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Attendez-vous à voir chuter le secteur retail et tous les détaillants

Rédigé le 22 février 2017 par | Actions, Big caps, Statistiques et données macro Imprimer

Les dépenses de consommation représentent environ 65% du PIB américain. Si l’économie américaine ralentit, cela signifie que les dépenses de consommation marquent le pas. Cela se traduit par une baisse des ventes de détail (retail) et une chute des actions de ce secteur.

Que va-t-il se passer pour l’économie en général et pour les dépenses de consommation en particulier ?

Au cours de la phase d’expansion actuelle, amorcée en 2009, le PIB a enregistré une croissance annuelle moyenne de 2,05%. Cela se distingue nettement de la moyenne annuelle de 3,19% enregistrée au cours de toutes les phases d’expansion depuis 1980.

L’économie américaine a progressé de 1,6% en 2016, ce qui est bien au-dessous de la moyenne déjà faible de 2,05%, enregistrée pendant cette phase de reprise. C’est également en baisse, matériellement, par rapport aux 2,6% enregistrés en 2015. Ce type de décélération de la croissance est typique d’une fin de période de reprise et pourrait être le signe précoce de la prochaine récession technique.

En fait, depuis 1980, les phases d’expansion durent 80 mois, en moyenne. Or la phase d’expansion actuelle dure depuis 91 mois. Certes, les phases d’expansion ne meurent pas de vieillesse, mais une expansion qui dure déjà un an de plus que l’expansion moyenne enregistrée depuis 36 ans (une phase d’expansion historiquement longue en soi) devrait donner à réfléchir à ceux qui croient que l’expansion va durer encore plus longtemps, d’autant que la Fed amorce une phase de resserrement des taux.

Les chiffres du PIB pour le 4è trimestre, publiés récemment, indiquent que le revenu individuel n’a progressé que de 0,1% sur une base annuelle. C’est un chiffre particulièrement faible, et bien loin de l’inflation des prix à la consommation, qui est d’environ 2% par an. Cela signifie que les salaires réels corrigés de l’inflation sont en baisse. Ce n’est pas une base solide pour une augmentation des dépenses de consommation.

La pression à la baisse s’exerçant sur les salaires va se poursuivre en raison de la main-d’œuvre étrangère bon marché, de la robotique et de nouveaux types d’entreprises qui créent des plateformes d’activités très évolutives et rentables, avec relativement peu d’employés. Facebook, Uber, et Google sont tous des exemples de super-entreprises « lean » [NDR : gérées « au plus juste »] qui génèrent des milliards de dollars de chiffre d’affaires avec relativement peu de salariés.

En fait, cette tendance en faveur d’entreprises générant plus d’activités avec moins de salariés n’a rien de nouveau. La composante « rémunération des salariés », au sein du PIB, baisse régulièrement depuis le début des années 1970, même si l’on constate quelques contre-tendances, comme l’indique le graphique ci-dessous :

salaires US en baisse

En plus de cette phase d’expansion vieillissante, des vents contraires de la Fed et de la part du gâteau qui s’amenuise pour les salariés, la productivité ralentit pour des raisons que les économistes n’intègrent pas totalement. Le mélange néfaste du vieillissement de la population et du ralentissement de la productivité signifie que l’économie va progresser péniblement de 1,5% par an, et à moins forte raison de 2%, comme elle l’a fait depuis 2009.

Le marché actions, qui avait intégré le Trump Trade dans les cours, ne va pas tarder à saisir la réalité de la situation. Les mesures de Trump ne produiront pas le stimulus espéré et les fondamentaux à long terme sont, pour la plupart, négatifs pour la croissance. Les dépenses de consommation discrétionnaires seront les premières victimes de ce scénario stagnant.

Le secteur du retail va trinquer

Il y a quelques jours à peine Bloomberg rapporte que le fonds de Warren Buffett, Berkshire Hathaway, avait vendu pour 900 M$ de titres Walmart. Buffett explique que c’est la fin du secteur de la distribution tel que nous le connaissons : « la distribution, c’est comme tirer sur une cible mouvante », explique-t-il. Il pourrait bien avoir raison et marquer le top départ d’une course des vendeurs sur le secteur.

Amazon est, pour lui, le nouveau modèle qui bouleversera encore le secteur de la distribution à l’avenir.

Préparez-vous à voir chuter les entreprises du secteur du retail, une à une ; et tant qu’à faire, positionner-vous pour profiter de la chute du secteur.

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Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

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