ALSTOM : exemple de l’absurdité des marchés

Rédigé le 23 janvier 2012 par | Autres indices, Big caps Imprimer

Tout a été fait depuis le lundi 16 janvier pour permettre au CAC 40 de « transformer l’essai » du franchissement (sous forme de gap) de la résistance des 3 230/3 250 points, un gros obstacle graphique et psychologique de moyen terme. Puis, le débordement des 3 300 points à la veille de la séance des trois sorcières (du vendredi 20 janvier) est interprété comme une percée décisive en direction des 3 400 points.

Graphique: CAC 40
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Ce n’est donc pas un hasard si le CAC 40 grimpe de +1,5% à 3 315 points à la veille du basculement vers une nouvelle échéance (février) sur tous les instruments dérivés. Ce score en lui-même n’était pas absurde compte tenu de la hausse des places asiatiques des trois séances précédentes et du succès des dernières émissions d’OAT en France puis de dette à 5, 7 ou 10 ans en Espagne.

D’où vient cet optimisme béat ?
Beaucoup de commentateurs invoquent un « rattrapage », d’heureux concours de circonstances, un recul du pessimisme… Ne serait-ce que mon collègue Eric Lewin dans ses analyses sur les small caps ! Mais chaque jour supplémentaire qui s’inscrit dans une tendance haussière fait perdre la mémoire à ceux qui souhaitent qu’un tel mouvement se prolonge indéfiniment. Et peu importe qu’aucun des problèmes de gouvernance ou de refinancement de la zone ne soit réglé, peu importe que les valeurs françaises affichent déjà +12% en un mois : la veille de la séance des trois sorcières, une nouvelle progression au-delà des 3 290 points était du pain béni. Les opérateurs se concentrent sur le graphique, rien que le graphique !

Ils occultaient bien volontiers le niveau de surachat assez impressionnant des indices boursiers de part et d’autre de l’Atlantique : il fallait tenir la hausse au-dessus de ce niveau, coûte que coûte jusqu’à vendredi 16h. Le ratio hausses/baisses est de 5/1 outre-Atlantique : il n’y a plus qu’un sens sur le marché depuis le 16 décembre dernier (journée des quatre sorcières).

La liquidité est de retour
Entre-temps, la BCE a injecté 490 milliards d’euros dans le système bancaire – et non pas dans l’économie – sous forme de LTRO. (Refinancement à trois ans dont Mory Doré vous avait très bien expliqué le principe dans son article.) Si cela ne résout pas, la faillite de la Grèce ou celle, potentiellement menaçante, du Portugal, une chose est désormais sûre : le risque de manque de liquidité n’est plus d’actualité.

Une nouvelle fois, un problème de dette est résolu par l’émission d’encore plus de dettes. Magnifique.

Mais il n’y a pas que la planche à billets. Il y a également une singulière façon d’orchestrer l’envol du CAC 40 : les opérateurs se concentrent depuis le 16 janvier sur une courte sélection de valeurs.

Cette short list inclut pratiquement toutes les financières du SBF 120 (une demi-douzaine de titres), puis le secteur automobile (les carburants et les composants en plastique sont au plus-haut historique… mais encore une fois, cela n’a pas d’importance) et enfin quelques valeurs à fort béta comme BULL (+10% en quelques heures le 18 janvier puis stagnation complète le lendemain) ou ALSTOM.

ALSTOM : illustration de l’absurdité des marchés
Tenez, regardons ce qui se passe sur ALSTOM. C’est vraiment emblématique d’une forme d’imbécillité que cultivent jalousement les marchés. Ce titre, de l’avis quasi unanime des opérateurs, n’avait aucun intérêt, c’était de la dead money au soir du mercredi 18 janvier. Le lendemain matin, les résultats paraissent. Un gap s’ouvre à la hausse au-dessus des 25 euros et ALSTOM est devenu en quelques secondes un incontournable fleuron du CAC 40, une véritable fusée à la hausse et qui prend +13% qui s’envole vers les 28 euros.

Il avait fallu un mois plein pour passer laborieusement de 22 à 25 euros (+13,6%) sur le titre… Il n’a fallu que trois heures pour en gagner autant et retracer le zénith de clôture des 27,92 euros du 8 novembre 2011.

Graphique: Alstom
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Cela nous laisse une impression, non pas de « bourse-casino » mais plus basiquement de bonneteau : il n’y a rien sous le godet… le marché opère une discrète substitution et bingo, on double la mise.

Comme à chaque fois, celui qui gagne, c’est le baron (le naïf chanceux qui sert en fait de complice au bateleur) tandis que les autres joueurs qui essaient de suivre la pièce perdent régulièrement leur mise… Sauf ceux qui misent sur le pur hasard – car oui, la chance leur sourit statistiquement une fois sur trois ; mais cela ne suffit malheureusement pas pour faire une longue carrière en Bourse.

Alors, si le CAC 40 se met à gagner à tous les coups, c’est justement parce qu’il n’y a pratiquement personne autour de la table et que les gagnants jouent entre eux.

Dès que le public non averti tentera de prendre la partie en cours, appâté par l’objectif devenu si proche des 3 400 points, il récoltera les conséquences du niveau de tension des oscillateurs (MACD, RSI, stochastiques) qui retrouvent leurs niveaux de la fin juin 2011, juste avant que la tendance se retourne avec la violence dont chacun se souvient…

Peu importe que le marché ait tort ou raison…

… ce qui vous importe c’est de jouer ces mouvements et d’en profiter !

Les résultats de la stratégie de « l’Onde de choc » de Mathieu Lebrun sont spectaculaires – voyez plutôt les gains qui ont été réalisés récemment :

  • +22% sur l’argent en 24 heures ;
  • +51% sur le Nasdaq en 3 jours ;
  • +11% sur BIC en 5 jours ;
  • +36% sur le Royal Dutch Shell en 4 jours.

Mathieu vous explique sa stratégie en détails ici… Découvrez-la sans attendre cela pourrait être la solution pour faire fructifier votre portefeuille malgré ce qui se passe en ce moment sur la planète finance !

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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