Allons, essayons d’être optimistes !

Rédigé le 9 septembre 2011 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Des mauvaises nouvelles, encore des mauvaises nouvelles, toujours des mauvaises nouvelles…

Depuis des semaines, le marché ne cesse de broyer du noir et échafaude tous les scenarios possibles pour s’angoisser : sortie de la Grèce de la Zone euro, entrée en récession des Etats-Unis, faillite d’une grande banque française… Sans parler des déclarations des uns et des autres sur une recapitalisation nécessaire de certaines banques européennes.

Mais la réelle activité des entreprises ne fléchit pas

Bizarrement pourtant, du côté des entreprises, on ne partage pas ce pessimisme ambiant. En début de semaine, je vous ai parlé d’OSIATIS qui a eu le culot, en période de crise, de relever ses prévisions de marge opérationnelle* sur 2012…

HAULOTTE GROUP (FR0000066755 – PIG), le spécialiste des nacelles élévatrices, indique dans ses derniers commentaires que son carnet de commandes a été multiplié par deux depuis le début de l’année et vise une croissance de l’ordre de 30% de son chiffre d’affaires sur l’ensemble de l’exercice actuel.

Et à côtoyer plusieurs P-DG, je n’ai pas l’impression que ce soient des cas isolés. Les patrons restent pour l’instant encore confiants sur leur activité, et ne voient pas, à leurs niveaux, de signes de la catastrophe qui ébranle les marchés — évidemment, après il faut analyser chaque secteur.

Dans leur ensemble, les résultats semestriels des small et mid caps sont mitigés : seulement 22% des sociétés font mieux que prévu… Certes, les analystes revoient leurs prévisions en baisse dans la plupart des cas pour tenir compte du ralentissement économique et de l’envolée des matières. Mais tout cela n’est-il pas pricé dans les cours actuels ?

A l’heure où je vous parle, l’indice CAC Small est en recul de 8,7% depuis le début de l’année et de 22% par rapport à ses plus hauts annuels.  Et j’ai désormais tendance à croire que l’ensemble des mauvaises nouvelles est maintenant intégré dans les cours. Un des ratios que j’affectionne particulièrement, lorsque je fais mes analyse de small, va dans ce sens : il s’agit de la VE/ROC.

La VE/ROC indique une sous-valorisation manifeste

VE/ROC… en terme français, c’est la valeur d’entreprise rapportée au résultat opérationnel courant. Le ROC, c’est un résultat opérationnel classique ; il traduit l’accroissement de richesse dégagé par l’activité de l’entreprise. Ce ratio est un très bon indicateur car il allie l’activité de l’entreprise, sa situation financière et la valeur boursière.

Eh bien, dans les valeurs que je regarde de près, il y a de nombreuses aberrations. Ainsi, CAST (FR0000072894 – CAS), un éditeur de logiciel d’analyse de langage, destiné aux professionnels de l’informatique, se paye actuellement sur une VE/ROC de 4. Même tendance par exemple pour BIGBEN INTERACTIVE (FR0000074072 – BIG), qui vient de jeter son dévolu sur MODELABS (FR0010060665 – MDL) il y a quelques mois. La valeur se paye sur une VE/ROC de 3,7.

Prenez également INFOTEL (FR0000071797 – INF), une SSII high tech spécialisé sur les systèmes d’information. Elle a quelque peu déçu les investisseurs en dégageant une marge opérationnelle au S1 en recul de 1,1 point à 8%. Mais elle devrait stabiliser ses marges autour de 8,8% sur 2011, soit sensiblement les mêmes niveaux qu’en 2010. Est-ce que cela justifie qu’on paye le titre sur une VE/ROC de 4,8 alors que le rendement du titre dépasse actuellement les 4% ? A mon sens, évidemment que non.

Bien sûr, on ne peut exclure une nouvelle attaque de panique sur les marchés avec un indice CAC 40 qui irait autour des 2 600… voire reviendrait sur les 2 400 points.

Restez cash à 50%

Mais dans ce cas-là, la remontée serait assez fulgurante. C’est pour cela que je vous recommande de conserver du cash et de n’investir actuellement que 50% de votre cash sur des actions très ciblées en gardant l’autre moitié au cas où… Je vois le verre à moitié plein, et dans les 50% de votre cash disponible, un énorme potentiel de valorisation dès que les marché rebondiront.

Vous voulez d’autres points positifs ? Eh bien, il faut savoir que les grandes entreprises ne cessent de racheter leurs propres titres : BOUYGUES a racheté 11,7% de son capital avec une prime conséquente de 30% par rapport au dernier cours coté.

Les opérations réalisées par les entreprises du SBF 120 dépassent les 4 milliards d’euros depuis le début de l’année, ce qui représente déjà 20% de plus que l’ensemble de l’exercice 2010.

Certains esprits chagrins estiment que racheter ses titres équivaut à une absence de stratégie d’investissement ; mais dans la conjoncture actuelle, je l’interprète comme une volonté farouche de signifier aux investisseurs que la sous-valorisation du titre est manifeste. Cela prouve également que les entreprises françaises sont très bien gérées et se trouvent assises parfois sur des montagnes de cash.

Bon, vous avez compris mon message : restez positifs et restez cash

De toute façon, sur une longue période, il n’y a pas de meilleur placement que les actions. L’obligataire et le monétaire ne rapportent rien à moins d’aller sur de la dette grecque…

_____________________Pour vous aider dans vos investissements______________________

Avez-vous ces cinq valeurs en portefeuille ?

Elles pourraient être la clé des profits en 2011, malgré la crise : solidement, facilement et en toute simplicité. Mettez-les au fond de votre portefeuille, oubliez-les… et rendez-vous en fin d’année pour voir où en sont vos profits !

Tout est là

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* Décryptage : marge opérationnelle ou marge d’exploitation

Cette marge présente le rapport entre le résultat d’exploitation (résultat opérationnel) et le chiffre d’affaires de l’entreprise. Par exemple, si une entreprise réalise des ventes à hauteur de 100 millions d’euros et que son résultat d’exploitation atteint 10 millions d’euros, la marge est de 10%.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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