Anbang : avez-vous entendu cette méga banque s’effondrer en Chine (2/2) ?

Rédigé le 8 mars 2018 par | A la une, Toutes les analyses Imprimer

Hier, nous vous avons montré comment et pourquoi la faillite et mise sous tutelle d’Anbang le méga-assureur chinois, n’était que la partie émergée de l’iceberg… et présageait d’un cygne noir à venir sur les marchés mondiaux.

D’une part, le secteur financier chinois (banques, assurances, gestion d’actifs, circuits bancaires parallèles, etc.) est totalement insolvable. L’épargne des consommateurs a été utilisée pour financer des villes fantômes, des projets inutiles, la fuite des capitaux, les montages Ponzi, des dessous de tables et des pots-de-vin.

Il existe bien quelques actifs réels (leurs trains sont les meilleurs du monde), et de la croissance, mais vraiment pas assez pour couvrir les dettes qui ont été créées sous forme de dépôts bancaires, obligations d’entreprises, produits de gestion d’actifs, prêts entre sociétés, etc.

D’autre part, la Chine a suffisamment de réserves en devises fortes pour faire le ménage. La Chine va avoir besoin de devises fortes, outre les yuans qu’elle va imprimer, pour gérer la dette extérieure libellée en dollar.

En termes de mesures, la question qui se pose est la suivante, pour la Chine : quand et comment va-t-elle faire le ménage ? Si elle agit trop vite, elle risque de ralentir la croissance, la création d’emplois et de remettre en question la légitimité du Parti communiste.

Anbang: vers une contagion mondiale?

Si la Chine attend trop longtemps, elle risque de provoquer une panique incontrôlable et une crise des liquidités, ce qui pourrait devenir bien plus grave que le problème de départ, via la contagion. La contagion chinoise pourrait également se propager dans le monde.

Etant donné ce dilemme, la Chine tente l’approche dite « Boucle d’Or » : ni trop vite, ni trop lentement. Ce plan « Boucle d’Or » comporte trois parties :

  1. empêcher le problème de s’aggraver encore ;
  2. fermer les pires institutions de façon relativement transparente et « sans drame » ;
  3. gagner du temps en ce qui concerne le reste du système financier, et tenter de se sortir de ce problème.

Tout cela survient à un moment crucial, en Chine. Le Politburo du Parti communiste est en train de choisir le nouveau responsable de la Banque centrale. Les régulateurs financiers et les responsables du parti ne veulent pas faire tanguer le navire tant que cette délicate transition est en cours.

Par ailleurs, le Politburo du Parti communiste vient juste d’annoncer qu’il supprime la limite imposée au mandat présidentiel. Actuellement cette fonction se limite à deux mandats de 5 ans, mais cela va être supprimé. Le président actuel, Xi Jinping, va demeurer au pouvoir indéfiniment. Cela le place au même niveau que le président de la Russie, Vladimir Poutine. Xi est désormais « Big Xi », le dirigeant le plus puissant, en Chine, depuis la mort de Mao Zedong.

Si la Chine était frappée par une crise financière, Xi pourrait rapidement perdre ce que les Chinois appellent « le Mandat Céleste ». C’est un terme qui décrit la sympathie intangible et le soutien populaire dont les empereurs ont eu besoin pour régner sur la Chine au cours de ces 3 000 dernières années. Le terme s’applique aussi bien à cette nouvelle « dynastie paysanne » des dirigeants communistes, qu’aux empereurs des dynasties Ming, Tang et Qing, autrefois. Si un chef d’Etat perd le Mandat Céleste, alors sa chute est rapide.

La Chine sera-t-elle capable de s’en tirer avec cette approche « Boucle d’Or », pour éviter une crise du crédit potentielle ? Bien sûr que non, nul n’est aussi doué et chanceux. Mais les Communistes vont tenter de le faire et pourront peut-être maintenir à flot le plus grand Ponzi de l’Histoire pendant encore 1 an ou 2.

A la clé, il y aura tout de même une crise financière que les Chinois n’auront pas vu venir. Dans ce cas, les seules solutions, pour la Chine, seraient l’instauration du contrôle de capitaux, la dévaluation de sa monnaie, la nationalisation du secteur financier et l’emprisonnement des malfaiteurs.

Le scénario se noircit car le président Donald Trump vient de lancer une guerre commerciale totale contre la Chine en instaurant des tarifs douaniers sur produits et sur l’acier et l’aluminium.

Par ailleurs, Trump envisage d’infliger d’autres sanctions à la Chine, pour ses détournements de propriété intellectuelle. Trump interdit également à la Chine d’acquérir des entreprises américaines, en invoquant des motifs de sécurité nationale, via le CFIUS (Committee on Foreign Investment in the United States).

Le secteur financier chinois est pris en étau entre les contraintes intérieures imposées par le président Xi et les contraintes extérieures imposées par le président Trump. Tout cela va aboutir à un effondrement financier d’une ampleur sans précédent, en Chine, qui pourrait se propager au reste du monde et provoquer un krach de marché en Europe ainsi qu’aux Etats-Unis.

Dans l’une des versions du conte de Boucle d’Or, celle-ci manque de se faire dévorer par les trois ours, mais arrive à s’échapper de la maison pour s’enfuir dans les bois. Le Parti communiste n’aura peut-être pas cette chance.

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Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

En savoir plus sur le service d’Intelligence Stratégique.

Un commentaire pour “Anbang : avez-vous entendu cette méga banque s’effondrer en Chine (2/2) ?”

  1. Évidemment qu’il y aura un effondrement économique mondial ! Juste avec la raréfaction des ressources dont le pétrole, c’est absolument inévitable. Pour le pétrole, ce n’est pas qu’il n’y en aura plus dans les sous-sols mais que ça coûtera autant de pétrole pour l’extraire. Dans des sociétés comme les nôtres, il faut qu’un baril de pétrole investis pour l’extraction puisse rapporter 10 barils nets et, avec les pétroles de plus en plus difficiles à extraire ainsi que les pétroles de très mauvaises qualité (bitumineux au Canada), nous sommes à la limite du possible. Lorsque le pétrole des schistes des U.S. vont se tarir dans quelques années, toutes les activités humaines vont péricliter très, très rapidement.
    Vous pouvez consulter ce site: http://www.effondrement-economique.com qui vous donnera moult informations sur tous les sujets touchant à la fin des ressources: pétrole (qui ne peut être remplacé par les énergies dites vertes ), engrais, terres arabes, eau, etc. etc.

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