L’histoire ne se répète jamais prétend un fameux adage

Rédigé le 5 mars 2009 par | Big caps Imprimer

Deux corrections ne sont jamais parfaitement identiques mais le schéma global (correction en cinq vagues, capitulation finale sur une extension du dernier mouvement de baisse) obéit à des schémas récurrents.

Et si l’histoire ne se répète jamais… les chartistes constatent en ce moment qu’il lui arrive pourtant de balbutier.

Bis repetitas… ou presque Le CAC 40 matérialisait hier un « avalement«  haussier en conclusion d’une séquence de repli exceptionnellement longue : 14 séances de baisse sur une série de 16 !

Ceci constitue une sorte de record historique… même si durant l’été 2008 la glissade du CAC 40 avait duré deux fois 16 séances… pour une perte totale de -21%. La chute que nous observons depuis le 6 janvier (sur 40 séances) se solde par une perte globale de -25%.

Plus surprenant peut-être : le plus gros écart historique jamais enregistré par le CAC 40 en une seule vague de correction moyen terme entre le 28 mars 2002 (4 696 points) et le 13 mars 2003 (2 403 points) était de -48,6%. Prenons le zénith des 5 142pts du 19 mai 2008 et appliquons le même ratio… et le score obtenu équivaut à 2 644pts (niveau testé en cours de séance le 27 février avant que ne se matérialise un solide rebond jusque sur 2 700).

Le CAC 40 a défié les règles en ouvrant en gap Le scénario ressemblait alors beaucoup à celui du 21 septembre 2001 (ventes paniques puis rachats techniques aboutissant à la formation d’un « doji », une figure de retournement classique)… Mais comme il faut toujours une petite « variante » qui brasse les références historiques et rebatte un peu les fiches techniques des chartistes, le CAC 40 a rouvert le 2 mars sur un gap, sous les 2 640 points. Ce fut l’événement le plus improbable compte tenu de la présence d’un « doji en croix ».

Mais ce qui n’était pas improbable en cas d’enfoncement des 2 656/2 651 points (planchers des 9 octobre 2002 et 28 octobre 1997), c’était le comblement du gap des 2 554,7 du 13 mars 2003. Le CAC 40 l’a refermé au point près en clôture le 3 mars (difficile de viser plus juste à six années de distance).

Aurons-nous un rebond en V, comme en 2003 ? Pour en revenir aux ressemblances troublantes, la figure apparue lors des neuf derniers mois de correction de 2002/2003 fut un « biseau » avec une « ouverture angulaire » parfaitement identique à celle qui vient d’apparaître du 3 septembre 2008 au 4 mars 2009. Si le scénario de reprise en V de mars 2003 se répète, alors 34 à 35% pourraient être repris en deux mois, soit un objectif de 3 425 points (qui correspond au zénith du 6 janvier dernier).

Un retracement standard de 50% de la vague de baisse 5 140/2 555 donnerait un objectif de 3 840 points. Mais nous ne pouvons pas exclure que rien ne se passe comme prévu. L’exemple des indices américains démontre que les planchers long terme (ceux d’octobre 2002 ou d’octobre 98 puis 1997) ne pèsent pas lourd face au mouvement correctif « tsunamiesques » que les places boursières mondiales subissent depuis l’été ou le milieu de l’automne 2007.

Si les 2 550 ou les 2 400 points étaient emportés par ce raz-de-marée, alors ce sont les niveaux de fin janvier 1994 (2 361 points) puis des mois d’avril à juillet 1996 (2 160 points) qui pourraient être rejoints comme ils avaient bien failli l’être en mars 2003 (cela s’était joué à 1,6% près de six ans auparavant).

Pour être très francs avec vous, nous redoutons de voir le CAC 40 enfoncer ses planchers de mars 2003 puis d’octobre 1997 (2 475 points) en direction des… Mais nous pressentons que l’indice le ferait avec beaucoup plus d’efficacité s’il reprenait un peu d’élan en se hissant par exemple vers les 3 400 points.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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