Aurions-nous réussi à infiltrer le subconscient d’Hillary Clinton ?

Rédigé le 9 octobre 2015 par | Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

La question mérite d’être posée tant le réquisitoire de celle qui fut la « première dame » et qui aspire à devenir la Première Présidente des Etats-Unis reprend quasiment point par point toutes les critiques et les préconisations des rédacteurs de vos publications favorites.

C’est tellement confondant que je vais y consacrer une chronique plus détaillée mardi… Mais en attendant et pour vous mettre en appétit, voici un « teaser » du programme de campagne d’Hillary pour prévenir un prochain krach systémique. (Oui, vous avez bien lu : la candidate démocrate est tellement convaincue que cela risque de se produire qu’elle fait plusieurs propositions, qui recoupent absolument toutes les nôtres depuis 7 ans, pour éviter un futur désastre).

Elle propose d’abord de rallonger le délai de prescription pour les grands crimes financiers, de récompenser les « whistleblowers » (lanceurs d’alerte) et d’augmenter les ressources pour le ministère de la Justice et de la SEC (Securities and Exchange Commission) pour enquêter et poursuivre tous les individus impliqués dans des comportements délictueux. Cela devrait aller jusqu’à la confiscation des bonus, le licenciement et même l’emprisonnement des dirigeants financiers – et pas simplement de leurs subordonnés qui servent de fusibles.

Hillary compte faire appel à des régulateurs indépendants pour réduire la complexité et le risque systémique des grandes institutions financières « too big too fail ». Cela pourrait déboucher sur un renforcement de la loi Dodd-Frank afin qu’elle se rapproche du Glass-Steagall qui avait institué la séparation entre banque commerciale et d’investissement.

Allant dans le même sens que son adversaire républicain qui a les hedge funds dans son viseur, elle propose une nouvelle taxe « sur le risque » afin d’interdire la mise en œuvre de leviers excessifs et la stricte application de « la règle Volcker » afin que banques ne puissent plus spéculer avec l’argent des déposants et des contribuables.

Elle se propose d’investiguer puis de réglementer le « shadow banking », ce qui revient une nouvelle fois à s’intéresser aux activités opaques des hedge funds, des banques d’investissement et autres sociétés financières non bancaires (et qui, de ce fait, ne sont pas soumises aux même contraintes de fonds propres et de ratios de solvabilité).

Elle déclare, au risque d’être taxée de socialiste hystérique, qu’il faudrait imposer une taxe sur le HFT (trading haute fréquence) qui rend les marchés instables et inéquitables.

 

Et de conclure sur le mot d’ordre suivant : moins de spéculation et plus de croissance !

Cela doit bien vous rappeler quelque chose, non ?

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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