Attention aux IPO de biotechs…

Rédigé le 27 novembre 2017 par | Actions, Biotechs et Medtechs, IPO, OPA, opérations financières Imprimer

Ceux qui me suivent depuis un certain temps le savent déjà : en Bourse, s’il y a bien deux choses dont je me méfie particulièrement, ce sont les IPO et les biotechs… Alors les IPO de biotechs, vous vous en doutez, je les suis avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de détachement.

Les biotechs parce que je ne les connais pas…

Plus exactement, je ne maîtrise pas vraiment le sujet et, surtout, j’estime qu’il faut investir dans ce que l’on comprend. Donc, pour espérer réaliser des plus-values en investissant sur ce secteur, il faut le connaître un minimum – notamment avoir les bases scientifiques nécessaires pour évaluer le potentiel d’un candidat-médicament.

Ce n’est pas mon cas. Aussi, comme cela a été le cas pour Nanobiotix, je n’hésite pas à rencontrer de vrais spécialistes quand, une fois n’est pas coutume, une biotech me tape un peu trop dans l’œil. 

Les IPO parce que je les connais bien…

J’ai passé une bonne partie de ma vie professionnelle à accompagner les chefs d’entreprise dans la préparation de leur dossier d’introduction. En fait, je mettais tout en œuvre pour leur donner un maximum de chances de rencontrer le succès boursier tant escompté.

Donc, comme vous pouvez le constater, je suis plutôt bien placé pour vous dire que, de manière générale lors d’une IPO, la future prétendance a été particulièrement bien apprêtée pour l’occasion – stratégie qui a donc tendance à gonfler la valorisation du dossier et qui, mécaniquement, vient compliquer les débuts boursiers de l’entreprise en question.

Nous n’allons pas nous mentir, c’est un fait, les premiers jours post IPO sont souvent difficiles… C’est même un classique. Après une période d’intense agitation les P-DG retournent à leur quotidien, avec tout de même un œil sur le cours de Bourse. Mais comme souvent, sauf à de rares exceptions, c’est plutôt le calme plat.

Theranexus fait du surplace

C’est ce qui se passe actuellement sur Theranexus (FR0013286259), une biotech spécialisée dans les maladies neurologiques (narcolepsie, Alzheimer et autres Parkinson). J’en ai parlé dernièrement, et longuement, avec son P-DG, Franck Mouthon. Et lui de me confier : « C’est tout nouveau pour moi, les marchés financiers. Je dois avouer que je manque de repères pour le moment… Ce qui me tranquillise, c’est que notre cours n’a pas dévissé comme certains autres. C’est déjà ça. »

Moi, je les ai les repères. Et, comme je le lui ai expliqué, si le titre fait du surplace c’est d’abord parce que, quand vous pesez 47 M€ en Bourse, ce qui est le cas de Theranexus, votre problème numéro un est simple : vous êtes invisible. Vous évoluez hors radar. Vous n’intéressez ni les gérants ni les analystes. Voilà pourquoi, sur les cinq dernières séances, il s’est échangé à peine 3 800 titres ; soit 60 000 €…

Puis, comme il le constate parfaitement lui-même, « dans notre secteur, nous nous inscrivons dans un temps long alors que les acteurs des marchés financiers raisonnent à très court terme… Ceci dit, je ne regrette pas cette introduction. Nous allons gagner en visibilité, d’un point de vue stratégique d’abord mais aussi pour recruter des salariés de qualité. La Bourse nous donne en quelque sorte un gage de crédibilité supplémentaire. »

IPO de biotechs : le feu des projecteurs avant l’anonymat total

C’est vrai, d’un certain point de vue. L’IPO braque le projecteur sur votre société mais, ensuite, vous replongez aussi sec dans l’anonymat – ce qui se traduit en premier lieu par le comportement de votre titre. Un constat partagé par Nicolas Meunier, responsable du service post-listing chez Enternext – une filiale d’Euronext dédiée au financement et à la promotion des PME par les marchés financiers.

« Nous, nous sommes aux côtés des entrepreneurs dès leur mise sur le marché. Nous les conseillons pour la suite. Mais, trop souvent les entreprises sont totalement abandonnées durant les premiers mois de cotations. En fait, elles devraient mieux se former à la communication. Il ne suffit pas de publier ses résultats annuels et semestriels. Il faut occuper le terrain en permanence. »

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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