Après l’Italie, l’Espagne vole en éclats !

Rédigé le 22 novembre 2011 par | Apprendre la Bourse Imprimer

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Analyste et rédacteur du service de trading Agora CFD
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Vous le savez si vous me lisez depuis quelques temps, mon attention se focalise sur l’obligataire. Après mes deux derniers articles sur l’Italie, c’est désormais au tour de l’Espagne de « reprendre le flambeau ». Il faut dire que l’actualité du pays a été assez fournie dernièrement :

  • sur la scène politique tout d’abord. Les élections législatives anticipées de dimanche ont logiquement été fatales au gouvernement socialiste de M. Zapatero ;
  • sur les marchés surtout. Jeudi dernier, lors de son adjudication de dette à 10 ans, le pays s’est financé au taux moyen de 6,97%, un record depuis 1997 !

Vous vous en doutez, c’est ce second point qui attire mon attention. En effet, ce niveau de rendement pour le papier à 10 ans espagnol n’a tout simplement jamais été aussi haut ces dernières semaines sur l’obligataire. Au plus haut, à l’heure où je rédige ce papier le point haut sur le rendement a tutoyé la zone des 6,80% le 17 novembre.

Par comparaison, jusqu’à présent en 2011, le rendement moyen le plus élevé consenti par le pays sur cette échéance n’avait jamais franchi le cap des 6%. C’était logique et en corrélation avec ce que l’on constatait à l’instant « t » sur les marchés (fourchette d’évolution comprise entre 4,8% et 6% en 2011).

Cette défiance des investisseurs est visible dans le fameux ratio de couverture
Ce ratio « Bid to cover » n’a été que de 1,5 jeudi dernier, contre 1,8 sur l’adjudication d’octobre par exemple. Dit autrement, les demandeurs de papier espagnol sont de moins en moins nombreux ; ils exigent donc des rendements plus élevés. L’Espagne n’a effectivement pas réussi à lever le montant total souhaité. Comme pour l’Italie, cela pose évidemment la question de la pérennité du financement du pays de manière indépendante sur les marchés.

Donc exiger des rendements plus élevés peut se comprendre. Mais en arriver à un tel point que l’Etat accepte de payer nettement plus que les taux passés du marché est vraiment tout sauf encourageant. En substance, l’Etat ne fait rien de plus qu’admettre que l’envolée des taux longs de son pays n’est pas sur le point de s’arrêter… La BCE va donc encore devoir intervenir ! Mais, Mario Draghi a toutefois annoncé, lors de sa première allocution, refuser de racheter systématiquement les dettes souveraines.

La même « zone rouge » des 7% que l’Italie… merci la BCE !
Regardez le graphique suivant. Il représente les contrats italiens sur les 10 ans. A chaque fois, que l’on franchit le cap des 7%, la BCE passe à l’action. Elle achète de la dette sur le marché secondaire pour mécaniquement faire baisser les rendements.

Il s’en suit alors généralement un rebond technique des indices dans les heures qui suivent. Après le 10 novembre, c’est de nouveau ce qui s’est produit jeudi dernier.

Graphique: Italie en intraday
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

La question est désormais jusqu’à quand/où la banque centrale va-t-elle alourdir son bilan ? Je n’en sais rien. En ce qui me concerne, grâce à certains indicateurs techniques, je me contente de « sentir » venir ces fameux achats de la BCE. C’est ainsi par exemple que jeudi matin, j’ai conseillé à mes abonnés d’acheter Essilor…

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Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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