Annus horribilis pour ARCHOS

Rédigé le 9 novembre 2012 par | Mid et Small Caps Imprimer

Je voudrais revenir avec vous sur le dossier ARCHOS (FR0000182479). Car si j’ai pu croire au dossier par le passé, aujourd’hui, je crains que David Archos ne batte jamais Goliath Apple – même en données relatives, évidemment.

Rappelez-vous : en début d’année, ARCHOS prévoyait encore de dégager une marge brute annuelle autour de 20% avec une croissance de l’ordre de 50% de l’activité. On en est aujourd’hui bien loin puisqu’au premier semestre, la marge brute est ressortie à 6,6%, ce qui est vraiment très peu pour le secteur. Ensuite, sur la première partie de l’année, ARCHOS a perdu quasiment 8 millions d’euros en opérationnel. Le chiffre d’affaires est en berne avec un recul de 10% au troisième trimestre et une baisse de 1% sur les neuf premiers mois de l’année.

Je vous l’ai un peu expliqué dans mes news sur le site, mais le groupe est confronté à un dilemme intenable : il veut maintenir ses parts de marché, donc consent des rabais importants. Et dans le même temps, ses concurrents, APPLE (AAPL-Nasdaq) notamment, ne cessent de rivaliser en ingéniosité avec le lancement de nouveaux produits. Le challenge devient de plus en plus difficile à relever.

Résultat : la société perd de plus en plus en crédibilité auprès des investisseurs. Mercredi matin, ARCHOS décide d’annoncer une réduction drastique de 25% de ses effectifs. Ce plan vise à réduire ses frais fixes et à gagner en compétitivité. Or on apprend que ces suppressions de postes ont porté notamment sur l’évolution des équipes de Recherche et Développement ! C’est impensable si ARCHOS veut continuer à innover et à sortir des produits technologiques de haut et bon niveau ! Il n’y a pas plus de précisions actuellement.

Si en général ce type de mesures (la réduction d’effectifs) a tendance à faire monter les cours, le marché anticipant une augmentation de la rentabilité), il n’en fut rien cette fois-ci. Cette annonce a fait fortement reculer le titre qui a perdu 10% en deux séances, cotant désormais sous les 3,00 euros à 2,85 euros, et pour une capitalisation boursière de l’ordre de 74 millions d’euros. La baisse en cinq ans de l’action dépasse les 85%.

Alors cette fois, comment expliquer la réaction des investisseurs après cette annonce ? Tout simplement parce que le problème n’est pas de supprimer des postes mais bien de reconquérir des parts de marché. Une société qui réduit sa masse salariale est vue comme défensive alors qu’ARCHOS aurait eu besoin d’annoncer une stratégie offensive pour regagner le terrain perdu. Aux yeux des investisseurs, le groupe se recroqueville sur lui même et ne semble plus en mesure de rivaliser avec ses grands concurrents.

Pour que le dossier retrouve de l’intérêt auprès de la communauté financière, il faudrait peut-être que le FSI (le fameux Fonds Stratégique d’Investissement) entre dans la danse et s’invite au capital… Cette opération avait failli avoir lieu en 2009. A l’époque, le FSI voulait recapitaliser l’entreprise à condition que le P-DG du groupe Henri Crohas quitte le navire. L’homme fort du groupe avait refusé, provoquant la rupture des négociations, réclamant également une valorisation boursière trop importante.

Je crains que sans l’arrivée d’un actionnaire puissant avec de fortes capacités financières, le groupe en soit réduit au cours des prochaines années à jouer les seconds couteaux. Ce qui m’encourage également à vous recommander d’un point de vu boursier à ne pas toucher pour l’instant au titre. Il peut y avoir des rebonds de courte durée, mais certainement pas une hausse de long terme. Sauf si le FSI décidait finalement de revenir dans un dossier qu’il a jadis bien connu.

NDLR : retrouvez les conseils, les analyses, les recommandations boursières d’Eric Lewin dans sa toute nouvelle lettre confidentielle : Mes Valeurs de Croissance.

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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