L’Allemagne risque bel et bien de sortir de l’euro

Rédigé le 16 novembre 2011 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Telle est, en tout cas, l’information du Docteur Pippa Malmgren, ancienne conseiller économique du Président américain. Entre rumeurs de plus en plus insistantes et désinformations… il est difficile d’y voir clair. Simone Wapler avait essayé d’analyser dans ces lignes une première rumeur sur le sujet.

Suite aux premières déclarations de Mario Draghi, je vous expliquais alors que la sortie de l’Allemagne de la zone était une éventualité étant donné que la seule solution serait la planche à billet… ce que refuse l’Allemagne.

« Nous attendons pour les prochains mois la mise en marche de la planche à billets. Si les attaques se poursuivent contre l’Italie, ce sera la seule solution envisageable. Jusqu’à présent les Allemands refusent totalement cette solution. Si la situation s’aggrave, ils devront accepter le recours à la planche à billets, ou… sortir de l’euro. La sortie de l’Allemagne de l’euro est le scénario le moins envisagé et pourtant à notre sens c’est celui qui a le plus de chance de se produire ». (lire tout l’article ici)

D’un point de vue purement intellectuel, la sortie de l’Allemagne de la zone euro serait une hypothèse relativement « élégante » bien que ce soit celle dont on parle paradoxalement le moins. Et pourtant…

Selon Docteur Pippa Malmgren, les Allemands sortiront de la monnaie unique dès que la survie de la zone euro sera irrémédiablement compromise par exemple avec la faillite de l’Italie qui, hélas, se profile dangereusement à l’horizon. Si la Grèce était « sauvable » – avec une dette de seulement 350 milliards d’euros –, avec l’Italie nous sommes dans un tout autre ordre de grandeur puisque la dette italienne avoisine les 2000 milliards d’euros.

L’ensemble des pays de la zone euro souhaite pouvoir monétiser les dettes souveraines – à savoir faire fonctionner la « planche à billets » comme c’est le cas au Royaume-Uni, aux Etats-Unis ou encore au Japon, pays qui bien que plus endettés que nous, ne sont pas inquiétés par les marchés.

Or, comme je vous le disais plus haut, de cette solution, les Allemands de veulent pas. Pour une raison simple. La dernière fois que l’Allemagne a utilisé la « planche à billets » c’était dans les années 20. Le résultat ? Une hyperinflation tellement violente que l’Allemagne fut ruinée, ouvrant la porte à l’avènement du nazisme et à la deuxième guerre mondiale. En 1945, l’Allemagne est détruite, humiliée, coupée en deux, sous occupation étrangère et responsable du plus abject des génocides… Bref un bilan lourd et traumatisant qui, dans l’esprit collectif allemand, a pour cause originelle… une utilisation abusive de la « planche à billets ».

Or si la BCE ne monétise pas, l’ensemble des autres pays européens courent à la catastrophe et à la faillite. Une sortie de l’Allemagne de la zone euro permettrait à l’ensemble des autres pays d’utiliser les mêmes armes monétaires que l’ensemble des autres pays comme le Japon ou les USA. L’Allemagne garderait quant à elle le contrôle strict de se nouvelle monnaie. Pour nos amis Allemands l’inflation est un poison. Ce qui est sûr c’est que l’Italie sonne l’heure de vérité pour l’Europe et la zone Euro.

Par Charles Sannat, Direction de la Recherche Economique d’AuCoffre.com

Mots clé : - - - -

Charles Sannat
Charles Sannat

3 commentaires pour “L’Allemagne risque bel et bien de sortir de l’euro”

  1. […] Avant d’entamer la suite de nos indicateurs de crise, je voulais juste vous informer que mon collègue, Charles Sannat, avait publié sur le site un article sur le fort risque de sortie de l’euro de l’Allemagne. Je ne sais évidemment pas si l’Allemagne sortira ou pas de la zone. Mais c’est une possibilité dont on entend de plus en plus parler, et il est vrai que les arguments ont du poids et font sens. Bon, ce n’est pas mon sujet ce jour, mais je vous conseille toutefois de lire son article. […]

  2. Bonjour,

    Pourriez-vous m’expliquer pourquoi personne ne parle de revenir sur « la faute originelle », c’est à dire d’avoir fait de l’euro une monnaie unique au lieu d’un faire une monnaie commune ?
    Pas de politique fiscale commune = pas de politique économique commune = pas de monnaie unique possible sans tremblement de terre au bout de quelques années, quand les divergences des économies et l’impossibilité de les corriger y conduisent.
    Faire aujourd’hui de l’euro une monnaie commune avec une marge de fluctuation entre les monnaies nationales et l’euro suffisamment faible pour décourager la spéculation, permettrait de lui conserver sa fonction de monnaie de réserve et de transaction internationale. Le temps retrouvé pour les divers pays de rétablir les équilibres serait aussi utilisé pour faire converger les politiques fiscales.

    Cordialement.

  3. […] d’ailleurs ce que Charles Sannat vous disait il y a quelques temps (lui, croit plutôt à une sortie de l’Allemagne, et sur ce point, nous […]

Laissez un commentaire