Après cet été assassin, le CAC 40 ressuscitera-t-il à l’automne ?

Rédigé le 29 août 2011 par | Big caps Imprimer

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Krach ou pas krach au mois d’août 2011 ? Voilà encore le genre de débat qui oppose certains gérants d’OPCVM actions de part et d’autre de l’Atlantique. Même si Wall Street a bien connu des heures difficiles au cours de la première décade du mois d’août, le résultat n’est en rien comparable à la capitulation subie par les indices européens.

Tout d’abord, le Nasdaq – le plus volatil à la baisse – n’a pas atteint la barre symbolique des -20% de baisse en un mois et demi alors que le CAC 40 en a allègrement perdu plus de 27% dans le même intervalle. Et plus de 30% depuis ses sommets de la fin mai.

Horreur, malheur, l’EuroStoxx 50 et l’Eurotop 100, qui avaient beaucoup moins progressé que le S&P 100 (leur équivalent américain) depuis le milieu de l’été 2010, ont en fait reperdu 10% de plus en l’espace de trois mois.

Résultat des courses, le Nasdaq préserve encore quelques gains symboliques par rapport à la fin août 2010 tandis que le CAC 40 s’est effondré jusqu’au niveau de ses planchers de la mi-juillet 2009.

Si les épargnants américains ont connu un mois d’août fort déplaisant qui ampute leur portefeuille de -15% (soit l’équivalent de ce qui a été perdu d’octobre 2007 à janvier 2008), le CAC 40, pour sa part, s’est désintégré dans des proportions seulement comparables à celles de septembre 2001 et 2002 ou d’octobre 2008… des épisodes correctifs qui restent sans conteste associés à un diagnostic de krach boursier en bonne et due forme.

Oui, ce mois d’août 2011 constitue le pire mois d’août de l’Histoire du marché parisien et des places européennes dans leur ensemble.

Etats-Unis/Europe : un différentiel de performance indicielle des plus extravagants Au-delà de ce constat, ce mois d’août présente cette autre caractéristique singulière de faire apparaître un différentiel de performance indicielle parmi les plus importantes des trente dernières années de part et d’autre de l’Atlantique.

Alors que la convergence des mouvements de cours tendait à se renforcer progressivement depuis 1998, dans le cadre d’une globalisation des gestions d’actifs, voilà que le processus « unificateur » se dérègle brutalement. Un phénomène qui s’exerce paradoxalement au détriment de la « zone Europe » dont le taux de croissance semble le moins affecté par le coup de frein conjoncturel survenu en début d’année – et où il n’est pas encore question d’un double-dip, contrairement aux Etats-Unis.

Le taux de progression du PIB américain (en rythme annualisé) s’est en effet littéralement effondré au 1er trimestre 2011 (division par 8, de +3,2% à +0,4%) tandis que celui de la zone euro s’infléchissait lentement de +2,5% sous les 2% au 1er trimestre pour s’orienter autour de 1,5 à 1,8% à la fin du 1er semestre… ce qui demeure honorable.

Partant de ce constat, le débat sur le diagnostic d’un krach n’est pas aussi vain qu’il n’y paraît puisque les gérants anglo-saxons peuvent légitimement considérer que Wall Street s’en tire bien comparativement à l’Europe. Les indices US ont été victimes d’un épisode de forte consolidation qui n’efface pas la totalité des gains engrangés au cours des douze derniers mois alors que le CAC 40 se trouve ramené plus de deux ans en arrière, proche de ses niveaux du 14 juillet 2009, après avoir testé des plus-bas remontant au 8 avril 2008.

Notons par ailleurs que la zone des 2 890 points correspond également à un double-creux indiciel majeur inscrit très précisément – et suivant un scénario assez similaire à celui que nous venons d’observer les 11 et 19 août – les 2 et 8 octobre 1998. Et que valait le Dow Jones au soir du 2 octobre 1998 ? Réponse : 7 540 points. C’est-à-dire très exactement 50% de moins que par rapport à la clôture du 24 août (11 300 points).

Ceci nous ramène à une de nos précédentes observations concernant le différentiel de performance entre les indices US et le CAC 40 : il augmentait insensiblement depuis treize ans – le biais haussier étant favorable aux épargnants américains, par le jeu d’une succession de micro-surperformances. Et il vient de se creuser radicalement en l’espace de six semaines.

Notre opinion est que ce « grand écart » ne se justifie ni par un déficit de croissance en France (et l’Europe au sens large) par rapport aux Etats-Unis, ni par des perspectives (court ou moyen terme) qui seraient plus favorables outre-Atlantique (c’est même tout l’inverse), ni par une moindre profitabilité des entreprises cotées car les dividendes des firmes US sont artificiellement gonflés par des rachats massifs de titres (à crédit puisque l’argent est gratuit).

Autrement dit, le « grand écart » conjoncturel implicite (vu le niveau actuel des cours) n’existe pas. Il devrait donc mécaniquement se combler, de façon partielle ou totale, d’ici la fin de l’année, pourvu que l’euro ne s’envole pas soudainement en direction des 1,6$.

CAC 40 : rebond en vue A court terme, le débordement des 1,44 face au dollar est plutôt une bonne nouvelle. La décrue du dollar signifie un retour de « l’appétit pour le risque » (il faisait jusqu’à présent figure de placement refuge, tout comme le franc suisse) et la forte correction de l’once d’or (favorisée par une hausse de 27% du montant des deposits exigée par le CME) devrait favoriser un arbitrage en faveur des actions.

Vous l’avez compris, pour les multiples raisons exposées précédemment, nous anticipons un beau sursaut du CAC 40. Reste à déterminer l’ampleur et le timing. Avec le débordement confirmé des 3 130 puis des 3 150 points jeudi matin, l’indice poursuit l’ébauche d’une reprise en W sur 3 000/3 015 points et s’extrait par la même occasion de son canal baissier court terme (3 850/2 900). Il franchit ainsi la MM13 qui « coiffe » l’indice depuis le 27 juillet…

L’étape décisive sera le franchissement de la MM20 qui gravite dans la zone des 3 250 points, c’est-à-dire le niveau de résistance testée lors du rebond technique du 9 au 17 août. Mécaniquement, le W haussier induit un objectif de 3 500 points avec la possibilité de voir le gap des 3 522 points (du 2 août) comblé dans la foulée. Attention toutefois au risque de voir le CAC 40 buter sur les 3 400 points, c’est-à-dire sur un zénith testé par deux fois début janvier puis fin mai 2009.

L’indice vient par ailleurs d’accomplir en six mois le trajet symétrique de la hausse de juillet 2009 à janvier 2010 : le timing et les écarts en point (pas en pourcentage naturellement) sont pratiquement les mêmes. C’est plus que troublant. Si cette symétrie se prolongeait – comme par un « effet miroir » –, le CAC 40 mettrait entre cinq et six semaines pour se redresser et atteindre la zone des 3 400 points déjà évoquée ci-dessus.

Mais si nous devions miser – et nous le ferons volontiers – sur un scénario haussier entre fin août et fin septembre, ce serait classiquement celui d’un retracement de 60% du segment baissier 3 850/2 900, soit effectivement un objectif de 3 500 points, et 3 522 points par extension.

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute. Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute. Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

2 commentaires pour “Après cet été assassin, le CAC 40 ressuscitera-t-il à l’automne ?”

  1. […] Mais pour l’heure, nous anticipons toujours un rebond, jusqu’aux 3 400 points – voire 3500 points, comme nous vous le disions l’autre fois : […]

  2. […] Philippe Béchade vous en parlait déjà cet été : “Notre opinion est que ce ‘grand écart’ ne se justifie ni par un déficit de croissance en France (et en Europe au sens large) par rapport aux Etats-Unis, ni par des perspectives (court ou moyen terme) qui seraient plus favorables outre-Atlantique (c’est même tout l’inverse), ni par une moindre profitabilité des entreprises cotées car les dividendes des firmes US sont artificiellement gonflés par des rachats massifs de titres (à crédit puisque l’argent est gratuit).” […]

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