L’angoisse de la macro plus forte que la microéconomie

Rédigé le 23 juillet 2012 par | Big caps, Mid et Small Caps Imprimer

Si j’avais terminé ce résumé de la semaine vendredi vers 12H00, j’aurai pu tranquillement titrer « la microéconomie prend sa revanche ». En effet, pendant quatre jours, on a jeté aux oubliettes les problèmes de dettes souveraines ou de récession pour se concentrer sur les résultats des entreprises avec des marchés en hausse. Nous avons même eu de nombreuses surprises, comme par exemple REMY COINTREAU (FR0000130395) qui ne subit pas du tout le ralentissement en Chine et dont les ventes de cognac accélèrent. La société peut se permettre de vendre des bouteilles de Cognac baptisées Louis XIII dans l’empire du Milieu à… 2000 dollars la bouteille ! (non, je ne me suis pas trompé d’un zéro). Avec de tels résultats, le cours a ouvert en gapsur les 90 euros.

Citons également les bonnes performances de PLASTIC OMNIUM (FR0000124570) parmi les équipementiers automobiles.

Jusqu’à la mi-journée, tout allait donc bien. Et puis, la macro a repris le dessus : la communauté de Valence a demandé l’aide de l’Espagne pour se refinancer… Une décision qui a provoqué une tension des taux longs espagnols à 10 ans au-dessus des 7%. Ce lundi matin, ils étaient à 7,4546% ! De quoi provoquer de longues nuits blanches pour Mariano Rajoy, le premier ministre espagnol.

_____________________Pour vous aider dans vos investissements______________________

La Grèce est au bout du rouleau ;

Aujourd’hui, les régions espagnoles demandent de l’aide.

La zone Euro est au bord d’éclater !

Les gouvernements et les organismes financiers se préparent au pire… et vous ?

Ils mettent en place des plans de prévention… se lancent dans des analyses, des projections, etc. Découvrez vite six mesures d’urgence à prendre avant l’éclatement de la Zone euro !

Finalement, les indices ont eu une performance hebdo médiocre et c’est l’euro qui a finalement payé le plus lourd tribut à cette mauvaise nouvelle hispanique en touchant un plus-bas de 2 ans sous les 1,21. Notez que mon collègue, Jérôme Revillier, spécialisé sur le Forex, avait bien vu cette chute depuis plusieurs semaines, la réaffirmant dès jeudi.

Vous me faites souvent part de vos réactions sur Tweeter. Vous allez me dire « vous êtes bien gentil mais cette baisse de l’euro va relancer nos exportations… » C’est vrai, sauf que ce net recul est surtout lié à une défiance des actifs européens et de la devise unique. Il ne faut donc pas trop se réjouir d’une perte de confiance dans le Vieux Continent.

Du côté de nos small caps, il y a eu beaucoup de publications semestrielles. Les nouvelles étaient diverses et variées : tantôt bonnes, tantôt décevantes voire médiocres. Mais je suis un éternel optimiste – au point de me faire souvent railler sur BFM ; mais on ne se refait pas et mon expérience des marchés me dit qu’il y a toujours des opportunités quand on fait du stock picking.

Je vais commencer par les bonnes nouvelles.

ORAPI (FR0000075392) a par exemple grimpé de 6,5% grâce à ses ventes semestrielles en hausse de 17% ; DMS (FR0000063224) a également pris 5% avec un excellent deuxième trimestre. Mais, comme je l’ai expliqué, il est possible que le fonds Boussard et Gavaudan, entré il y a peu à 0,17 euros par action lors de l’augmentation de capital, soit tenté de vendre des titres. La philosophie du fonds n’est pas de rester ad vitam aeternam actionnaire d’une société.

Notons également les 8% pris par AUDIKA (FR0000063752) ou encore les 6% gagnés par PIERRE ET VACANCES (FR0000073041). Les niveaux d’activité publiés par le groupe ne sont pas très bons mais la baisse a été tellement forte ces dernières semaines sur ces deux titres qu’on était presque à la braderie de Lille. Rendez-vous compte : PIERRE ET VACANCES ne vaut plus que 25% de ses fonds propres !

Passons maintenant aux mauvaises nouvelles et aux dossiers qui ont été massacrés et qui sont pour moi risqués.

CYBERGUN (FR0004031839) toujours plombé par ces mauvais résultats annuels, n’arrive pas à remonter la pente et perd encore 8%. Le groupe sera-t-il capable de faire face à ses échéances financières qui vont se bousculer d’ici un an ? Pas facile selon moi… Le dossier reste très dangereux.

Que dire également des 16,2% (et encore 5,90% ce lundi matin !) perdus par ARCHOS (FR0000182479) sur fond de ralentissement économique. Le groupe va devoir rogner ses marges pour conserver ses parts de marché… Une équation difficile à résoudre pour le spécialiste des tablettes tactiles qui perd quand même 50% en six mois.

Finissons par les 10% perdus par BIONERSIS (FR0010294462), maintenant en procédure de sauvegarde. Le marché du crédit carbone est complètement moribond et l’avenir de la société vraiment en suspens… Elle vaut autour de 3 millions d’euros actuellement. Evitez… car je préfère que vous vous concentriez sur les vrais bons dossiers.

Mots clé : - -

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

3 commentaires pour “L’angoisse de la macro plus forte que la microéconomie”

  1. @SCConfidentiel très bon article comme d’ habitude, Dms ne décollera que si resultats sont dans le vert, l Espagne va nous emmener bas.

  2. […] Dans le cas contraire, la société est très bien valorisée. C’est le cas par exemple avec REMY COINTREAU (FR0000130395) qui a un price to book de 4 ou encore d’HERMES (FR0000052292) qui vaut 10 fois ses fonds […]

  3. […] Dans le cas contraire, la société est très bien valorisée. C’est le cas par exemple avec REMY COINTREAU (FR0000130395) qui a un price to book de 4 ou encore d’HERMES (FR0000052292) qui vaut 10 fois ses fonds […]

Laissez un commentaire