APPLE : attention, la pomme risque de chuter !

Rédigé le 21 octobre 2011 par | Analyses indices, Big caps, US Imprimer

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Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers
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G.A.G.A ! Voici un nouvel acronyme qui regroupe les quatre titres les plus profitables et les plus liquides que s’arrachent les investisseurs.

GOLD, APPLE, GOOGLE, AMAZON nous rendent G.A.G.A
Devinez de qui il s’agit ? Je lève le voile tout de suite sur notre premier G : c’est le GOLD bien sûr. Les autres sont ensuite les trois poids lourds du Nasdaq : APPLE (US0378331005 – AAPL), GOOGLE (US38259P5089 – GOOG), AMAZON (US0231351067 – AMZN). ET nous avons notre G.A.G.A. Essayez donc de trouver un quarté gagnant parmi les valeurs de premier plan du Dow Jones ou du S&P 100 qui arriverait seulement à la cheville de notre G.A.G.A !

Des quatre, celui que nous maintiendrons en premier, c’est bien le Gold. Car quand les bulles boursières auront fini d’éclater – et cela vient peut-être de commencer pour Apple –, à quoi se raccrocher sinon au métal précieux ? Que croyez-vous qu’il adviendra lorsque les marchés réaliseront que la liquidité devient plus rare du fait d’un plus grand contrôle exercé sur la gouvernance des banques (ce fut long mais on y vient) et que la crise des dettes souveraines se solde par une monétisation qui prépare une nouvelle ère (hyper)inflationniste ?

Le Nasdaq est le marché par excellence qui symbolise une certaine forme de vélocité haussière en période d’injections de cash par les banques centrales. Le revers de la médaille, c’est que lorsque la masse monétaire et la croissance se contractent, c’est le Nasdaq qui présente également le plus fort béta (volatilité) à la baisse.

Apple, plus riche que le gouvernement américain !
Et que pensez-vous du risque qui pèsent sur des titres qui représentent 20% du Nasdaq 100… et qui ont pris du +500% et jusqu’à +600% de hausse en deux ans et demi ! L’effet de levier à la baisse pourrait s’avérer redoutable… et cumulatif. Autrement dit, faire du stock picking sur le Nasdaq oui ; jouer la hausse de l’indice via des ETF, non ! – sauf s’il s’agit d’ETF bear pour surfer sur le mouvement de repli des cours.

Mais avant que vous vous lanciez dans du stock picking sur le Nasdaq, ayez en tête une chose : l’icône des stock pickers, c’est justement APPLE. Et c’est là que se situe le coeur du problème si la dynamique haussière s’inverse.

A l’annonce des résultats d’APPLE, le titre a dégringolé. Les commentateurs évoquaient presque immédiatement une « Apple Bubble »… Mais même en repassant sous les 400$, APPLE pèse encore pas loin de 10% de la capitalisation totale du Nasdaq 100 ! C’est un cas de figure presque unique dans l’histoire des marchés US.

Le « pire », c’est que nous parlons d’une entreprise qui ne verse pas 1 dollar de dividende à ses actionnaires et qui met en réserve les dizaines de milliards de profits qu’elle engrange depuis dix trimestres. Que compte-t-elle faire de tout cet argent ? Sa trésorerie dépasse largement les 80Mds$ (soit environ 80$ par titre) !

APPLE se retrouve ainsi plus riche que le gouvernement américain : la firme de Cupertino dispose désormais de 10Mds$ de plus que Tim Geithner !

J’EN AI MARRE !!!

J’en ai ASSEZ d’entendre parler des déficits des Etats-Unis… de la monnaie papier contre l’or… des Triple A ou Triple Z… des problèmes des PIIGS… et autres théories économiques ENNUYEUSES sur lesquelles vous n’avez AUCUN contrôle.

La vérité, c’est que si vous voulez faire des gains dans les marchés actuels, rien de tout ça n’a d’importance !

Il suffit juste d’aller chercher les opportunités ailleurs : je vais vous montrer comment…

 

Ne s’agit-il pas d’une situation quelque peu singulière et qui peut faire tourner certaines têtes ? Ne cherchez pas plus loin pourquoi les analystes et les investisseurs sont « GAGA » de ces firmes plus riches que les Etats que sont APPLE, GOOGLE et AMAZON.

Et les principaux points communs entre le Gold et APPLE, c’est qu’ils ne sont pas endettés et ne versent pas de dividende (rien dont le FISC américain puisse tirer profit). Certaines langues prétendent qu’APPLE et l’or stérilisent une partie des liquidités dont les gouvernements auraient besoin pour relancer l’économie…

Alors nous avons d’un côté les épargnants qui, eux, n’ont pas envie de confier leurs économies au gouvernement ; mais de l’autre côté… ne viennent-ils pas de faire une erreur en achetant le titre à 400$ ? Il risque de leur coûter encore plus cher que les hausses d’impôts qui se profilent.

Mais attention : si la pomme chute…
APPLE annonçait mardi soir 7,05$ de profit par titre (contre 7,45$ attendu) et 28,3Mds$ de chiffre d’affaires (soit 4,8% de moins que les 29,7Mds$ estimés). Les ventes d’iPhones déçoivent parce que l’ancienne version serait victime du succès de la nouvelle : le titre plongeait de 425$ vers 398$ d’entrée de jeu à la reprise des cotations mercredi. C’est la première fois depuis 2004 qu’APPLE manque les objectifs attendus par le consensus, tant au niveau des bénéfices que du CA !

Imaginez l’impact d’une chute de 20% d’APPLE au cours des dix semaines qui nous séparent de la fin de l’année 2011. Le titre sera encore dans le vert puisqu’il engrange +25% depuis le 1er janvier. Mais le Nasdaq casserait mécaniquement tous ses supports de court terme alors qu’il vient juste de ricocher sous la résistance des 2 650 points. Et là, nous partons du principe qu’il ne soit pas en plus victime d’une dégradation générale des places boursières (on peut rêver !).

… c’est tout le Nasdaq qui risque de s’effondrer
Le quadruple échec (en quatre séances consécutives) du Nasdaq à dépasser la zone des 2 650/2 660 points ne doit rien au hasard. Le composite bute tout simplement sur son niveau de clôture du 31 décembre 2010…

Par ailleurs, la correction amorcée le 19 octobre survient alors que l’indice vient de reprendre +15% sur son récent plancher annuel des 2 300 points (le 4 octobre, soit -20% de repli). Il s’agissait du plus puissant mouvement haussier depuis la mi-juillet 2009. La configuration qui se dessine depuis le 8 août dernier s’apparente à un porte-voix (que j’ai figuré par les deux segments bleus). Il s’agit d’une variété de biseau (qui va en s’élargissant) qui débouche presque à tous les coups sur un retracement des plus-bas testés initialement.

Graphique Nasdaq
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

La correction devrait d’abord conduire le Nasdaq à refermer les deux gaps restés béants à 2 587 puis à 2 512 points. Et si le mouvement s’accélère sous les 2 525 points, un nouveau test des 2 400 points apparaîtrait comme la plus favorable des hypothèses.

Le Nasdaq risquerait alors bel et bien de venir re-tester la base du porte-voix, laquelle se situe désormais vers 2 250 points… C’est-à-dire au niveau du gap des 2 247 points du 10 septembre 2010.

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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