Attentats de Bruxelles : liberté de circuler sacrifiée et secteur du tourisme touché

Rédigé le 22 mars 2016 par | Big caps Imprimer

Le drame de Bruxelles – toutes nos pensées vont aux victimes et familles des victimes innocentes – ne déclenche pas de sell off sur les marchés, ni de fuite éperdue vers la sécurité. L’effet attentats impacte le plus durement les voyagistes (les agences de type Thomson Travels, TUI, etc.) et les compagnies aériennes.

L’Europe sous haute sécurité et Vigipirate renforcé, la liberté de circuler sera la première sacrifiée

Tout va encore se compliquer pour le voyageur lambda après les attentats de Bruxelles : il faut s’attendre au doublement des mesures de sécurité avec des fouilles à l’entrée des aérogares – et plus seulement pour accéder aux zones d’embarquement – puis à l’implantation de systèmes de détection d’explosifs qui vont rallonger encore plus la durée des contrôles.

Pour 1 heure de vol, il faudra compter 2 heures en moyenne pour accéder à un avion avec son bagage, et prévoir un délai de 3 heures si vous allez aux Etats-Unis.

En fait c’est déjà le cas, avec des procédures complémentaires de vérification et un interrogatoire individuel plus ou moins intrusif en fonction de certains « critères d’évaluation », j’en ai été témoin récemment : mieux vaut être blonde au yeux bleus que brun aux yeux noirs et barbu.

Dans un autre registre, et dans le but de prévenir la fuite des auteurs d’actes terroristes, les contrôles aux frontières vont être renforcés à travers toute l’Europe. Des cellules de crise planchent déjà sur le sujet dans la plupart des états de l’Union Européenne (UE) ce midi et devraient annoncer une coordination des efforts de sécurisation de l’espace Schengen… ce qui reviendra à restreindre drastiquement la liberté de circulation des personnes au sein de l’UE.

Cela reviendra à décréter la suspension provisoire des accords de Schengen relatifs aux déplacements à l’intérieur de l’UE… Une mesure qui, comme l’état d’urgence en France ou le Patriot Act aux Etats-Unis, pourrait devenir permanent.

Les compagnies aériennes en net repli

Au sein du SBF-120, ce n’est pas une surprise si Air France-KLM (FR0000031122) chute de -5% sous les 8€. Le titre subit de surcroît la double peine ce mardi puisque il faut rajouter la subite hausse du coût du kérosène avec une remontée de +55% des cours du brut en 5 semaines.

D’expérience, toutes les compagnies aériennes cotées en bourse subissent un effet trou d’air en de pareilles circonstances et pour illustrer un autre adage boursier : « La peur prend l’ascenseur et la confiance remonte par l’escalier ».

L’effet attentat s’avère moins brutal pour les groupes hôteliers, mais il faut souvent des semaines pour effacer les conséquences de ce genre d’évènements tragiques. Dans tous les cas, il faut s’armer de patience.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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