Alexandre de Juniac quitte la direction d’Air France-KLM

Rédigé le 6 avril 2016 par | Actions, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Le départ surprise d’Alexandre de Juniac, quittant ainsi la direction d’Air France-KLM (FR0000031122) pour prendre celle de l’IATA, a fait la Une de tous les médias. L’événement a été évoqué dans un bref sujet à la grand-messe du 20H sur les chaînes publiques et privées.

Air France-KLM : des salaires de haut vol… et une rentabilité vouée à un atterrissage brutal ?

Beaucoup de questions sur les motivations d’Alexandre de Juniac se posent. Pourquoi un PDG quitterait-il prématurément un tel fleuron du SBF-120 ?

En fait, l’actionnaire peut se montrer doublement contrarié de voir s’envoler le capitaine vers les cieux plus riants de l’IATA car la chute de -7% du titre (vers 7,45€) efface tout le terrain repris depuis la mi-février, en grande partie grâce à la baisse du prix des carburants.

Le coût des carburants est une chose, le coût des pilotes en est une autre. Nous ne sommes pas là pour juger si les pilotes sont surpayés, et ceux d’autres compagnies sous-payés (c’est probablement le cas chez les 2 principales compagnies européennes low cost où un copilote débutant gagne à peine plus qu’un chauffeur de bus à la RATP). Il est cependant difficile d’occulter les chiffres suivants.

Quelques chiffres pour comprendre le départ d’Alexandre de Juniac

Un pilote d’Air France gagne en moyenne 14000€ alors que son collègue de KLM gagne 11200€. Il y a 2800€ de perdus rien qu’en survolant la Belgique !

2800€, c’est le salaire moyen dans le cockpit de grandes compagnies basées en Irlande et en Espagne, que nous ne citerons pas, car il y en a d’autres en Europe, que ne se montrent pas beaucoup plus généreuses.

Chez British Airways, le salaire tourne autour de 6500€, mais les pilotes volent 750 heures par an, contre 660 heures chez Air France et 850 heures chez Ibéria (où les salaires volent au ras des pâquerettes).

Juniac a t-il estimé que le sujet des salaires était insurmontable tandis que l’ère du carburant à bas coût touche à sa fin, ce qui refermerait la parenthèse enchantée qui avait permis à Air France de rivaliser – au moins boursièrement – avec Lufthansa ou British Arways ces derniers mois ?

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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