Aucune raison n’annoncera la chute !

Rédigé le 6 avril 2012 par | Autres indices Imprimer

Se demander aujourd’hui ce que nous prépare le marché américain équivaut à identifier dans les graphiques la future tendance du titre Apple. L’investisseur sera alors rapidement édifié, ses doutes dissipés : direction le nord (la hausse), pour toujours, vers l’infini et au-delà.

Superposons le graphique d’Apple (entre décembre 2009 et avril 2012) et celui du S&P 500 (entre juillet 1996 et mars 2000) :

Graphique: SPX Apple
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Déjà, la similitude est saisissante : la correction de l’été/automne 1998 du S&P 500 trouve son équivalent dans celle de mai 2010 sur APPLE.

Mais la comparaison avec le Nasdaq s’avère encore plus pertinente mais sur la période où nous regardons ce graphique (juillet 96 – mars 2000), je vous rappelle que la performance du fabricant d’i-Phones n’avait aucun impact sur la performance générale du marché américain. Aujourd’hui, ce titre explique à lui seul 25% de la hausse du S&P et 36% de celle du Nasdaq 100 depuis le 1er janvier de cette année :

Graphique: COMPQ Apple
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Donc, l’évolution du cours d’APPLE nous rappelle étrangement celle du Nasdaq et du S&P 500 entre 1996 et 2000.

Mais vous rappelez-vous ce qui a préfiguré la correction de 10% du 10 au 16 mars 2000 sur le Nasdaq ? Vous ne vous souvenez de rien ? Bravo, bonne réponse !

La réponse était effectivement : « rien » !

La chute des indices US était tombée sur la tête des investisseurs sans crier gare, sans autres signes précurseurs qu’un emballement haussier et un diagnostic unanimement bullish (comme c’est le cas sur APPLE ces quinze dernières semaines). Tous les indicateurs techniques, tous les oscillateurs indiquaient début mars 2000 une poursuite de l’envolée indicielle jusqu’aux firmaments jamais revus depuis la bulbe (pardon, la bulle) des tulipes aux Pays-Bas de 1634 à 1637.

Depuis 2009, la « tulipomania » est remplacée par la « pommania » : nous restons dans le végétal et la rondeur mais cette fois-ci, c’est le S&P 500 qui risque d’avoir de gros pépins. Alors qu’APPLE prend effectivement la direction des 700$, le S&P 500 est peut-être en train d’épuiser son potentiel haussier : nous aurions l’ébauche d’un triple top sous les 1 414, 1 416,5 puis 1 420 points les 19 et 26 mars puis le 2 avril :

Graphique: SPX
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Le triple top est ascendant mais en complète divergence par rapport aux oscillateurs qui sont eux clairement déclinants (en daily comme en hebdo, avec une nette accélération à la baisse depuis dix jours, ce qui s’assimile à une divergence cachée).

Le support oblique moyen terme qui gravite vers 1 395 points a été sauvegardé in extremis les 4 et 5 avril. Mais, en cas de rupture, le premier support viable ne se dessinerait pas avant 1 343 points puis 1,315 points (la MM100, base du canal ascendant moyen terme).

Soyez donc prudents.

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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