Le dollar australien à bout de souffle

Rédigé le 17 décembre 2009 par | Matières Premières Imprimer

Au pays des kangourous, le rebond se précise !

Le PIB du troisième trimestre de l’Australie a été publié hier. Les économistes interrogés par Bloomberg s’attendent à une nouvelle expansion de l’économie australienne, avec une progression de 0,4% prévue.

Le pays ne finit pas de surprendre par sa vigueur économique et la vitesse de sa reprise. La semaine dernière, avec près de 32 000 créations de postes, le taux de chômage est revenu à 5,7%, venant confirmer le scénario de rebond que le gouverneur de la Banque centrale australienne Stevens ne cesse de clamer, vantant les mérites du plan de relance de 22 milliards de dollars australiens.

Rien ne sert de courir…

Pourtant quelques doutes s’amoncellent au-dessus des kangourous, et c’est plutôt à un lièvre que me fait penser M. Stevens.

Il est devenu le premier à enchaîner trois hausses de taux consécutives cette année. Et même si la santé de son économie paraît meilleure qu’ailleurs, l’avance prise va être difficile à tenir.

Dans un marché de sur-anticipation comme le Forex, il y a fort à parier que le rattrapage va être violent. Et à l’image de la fable de La Fontaine, les Tortues occidentales pourraient mécaniquement revenir dans la course si les signes d’amélioration de la conjoncture se confirment.

Attention à la déception des chiffres…

Je trouve également l’optimisme des autorités australiennes presque déconcertant. En regardant d’un peu plus près les derniers chiffres, on pourrait y trouver facilement quelques indices de fragilité.

Le déficit commercial tout d’abord s’est creusé bien plus que prévu à -2,4 milliards au lieu de -1,75 milliard attendus. La faiblesse des exportations a été soulignée dans le rapport accompagnant cette statistique, avec une chute de 3%. A noter que les importations ont baissé également venant ainsi atténuer légèrement le résultat final.

De plus, les accords de prêts immobiliers, indicateur assez avancé de l’activité, ont été révisés en nette baisse. En effet, le chiffre publié le mois dernier accréditant d’une hausse de 5,5% s’est vu corrigé finalement à 3,3%. Ce mois-ci, c’est une baisse de 1,4% qui a été annoncée.

◊… et aux effets de marché

Au-delà des statistiques, ce sont des « effets de marché » qui font planer un réel risque sur la devise australienne, comme par exemple le phénomène maintenant bien connu du carry trading.

Si on ajoute à cela la corrélation forte de la monnaie aux prix des matières premières et principalement à l’or, on peut imaginer que le dollar australien va rencontrer des difficultés à trouver de nouveaux catalyseurs à la hausse.

De plus, les graphiques viennent conforter mon scénario. Même s’il est évident que la tendance ne va pas se renverser du jour au lendemain, certains signes nous indiquent une perte de vitesse.

AUD/USD : direction les 0,8700 $

Vous me trouvez un peu présomptueux ? Sans doute. Mais le potentiel est à mon avis bien plus important à la baisse qu’à la hausse à court et moyen terme.

Graphique de l'AUD/USD

Sur le graphique ci-dessus, j’ai tracé en bleu la tendance qui mène la paire depuis le mois de mars.

Cette tendance est en cours de cassure à court terme. Cette cassure sera confirmée par le franchissement des 0,9030/0,9020 à la baisse, qui constitue le récent plus bas mais également la ligne de support numéro un hebdomadaire.

Si la paire venait à s’affranchir de l’importante zone de support à 0,90, alors la voie serait ouverte vers un premier objectif à 0,8850, puis 0,8660 qui constitue le retracement à 23,6% de la hausse depuis le printemps.

Ce scénario reste valide tant que la ligne verte à 0,9329 n’est pas dépassée.

En attendant… bons trades.

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

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