Altice : Patrick Drahi devra-t-il céder SFR ?

Rédigé le 28 novembre 2017 par | A la une, Actions, Indices, sociétés et marchés Imprimer

Force est de le reconnaître, le mois de novembre a été meurtrier pour Altice (NL0011333752)… Rien que sur novembre, le titre perd 55%, ce qui ramène sa capitalisation boursière à 10 Mds€, à peine.

Bien entendu, pas de mystère, SFR (50% du chiffre d’affaires) pèse lourdement.

ALTICE graph cours valeur novembre decembre 2017 prévisions plan trade

SFR et la dette pèsent

En effet, les résultats de l’opérateur télécom sont mauvais, et ses perspectives moribondes. Au troisième trimestre, il a perdu plus de 70 000 abonnés sur le segment « fixe » – très loin des performances de Orange, Bouygues Télécom ou Free. Sur le segment de la téléphonie mobile, SFR a enregistré un léger gain alors que ses concurrents, eux, signaient de très de fortes hausses…

La faute, peut-être, à la mise en place d’une vaste politique de réduction de coûts, qui a relégué le client au second plan de sa stratégie. Plus concrètement, le plan consistait notamment à réduire – pour ne pas dire supprimer – le nombre d’agences SFR. D’où la colère de bon nombre d’abonnés, passablement irrités de devoir passer de très longues minutes (heures) avec la hotline téléphonique pour, au final, ne pas trouver satisfaction à leur demande.

Mais ce n’est pas tout. Altice doit également composer avec une dette de quelque 50 Mds€ ; fruit d’une politique d’acquisitions menée au pas de charge (on se rappelle-même des tentatives de rachat de Bouygues Télécom et de la bataille avec Xavier Niel en 2015)…

Vers une politique de cession d’actifs

Alors, certes, les premiers remboursements n’interviendront qu’en 2022. Certes, 85% de cette dette est à taux fixe – aucun impact en cas de remontée des taux. Certes, aucun risque n’est à prévoir avec l’activation des covenants bancaires. Mais, cela n’écarte pas le fait que la situation reste délicate.

Bon nombre d’opérateurs partagent cet avis. Et beaucoup d’entre aux appellent Altice à mener une vaste opération de cession d’actifs. On évoque ainsi par exemple la cession du journal Point de Vue ou encore des activités du groupe en République dominicaine. Bien que numéro 2 du secteur dans le pays, Altice ne ne tirerait cependant pas grand-chose d’une telle cession : à peine 2,5 Mds€, une bagatelle, à peine 3% du chiffre d’affaires.

Aussi, certains observateurs se tournent déjà vers la vente de Portugal Télécom, beaucoup plus gros… Mais qui ne pèse pas plus de 8 Mds€…

En fait, soyons clairs, rien ne dit que la vague de cessions d’actifs envisagée par les uns et par les autres soit réellement suffisante pour redresser les finances d’Altice.

Jean-Marie Messier et Patrick Drahi même combat ?

De là à comparer Altice au Vivendi de Jean-Marie Messier… Il y a certes quelques similitudes mais surtout un contexte bien différent.

Le Vivendi des années 2000 affichait une dette de 33 Mds€. A l’époque, Jean-Marie Messier disait croire à la convergence tuyaux-contenus. Un peu trop visionnaire à l’époque, cette conviction s’est matérialisée depuis puisque, effectivement, aujourd’hui il n’y a rien de plus simple que de regarder des vidéos sur son téléphone portable.

De même, et contrairement à Altice et à Patrick Drahi dont la fortune est en grande partie logée dans le groupe, Jean-Marie Messier n’était pas l’actionnaire principal de Vivendi. Il pouvait donc se permettre de dépenser à tout-va sans mettre son patrimoine en péril, ce qui n’est pas le cas de Patrick Drahi.

Mon avis sur Altice altice chute cours Aaction hebdo 28 novembre 2017 actu en direct des marchés financiers graphe

Après cette chute de 55%, faut-il revenir sur le titre ? Si on compare le groupe à ses concurrents, effectivement, le dossier est peu cher puisqu’il se paye sur un PER de 9 aux cours actuels ; contre plus de 25 pour Iliad (Free). Les deux sociétés ne sont toutefois pas dans ma même dynamique commerciale… De fait, la comparaison est plutôt malaisée.

Cela dit, le plus-bas historique du groupe n’est plus très loin. Le titre cote 7,19€ ce matin, et son plus-bas est à 6,37€. Sans doute le titre ira-t-il tester ce niveau avant de rebondir…

Mais, pour qu’un rebond puisse prendre forme durablement, il faudra que la direction formule des annonces concrètes de cessions d’actifs et fasse un point précis sur ces chiffres commerciaux.

Si ces derniers montrent des signes d’amélioration, aussi bien dans le fixe que dans le mobile, alors je pense que le pourra revenir sur les 10€. Dans le cas contraire cela risque d’être un peu plus compliqué pour le groupe et son titre…

Bref, il est encore un peu tôt pour revenir sur le titre. Attendez que les plus-bas soient touchés, et ensuite, observez la réaction du titre et analysez les fondamentaux. Et je sais que Mathieu fait un focus sur ALTICE dans son analyse du jour, et vous dira quand vous positionner sur le titre rapidement (pour suivre les conseils de Mathieu au jour le jour et savoir quoi faire sur les marchés, c’est par ici).

 

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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Un commentaire pour “Altice : Patrick Drahi devra-t-il céder SFR ?”

  1. Comment améliorer la compétitivité? en réduisant les coûts, mai c’est bien sur la solutions miracle!!!
    Mais c’est la plus vaste blague qui a coulé bien des entreprises!!!
    On améliore la compétitivité par la réputation, par la recherche, par la rigolade s’y l’on y tient, mais pas par les coûts!! Cela ne sert qu’à présenter des bilans financiers trompeurs!!!
    Drahi a foncé dans le piège ; nous verrons comment iil s’en sortira s’il s’en sort.
    Il n’est malheureusement pas le seul à penser ainsi.

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