L’Austrian Traded Index : encore un indice baissier !

Rédigé le 9 juin 2010 par | Autres indices Imprimer

En fin de semaine dernière, la chute de l’euro et des marchés boursiers européens trouvait son explication, selon certains commentateurs boursiers, aux difficultés auxquelles est confrontées la Hongrie. Certes, ce pays ne fait pas encore partie de la Zone euro, mais son partenaire historique multiséculaire, l’Autriche, est directement concerné, les banques y ayant massivement investi.

De même, l’Autriche a gardé de ses fastes austro-hongrois bien plus qu’une simple nostalgie impériale de mauvais goût. Ce pays a su pragmatiquement convertir ses liens privilégiés avec une bonne moitié de l’Europe de l’Est en un développement économique particulièrement intéressant et largement décorrélé du reste de l’Europe.

Bien que la place autrichienne boursière ne soit pas des plus importantes, il est intéressant de porter notre regard sur l’ensemble des configurations, même secondaires, afin d’estimer par nous-mêmes si les craintes des investisseurs se confirment dans leurs actes.

Un parcours résolument baissier

C’est ce que permet justement l’analyse graphique. Regardons donc le principal indice boursier autrichien, qui porte le nom d’ATX (pour Austrian Traded Index), et se compose des 20 valeurs suivantes :

Les composantes de l'indice autrichien ATX

Depuis son plus haut historique marqué en 2007 à un peu plus de 5 000 points, l’indice a fortement chuté en 2008, allant même jusqu’à reculer de 72% (en moins de deux années !) lorsqu’il a marqué son point bas en mars 2009 à 1 400 points.

La reprise qui s’en est suivie a pris fin sous les 2 800 points, correspondant assez précisément au retracement de 38,2% de Fibonacci de toute la phase baissière précédente.

Après six mois de consolidation latérale et plusieurs échecs sur le même niveau Fibonacci, l’indice s’est avéré incapable de revenir à la hausse — alors que l’Europe de l’Est dans son ensemble a relativement bien résisté à la crise et a notamment esquissé une reprise plus vigoureuse que la vieille Europe.

L’issue baissière de cette phase est pour le moins inquiétante, d’autant que la moyenne mobile à 30 semaines (150 séances) va à présent faire pression.

En outre, le fait que cette consolidation ait été aussi longue est un facteur très négatif car cela signifie qu’à ce jour, la grande majorité des investisseurs qui s’est positionnée ces derniers mois sur les valeurs autrichiennes est en moins value latente.

Confessions graphiques d’une baisse irrépressible

La conséquence est que ces investisseurs seront d’autant plus tentés de vendre — surtout en s’approchant de leur niveaux d’achat, classiquement, d’où le phénomène de résistance –, et donc d’alimenter la baisse.

Graphique de l'ATX

Comme nous l’avons vu ces dernières semaines sur d’autres indices, notamment l’Eurostoxx50, les Bourses occidentales suivent une tendance baissière à moyen terme, et l’Autriche n’y échappe pas, alors que son implantation très prononcée en Europe de l’Est aurait théoriquement dû servir de parachute.

Ainsi, Raiffeisen Bank est la banque étrangère numéro un dans beaucoup de pays de l’Europe de l’Est — elle s’est ainsi implantée en Russie ou en Ukraine bien avant les banques françaises ou américaines. Le géant du BTP Strabag fait les plus gros chantiers un peu partout en Europe de l’Est. Ses immenses projets russes ont notamment profité du passage éclair dans son capital de la première fortune russe Oleg Deripaska, qui a pourtant revendu récemment les 30% de la société acquis en 2007 — ayant besoin de liquidités suite à la crise.

Il n’empêche, partout dans les anciens pays du bloc communiste, le violent retournement de la conjoncture a alourdi l’endettement, le déficit budgétaire et dans certains cas également l’inflation et l’explosion de la bulle immobilière (comme en Lettonie par exemple), et l’Autriche en a subi l’impact par ricochet.

Sachez jouer le marché autrichien au bon moment

Du point de vue de l’analyse technique, au vu de la configuration graphique actuelle, il est probable d’assister à une accélération baissière au cours des prochaines séances, puisque nous venons très récemment de voir une sortie par le bas de la zone de congestion, et qu’un phénomène de vente panique s’opère assez classiquement au-dessous de cette zone.

Le premier soutien susceptible de stopper ce mouvement se situe vers 1 900 points (ligne bleue sur le graphique), ce qui laisse un potentiel de correction de 15%.

Si vous envisagez de vous positionner à l’achat, soyez donc encore patient, si vous tenez à mettre un maximum de chances de votre côté.

Jouer le marché autrichien, vous l’avez compris, est une façon intelligente de profiter à la fois de la remontée d’une économie occidentale classique (faisant partie de la Zone euro), mais aussi de ses liens privilégiés avec l’Europe de l’Est, région dynamique et qui est loin d’avoir dit son dernier mot, en dépit des difficultés actuelles.

NDLR : Jérôme Vinerier est analyste technique. Depuis 7 ans, il a développé son système de trend following, qui permet de se positionner sur des valeurs sur le point d’amorcer une tendance, et d’en profiter jusqu’à essoufflement. Bientôt, Jérôme vous proposera d’accéder à son système, alors… restez à l’écoute !

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Jerome Vinerier
Jerome Vinerier

Jérôme Vinerier est analyste technique CFTe (diplôme délivré par la fédération internationale des analystes techniques IFTA). Il a exercé cette profession avec passion pendant plusieurs années au sein d’un cabinet réputé au niveau européen, délivrant quotidiennement le fruit de sa recherche auprès d’investisseurs institutionnels sur une vaste classe d’actifs financiers (actions, devises, indices, matières premières). Animé par la recherche de la performance, il s’établit comme stratégiste indépendant en 2008. – See more at: http://quotidienne-agora.fr/redacteurs/#sthash.0s0xSg5B.dpuf

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