

Marc Mayor vous l’expliquait : il représente une indication précieuse de la santé du commerce mondial, et de l’intensité des échanges économiques. Ainsi, il augmente fortement en période de croissance, lorsque des pays, comme la Chine récemment, importent des matières premières, minières, comme céréalières. Au contraire, en période de crise économique, quand ces importations diminuent  comme en 2008, il corrige nettement.

C’est un indice très volatil, qui s’est imposé ces dernières années comme un indicateur avancé de l’activité, et par extension des marchés financiers.

Mais, mais… de mon analyse, je constate qu’il n’a pas tant joué que cela le rôle de précurseur des indices boursiers, même si la corrélation reste forte.

◊… corrélé aux mouvements boursiers

Pour vérifier cela, regardons l’évolution graphique de cet indice sur les 5 dernières années. (Vous pouvez le suivre sur Bloomberg).

Graphique du BDI sur les 5 dernières années

Vous pouvez voir que le premier pic du Baltic Dry Index a été atteint en octobre 2007, donc bien après celui de juin 2007 sur la plupart des marchés mondiaux. Surtout, plus étonnant encore, après une correction jusqu’en janvier 2008, l’indice s’est nettement repris pour aller faire de nouveaux plus hauts et faire son top en mai 2008 à plus de 11 700 points alors que les indices rebondissaient — et l’on se rappelle que ce fut un simple rebond après une correction.

Que peut-on conclure de cela ? Tout d’abord qu’il existe bien une corrélation entre les mouvements des indices boursiers et le BDI. Elle est manifeste quand on superpose les 2 graphiques.

Une relation à deux vitesses

Mais celle-ci est loin d’être parfaite. En effet, s’il peut nous donner des indications sur les mouvements et les tendances du marché, il semble qu’il fasse preuve d’un retard important au lieu d’agir comme un indice précurseur, comme on l’entend ici ou là. C’est en tout cas ce que montrent les dernières observations de l’indice sur les tops de marché en 2007 !

Si on le compare aux mouvements sur les matières premières, en particulier et si l’on analyse les mouvements récents, on voit que l’indice a buté nettement sous la résistance au niveau des anciens points bas de janvier 2008 à 5 000 points en novembre 2009 pour corriger depuis, alors que les indices continuaient à monter.

Un indice à manier avec prudence

Si l’on se base sur les tendances passées où il a marqué un plus haut avec quelques mois de retard sur les indices, cela signifierait qu’il reste un peu de potentiel sur les indices actions.

Toutefois, une nouvelle correction — et plus globalement un rebond beaucoup plus faible que ce que nous voyons sur nombre d’indices —  m’incitent à la prudence.

Néanmoins,  il n’est pas impossible qu’il me fasse mentir, et ne fasse pas un nouveau plus haut après les indices cette fois-ci. Bref, Qu’il soit enfin ce que je m’attendais à voir en l’analysant : un précurseur…

Affaire à suivre dans les prochains mois.

Je vous souhaite à toutes et à tous mes meilleurs voeux pour 2010 et à très bientôt pour nous pencher sur de nouveaux indices.

Mots clé : - - - -

Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

Laissez un commentaire