Le secteur de l’automobile se reprend, Michelin en tête

Rédigé le 23 juin 2010 par | Big caps Imprimer

La chute des marchés boursiers de 2008 avait particulièrement affecté les actions du secteur de l’automobile. Ce dernier avait subi de plein fouet la dégradation de l’activité économique — normal pour un secteur industriel aussi cyclique.

Entre son sommet historique de novembre 2007 et son point bas de mars 2009, l’indice sectoriel DJ Stoxx 600 Automobile a ainsi perdu près de 66%. Actuellement, le secteur semble vouloir poursuivre sa reprise. L’occasion pour nous de regarder d’un peu plus près quel est techniquement son potentiel de hausse.

2008 : retour sur une mémorable explosion technique Regardons d’abord la configuration graphique du DJ Stoxx 600 Automobile au cours de ces dernières années.

Graphique de l'indice DJ Stoxx 600 Automobile

Comme vous pouvez le remarquer sur le graphique, une grande mèche apparaît au cours de l’année 2008, et semble tout à fait anormale. Celle-ci correspond en fait à la mémorable explosion du cours de Volkswagen de 400% en l’espace de deux séances au moment où Porsche dévoilait que sa position dépassait les 70% — dont 30% sous la forme d’options.

La liquidité sur le titre étant devenue très faible, les rachats de ventes à découvert de la part de hedge funds qui pariaient sur une baisse des cours du constructeur allemand a provoqué un véritable emballement, et le qualificatif est faible. Le terme technique employé pour cette configuration — quand les vendeurs à découvert se retrouvent coincés et contraints de sortir à n’importe quel prix — est celui de « corner ».

La panique s’amplifiait à mesure que les cours montaient, le risque de perte d’un vendeur à découvert étant en effet illimité, puisqu’une valeur n’a pas de plafond à la hausse. Outre les perturbations sur l’indice allemand à cette période, cette affaire a donc provoqué une explosion purement technique de l’indice DJ Stoxx 600 Automobile de 150% en l’espace de 2 séances.

Ce 28 octobre 2008, avec une action à 1 005 euros, Volkswagen devenait pour un jour la première capitalisation mondiale, avant de finalement retrouver une valorisation cohérente avec ses fondamentaux les semaines suivantes. A titre de comparaison, le titre s’échange à présent autour des 73 euros.

2010 : un potentiel d’appréciation d’environ 10% Voici pour la petite histoire. Revenons-en à notre indice sectoriel.

Depuis son point bas de mars 2009, le DJ Stoxx 600 Automobile a connu une reprise qui a duré plusieurs mois jusqu’en août 2009. Cela fait donc une dizaine de mois que cet indice sectoriel évolue latéralement.

Cette consolidation semble toucher à sa fin. Ces derniers jours, les cours ont commencé à s’extirper par le haut de cette zone — cf. en bleu sur le graphique ci-dessus. Il y a à présent de fortes probabilités d’assister à une tendance haussière dont le prochain objectif se situe à 280 points, offrant un potentiel d’appréciation d’environ 10%.

Du côté des composantes de cet indice, l’Allemagne pèse pour plus des deux-tiers avec Daimler, BMW, Volkswagen, Porsche et Continental. Les valeurs françaises, quant à elles, avec Renault, Peugeot, Michelin et Valeo, comptent pour 20% de l’indice. Parmi elles, le fabricant de pneumatiques Michelin bénéficie, pour sa part, d’une configuration technique assez limpide.

Michelin grande favorite du secteur

Graphique de Michelin

Après sa phase baissière 2007-2009 au sein d’un canal baissier, le titre a connu une vive reprise suivie d’une consolidation latérale clairement délimitée à la baisse par le support majeur à 50 euros.

Le titre est à présent prêt à « mettre la gomme » et rallier son obstacle majeur à 70 euros lors des prochaines semaines.

Alors que les indices boursiers restent inscrits dans une tendance nébuleuse malgré le rebond de ces derniers jours, le secteur de l’automobile offre, pour sa part, un scénario haussier relativement clair. Un rattrapage logique sans doute après son massacre bien excessif en 2007-2008. Parmi les valeurs du secteur, l’action Michelin fait figure de grande favorite pour les prochaines semaines, sa tendance de fond demeurant haussière au-dessus des 50 euros.

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Jerome Vinerier
Jerome Vinerier

Jérôme Vinerier est analyste technique CFTe (diplôme délivré par la fédération internationale des analystes techniques IFTA). Il a exercé cette profession avec passion pendant plusieurs années au sein d’un cabinet réputé au niveau européen, délivrant quotidiennement le fruit de sa recherche auprès d’investisseurs institutionnels sur une vaste classe d’actifs financiers (actions, devises, indices, matières premières). Animé par la recherche de la performance, il s’établit comme stratégiste indépendant en 2008. – See more at: http://quotidienne-agora.fr/redacteurs/#sthash.0s0xSg5B.dpuf

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