Atos-Bull : naissance du leader du cloud européen

Rédigé le 27 mai 2014 par | Actions, Indices, sociétés et marchés, Mid et Small Caps Imprimer

Les services informatiques continuent leur mouvement de concentration.

Quelques semaines après l’opération Sopra-Steria, voilà qu’ATOS (FR0000051732) décide de se lancer à l’assaut de Bull (FR0010266601) en offrant 4,90 euros par action, soit une prime de 22% par rapport au dernier cours coté.

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Une offre amicale pertinente et bien valorisée

L’offre valorise le groupe informatique à 620 millions d’euros et propulse Bull à des niveaux que nous n’avions pas vus depuis la mi-2011. Pourtant, les ratios offerts ne sont pas délirants. A 4,90 euros, la VE/CA ressort à 0,35 tandis que la VE/EBIT ressort à environ 9, mais l’OPA, amicale, a reçu l’approbation de la direction et des actionnaires et se fera sans heurts : Les deux principaux actionnaires du groupe informatique (Crescendo Industries et Pothar Investments qui détiennent 24,2% du capital), ont accepté la proposition d’Atos.

Cela ne me surprend pas car Bull n’a jamais été un exemple de rentabilité. Sa marge nette n’était que d’à peine 1% en 2013 contre 2% en 2012 et 1,5% en 2011. Sa rentabilité d’exploitation a péniblement atteint les 3, 5% l’an dernier contre par exemple plus de 7% pour Atos. Alors certes, la trésorerie nette de Bull atteint encore les 200 millions d’euros mais le groupe français a eu du mal ces dernières années à dégager sa petite rentabilité. On a l’impression que c’était un paquebot très difficile à manoeuvrer entre ses activités de cyber-sécurité, ses data center ou encore son cloud et ses supercalculateurs.

La direction du groupe s’était bien fixé des objectifs via son plan One Bull afin de doubler la rentabilité opérationnelle à 7% en 2017… Mais nous n’avions pour l’instant rien vu. Sans doute l’arrivée d’Atos permettra-t-elle d’aller plus vite car chez Atos on sait gérer de la croissance externe.

Naissance d’un leader du cloud européen

Du côté d’Atos, Bull ne représente que 15% de chiffre d’affaires en plus et sera donc vite intégrée : il pourrait y avoir rapidement des synergies importantes. On parle par exemple de synergies de l’ordre de 80 millions d’euros annuels pour les deux prochaines années avec également une hausse de l’ordre de 10% du bénéfice par action sur cette même période.

D’un point de vue industriel, le rapprochement est très cohérent : le nouveau groupe sera le leader européen de l’informatique dématérialisée (le fameux cloud), ainsi que l’un des principaux acteurs dans la cyber-sécurité.

Les marchés apprécient

Contrairement à ce qui se passe d’habitude, l’initiateur de l’offre, Atos, a fortement progressé en Bourse hier : le plan de marche d’Atos semble crédible et l’opération est très pertinente. De plus, les ratios de Bull sont très raisonnables avec notamment un PER de 13 ou encore une VE/ROC de l’ordre de 6.

Avec environ 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, Atos-Bull talonnera de très près Cap Gemini (FR0000125338), entrant ainsi un peu plus dans la cours des grands.

Pour Bull, une page se tourne : la société avait été créée en 1931 et avait connu une vie industrielle plutôt mouvementée, passant des mains de General Electric à celles d’Honeywell avant d’être nationalisée en 1982 puis privatisée une douzaine d’années après.

NB : vous avez vu que pour la première fois depuis mes 25 ans de carrière, je vous recommande d’investir dans un bulle ? Je vous explique pourquoi ici

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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