Altran Technologies sur la voie de la recovery ?

Rédigé le 12 janvier 2012 par | Big caps Imprimer

Comme vous l’expliquait mon collègue Jean Chabru au mois de décembre, le secteur de la Recherche et Développement externalisée (R&D externalisée) renoue enfin avec la croissance :

« Après un point bas atteint au deuxième trimestre 2009 dans la foulée de la (précédente) crise financière et de celle du secteur automobile qui a suivi, les performances des différents acteurs du secteur se sont depuis sensiblement améliorées, trimestre après trimestre. »

En Bourse, les acteurs de la R&D externalisée sont nombreux. Je pense notamment à Ausy, AKKA Technologies, Alten ou encore Assystem. Aujourd’hui je vais vous parler d’une société qui retient actuellement toute mon attention : Altran Technologies (FR0000034639-ALT). Et ce, non pas parce qu’elle est la plus rentable du secteur (Alten l’est beaucoup plus) mais, tout simplement, parce qu’après des semestres de déception, elle me paraît dorénavant beaucoup mieux orientée.

Pour commencer je vous propose de faire une rapide rétrospective du parcours boursier d’Altran Technologies. Si l’on se réfère aux cinq dernières années, on remarque que le titre a perdu 61% de sa valeur – la faute sans doute à une stratégie peu lisible pour les investisseurs et à des pertes importantes. Vous en conviendrez tout autant que moi, il s’agit-là d’une sévère contreperformance.

De son côté, la santé financière du groupe n’avait pas meilleure allure. Entre 2009 et 2010, il a perdu quelque 100 millions d’euros. Cela sans parler des luttes intestines qui opposaient le fonds Apax, principal actionnaire d’Altran Technologies, et l’ancien P-DG Yves de Chaisemartin (ce dernier a d’ailleurs été évincé en juin dernier au profit de Philippe Salle).

Bref, tout cela ne semblait pas très engageant. Pourtant, le groupe semble vouloir faire peau neuve et montre de forts signaux en ce sens.

_______________________________Pour vous aider dans vos trades________________________________

Inutile d’investir dans les pays où la croissance est en berne : il faut aller ailleurs !

Une sélection de valeurs exceptionnelles pourraient vous permettre de viser 324% de gains alors que la crise s’abat sur les économies occidentales : à vous d’en profiter maintenant…

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Nouveau P-DG, nouvelle stratégie
En octobre dernier, le nouveau P-DG du groupe (Philippe Salle donc) a présenté la nouvelle stratégie d’Altran Technologies. Le plan d’actions 2012-2015 – à mon sens assez cohérent – fixe trois objectifs principaux :

  • dynamiser l’activité ;
  • améliorer la profitabilité ;
  • dégager du cash.

En d’autres termes, le groupe cherche à renouer avec la croissance rentable et à maximiser le flux de trésorerie. Pour ce faire – et donc dans la perspective d’accroître le chiffre d’affaires –, l’heure est au recentrage. Altran Technologies a ainsi décidé de se concentrer sur les six pays dans lesquels sa part de marché lui permet de dégager une meilleure rentabilité : la France, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, l’Espagne et la Grande-Bretagne.

A ce stade, précisons qu’Altran vise un chiffre d’affaires de plus de 2 milliards d’euros à l’horizon 2015. Et ce, pour une marge opérationnelle courante comprise, en haut de cycle, entre 11 et 12%. Je vous l’accorde, pour le moment nous en sommes pas encore là. Sur 2011, la marge opérationnelle est attendue autour de 7% pour un chiffre d’affaires d’environ 1,5 milliard d’euros…

Quoiqu’il en soit, cette nouvelle orientation mérite d’être saluée, cela d’autant que la direction a envoyé un signal fort au marché en annonçant, en novembre dernier, vouloir se séparer d’ADL. Et c’est chose faite depuis peu. La transaction, qui permet au groupe de se désengager d’un actif déficitaire, a été entérinée le 2 janvier 2012 pour un prix de vente compris entre 13 et 20 millions d’euros.

Que vaut l’action Altran Technologie aujourd’hui ?
L’action, qui a peu réagi à cette annonce, ne gagne que 2% depuis le 1er janvier. Malgré la volonté affichée de renouer avec la croissance, les investisseurs semblent estimer qu’il reste encore beaucoup de travail à la direction pour retrouver un niveau de rentabilité satisfaisant. Pour autant, les estimations sur 2012 laissent penser que la rentabilité nette sera au rendez-vous avec environ 3% de marge nette.

Certes, ce n’est pas encore Byzance mais cela mérite d’être pris en compte. Pour l’heure, l’action reste en-dessous de la moyenne du secteur. En prenant des hypothèses conservatrices, on obtient ainsi les ratios suivants sur 2012 :

Ajoutons un flottant de 71% signifiant que la valeur est OPAble (cela ne veut pas dire qu’il y aura une OPA* car dans le secteur les opérations de fusion-acquisition ne sont pas faciles à réaliser) et vous obtenez une valeur qui mérite d’être gardée à l’oeil cette année.

* Décryptage : OPA (Offre Publique d’Achat)
L’OPA consiste pour une entreprise à acheter la majorité des actions d’une autre entreprise, et ainsi en devenir propriétaire. Généralement, l’entreprise qui veut racheter propose un prix par action supérieur au cours de la Bourse, pour inciter les actionnaires à vendre. On parle d’OPA « hostile » lorsqu’une société veut racheter une autre entreprise contre son gré. A l’inverse, une OPA peut-être « amicale ». On peut aussi financer une OPA en donnant des actions, c’est alors une OPE (Offre Publique d’Echange). Lorsque l’entreprise propose à la fois de l’argent et des actions, on parle d’OPA mixte.

Première parution dans Small Caps Confidentiel le 10/01/2012.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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