Altice qui sourit, Iliad qui pleure : retournement boursier dans les télécoms | La Bourse au Quotidien


Altice qui sourit, Iliad qui pleure : retournement boursier dans les télécoms

Rédigé le 22 mai 2018 par | A la une, Actions, Indices, sociétés et marchés Imprimer

Difficile de s’y retrouver dans ce monde des télécoms, toujours constitué de quatre opérateurs. Il y a quelques mois, un vent de panique soufflait en Bourse sur le dossier Altice (NL0011333752-ATC), maison-mère de SFR, suite à la publication de chiffres commerciaux plus que décevants. A l’époque, j’avais pris part à un débat sur BFM Business car la question de la survie de l’opérateur était posée… J’expliquais alors que je ne croyais pas à une faillite du groupe, même si la situation financière était plus que tendue.

A l’inverse, Iliad (FR0004035913-ILD) croulait à l’époque sous les éloges. Et pour cause : le propriétaire d’Iliad a su en quelques années s’imposer comme un acteur incontournable du marché, en menant une politique intensive de cassage des prix.

Les publications de la semaine dernière, encourageantes pour Altice et décevantes pour Iliad, ont toutefois complètement rebattu les cartes.

SFR reste en effet sur un solide premier trimestre 2018 avec les gains de 239 000 abonnés supplémentaires dans le mobile et 71 000 dans le fixe. Un net retour en grâce donc, après une baisse de 45 000 abonnés dans le fixe et le gain de 80 000 abonnés dans le mobile au terme du quatrième trimestre 2017. A la suite de cette annonce, le titre Altice a d’ailleurs repris plus de 12%. Il a certes sévèrement décroché hier, reperdant une partie du terrain gagné la semaine dernière, mais ce repli est surtout dû à la sortie de la société de l’indice MSCI.

Retour de la spéculation sur SFR

Concrètement, les actionnaires du groupe ont donné leur feu vert à la scission de la branche américaine Altice USA, tant et si bien qu’Altice Europe sort mécaniquement de l’indice MSCI. Il me semble néanmoins que l’action Altice est mûre pour rebondir, dans la mesure où SFR semble avoir pris les mesures commerciales (les contenus – presse, cinéma et sport – ne sont à présent plus inclus dans les forfaits et deviennent payants) pour repartir de l’avant.

Par ailleurs, lorsqu’on regarde la valorisation de la société, on ne peut pas dire que le titre soit très cher, avec par exemple un PER de 9 ou encore une VE/Ebitda de 6. Enfin, on observe un retour de la spéculation avec des rumeurs qui font état d’une possible vente de SFR. Or, quand bien même le retour à trois opérateurs est un serpent de mer sur lequel le marché spécule depuis des années, l’amélioration des positions commerciales de SFR rend cette hypothèse crédible.

Iliad perd du terrain sur le fixe

Du côté d’Iliad, maison-mère de Free, c’est un peu plus compliqué avec un cours de Bourse à son plus bas niveau depuis janvier 2013, en recul de plus de 30% depuis le début de l’année. Il faut bien comprendre que les chiffres n’ont pas été bons sur les trois premiers mois de 2018.

Certes, le groupe a encore gagné 130 000 abonnés dans le mobile, mais, pour la première fois de son histoire, il en a perdu sur le segment du fixe (-19 000). En conséquence, beaucoup s’interrogent sur le maintien de cette stratégie de baisse des prix, que tous les opérateurs pratiquent désormais. Il va sans doute falloir innover…

La direction du groupe vient d’être remaniée afin d’améliorer aussi bien l’offre fixe que l’offre mobile. Cette réorganisation sera-t-elle suffisante pour faire repartir l’action en Bourse ? Pas sûr, tant les dernières publications ont déçu. Et puis on ne peut pas dire que, contrairement à Altice, la valorisation reste assez élevée…

graph valeur action Iliad

L’action se paye actuellement sur un PER de 18, ce qui n’est pas donné, même si traditionnellement le titre s’est toujours payé très cher. Bref, il semble trop tôt pour revenir sur Iliad.

Qu’est-ce qui explique la tendance haussière des marchés européens ? Eric Lewin sur BFM Business

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias, conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management, responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance, consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

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Un commentaire pour “Altice qui sourit, Iliad qui pleure : retournement boursier dans les télécoms”

  1. La vente de SFR donc n’est pas une faillite de la direction ?
    Mettre dans le mur une si belle affaire, pas de pb, applaudissons ?
    Et (si) vendu, les autres entreprises en F de M Drahi ?
    Et ceux qui l’ont fait Roi ?
    Qu’aurait fait Bouygues d’SFR ?
    Feuilleton atypique ou typique ou emblématique ?

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