Amende BNP-Paribas : les nouvelles règles de l’Amérique

Rédigé le 2 juin 2014 par | Big caps Imprimer

Ce que révèle l’affaire BNP-Paribas (FR0000131104) c’est le vrai visage de l’Amérique – enfin, celle de ses représentants légaux, le peuple américain n’a plus le pouvoir d’y changer grand chose. C’est un coup d’éclairage salutaire sur la vraie nature de notre « allié » au moment où se négocient des accords secrets avec l’Europe sur le commerce transatlantique (au détriment des entreprises du Vieux Continent qui pourront être poursuivies devant la justice US pour n’importe quel prétexte).

Une Amérique protectionniste mais qui n’admet aucune restriction au libre-échange chez les autres (pour ceux qui l’ignoraient encore) ; une Amérique qui inflige quelques centaines de millions de pénalités à Goldman Sachs qui a ruiné la planète (Goldman n’a du payer au pire que de 10% de ses gains sur ses activités ouvertement illégales à la justice US), une Amérique qui, sous couvert d’une jurisprudence à géométrie variable, inflige une amende no limit à une banque française qui n’a rien gagné sur des transferts jugés RETROACTIVEMENT « illégaux » aux yeux du juge Holder qui veut se faire un nom en clouant une banque étrangère. Une Amérique qui s’octroie en permanence le privilège de la ré-interprétation unilatérale du droit en fonction de ses intérêts bien compris…

… Car la BNP n’a violé initialement aucune règle US ou internationale ; sa seule erreur : connaissant le risque d’une volte-face US en cas de débouclement de transferts en Dollars, elle a joué avec le feu.

Le jeu consiste maintenant pour BNP-Paribas à éviter de perdre sa licence et le statut, qui n’a pas de prix, de SVT (spécialiste en Valeur du Trésor), ce que le grand public ignore.

Mais l’affaire ne s’arrêtera pas là car le clouage de BNP-Paribas fera jurisprudence et n’importe quelle autre banque qui aura commis les mêmes « méfaits » pourra être tondue bien ras par la justice américaine (un chantage plus rémunérateur que les pathétiques enquêtes sur les manipulations du Libor qui ont coûté des dizaines de milliards aux entreprises)

A quand 100 Mds$ d’amende prononcée par Bruxelles à l’encontre de GS pour falsification des comptes de la Grèce, manipulation éhontée du Libor, des cours de l’aluminium, du cours d’Eurotunnel, d’Alcatel-Lucent et j’en passe (voir le dossier Goldman Sachs que nous avons développé ici) ?

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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