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Analyse trimestrielle de Pictet sur les marchés

Rédigé le 10 mai 2016 par | Actions, Analyses indices, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

J’ai assisté ce midi au point de conjoncture trimestriel de la banque helvétique Pictet. Lequel constitue un reflet assez fidèle du sentiment des marchés.

Les marchés semblent plutôt sereins… l’analyse trimestrielle de Pictet nous dit pourquoi.

Ces derniers ont enterré le scénario d’une seconde hausse de taux par la Fed au mois de juin (probabilité abaissée à 4%, la question est réglée pour les 4 prochains mois) pour privilégier celui d’un double tour de vis en septembre et décembre… A condition que l’économie américaine ne subisse pas un coup de frein au second trimestre, une hypothèse par ailleurs peu probable sur la base des données conjoncturelles présentes.

Le risque de récession US apparaît avoir été largement surévalué ces dernières semaines, même si les chiffres d’affaire des entreprises ont reculé de -2% en moyenne au 1er trimestre 2016.

Là où Pictet se veut rassurant, c’est la capacité de la Chine à gérer le problème des créances douteuses. Officiellement, Pékin reconnait que le taux de défaut potentiel est proche, mais reste inférieur à 2%.

Les agences non officielle chinoises estiment que le taux serait plus proche de 5%… et des observateurs occidentaux bon connaisseurs du marché du crédit local avancent un ratio égal ou supérieur à 10%.

En 1990, le système bancaire japonais avait explosé en vol pour moins que ça… Mais la BoJ de l’époque n’avait rien à voir avec la version 2012/2016 qui rachète la totalité de la dette à long terme nippone et qui promet d’aller encore plus loin en matière de taux négatifs.

Le patron de la BoJ, Haruhiko Kuroda, continue de croire dans les vertus d’une politique monétaire toujours plus expérimentale… à quand l’avènement de l’helicopter money ?

D’autre part, l’Italie continue de survivre à un taux de défaut potentiel de 12 à 13% : le système bancaire reste soutenu à bout de bras par la BCE.

La Chine qui est encore plus dirigiste ne peut pas faire moins que la BCE : elle épongera les créances douteuses aussi vigoureusement que cela s’avèrera nécessaire.

Le petite crainte à court terme, c’est le ralentissement des injections de crédit face aux risques de bulles qui se multiplient en Chine.

Pictet constate la « cherté » des marchés obligataires ayant un statut de « coffre fort » mais ne s’attend pas à une rotation sectorielle majeure en faveur des actions qui sont également généreusement valorisées, surtout à Wall Street.

En relatif, ce sont les actions japonaises qui apparaissent désormais les plus abordables (après la forte correction du début de l’année), les valeurs européennes viennent en second (avec des rendements qui ridiculisent plus que jamais ceux offerts par les bons du Trésor libellés en Euros, un bon tiers affichant des taux négatifs).

C’est peut-être du côté des dettes émergentes – y compris high yield que les gérants peuvent espérer les meilleurs « retours »: les rendements sont supérieurs de 4,5% en moyenne par rapport à ce qui se pratique en Europe et l’investisseur peut même espérer qu’une rotation sectorielle favorable aux « émergents » s’enclenche après 3 ans de désaffection (qui a culminé durant l’été 2015 avec les déboires du Brésil).

Pictet constate par ailleurs que ni le Brexit (à 50/50 dans les derniers sondages, marge d’incertitude comprise), ni l’investiture de Donald Trump n’ont crée beaucoup d’émotion à la City ou a Wall Street… jusqu’à présent. Cette indifférence des marchés est peut-être bon signe… ou pas !

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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