Anbang : avez-vous entendu cette méga banque s'effondrer en Chine (1/2) ? | La Bourse au Quotidien


Anbang : avez-vous entendu cette méga banque s’effondrer en Chine (1/2) ?

Rédigé le 7 mars 2018 par | A la une, Toutes les analyses Imprimer

Le groupe d’assurances Anbang est l’une des institutions financières chinoises les plus dynamiques. Elle est réputée pour son énorme base de clients, son niveau de levier élevé et la rapidité avec laquelle elle réalise ses transactions.

Du moins jusqu’à il y a quelques jours…

Vendredi 24 février, Anbang a été reprise par le gouvernement communiste chinois. On peut qualifier cette prise de contrôle de « sauvetage (bailout) à la chinoise ».

Aujourd’hui, Anbang, en mauvaise santé financière, est mise sous tutelle de l’Etat chinois.

Puisque cette banque est « too big to fail », la Commission de régulation des assureurs chinois, instance de régulation financière de l’Etat, a pris le contrôle d’Anbang, mis en place une nouvelle équipe de direction et déclaré qu’elle gèrerait l’entreprise pendant 1 an, au moins, « afin de protéger les droits et intérêts légitimes des consommateurs et préserver l’intérêt public », selon le communiqué de presse diffusé.

Anbang n’est pas une compagnie d’assurances régionale de taille moyenne. Elle est gigantesque. Elle possède plus de 310 Mds$ d’actifs, plus de 35 millions de clients et des activités en Asie, en Europe et en Amérique du Nord.

Anbang a prospéré en vendant à ses clients un type d’assurance-vie appelé « Universal Life », qui ressemble plus à un produit structuré à haut rendement qu’à une véritable assurance. Anbang a vendu ces contrats via un réseau de succursales bancaires dans toute la Chine.

Le produit des ventes a été utilisé pour financer des acquisitions prestigieuses à l’étranger, notamment la chaîne d’hôtels Starwood, et l’emblématique hôtel Astoria, situé sur Park Avenue, à New York.

anbang compagnie d'assurance chinoise philippe bechade

Mais le business model d’Anbang pose problème : bon nombre de ces contrats d’assurance « Universal Life » exigent d’effectuer des versements à horizon de 3 à 5 ans, alors que les investissements d’Anbang sont illiquides et réalisés sur le long terme. Pour respecter ses obligations, la société a dû recourir à des prêts bancaires ou à la vente de nouveaux contrats d’assurance, selon un schéma de type Ponzi, où les fonds des nouveaux clients sont utilisés pour rembourser les anciens engagements.

Alors qu’Anbang s’endettait de plus en plus, et que l’écart grandissait entre ses engagements et ses actifs, les titulaires de contrats d’assurance sont devenus de plus en plus nerveux et ont commencé à exiger le remboursement de leur argent, au lieu de reconduire les échéances de leurs contrats. Une vague de retraits massifs était en train de s’amorcer. Les autorités chinoises sont entrées en jeu pour sauver les détenteurs de contrats d’assurance et prévenir une panique financière incontrôlable.

Anbang est un bon exemple de ce que l’on peut appeler « un effondrement accompagné ».

Vous entendrez beaucoup parler du désastre d’Anbang au cours des semaines à venir. Plus important encore, les investisseurs doivent prendre du recul, par rapport aux gros titres, et regarder sous un angle plus large les difficultés financières ainsi que l’effondrement du crédit imminent en Chine.

Nous verrons demain de quelle façon cela va se dérouler.

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Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

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