Airbus : attention au trou d’air

Rédigé le 4 décembre 2017 par | Actions, Big caps, Indices, sociétés et marchés Imprimer

Airbus (NL0000235190 – AIR) vient de toucher l’objectif du consensus (89€), se paye fort cher même au « standard » actuel (PER de 26), et est exposé à une baisse du dollar. Autant dire que la valeur se trouve dans une situation technique qui risque de provoquer un trou d’air. Alors à partir de quand, jusqu’où et à quelle vitesse ?

C’est ce que nous allons voir.

D’abord, le graphique hebdo.

Premier warning : Airbus arrive sur trois résistances

Bonne nouvelle pour le constructeur aéronautique : la tendance est doublement haussière… pour l’instant. En effet, le titre évolue dans un canal haussier de long terme (le canal bleu) et dans un autre de moyen terme (le canal vert).

Vu comme ça, ça à l’air encourageant. Sauf que même dans les tendances haussières, les valeurs subissent des corrections. Et que ces corrections ont la vilaine tendance à se mettre en place quand les résistances sont touchées.

Et là, pas de chance : Airbus vient d’en toucher trois d’un coup.

Airbus Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Les deux premières résistances sont celles des canaux haussiers. La troisième, c’est la résistance horizontale « R » qui correspond au report d’amplitude (les flèches orange verticales) des précédents seuils horizontaux. Ces niveaux ont donné lieu à de fortes réactions des prix. J’ai placé quelques pastilles à la volée pour vous montrer les réactions des prix aux contact de ces niveaux. Vous avez soit des « cassure » avec de fortes accélérations (pastilles rouges), soit des rebond/correction (pastilles bleues).

Dans tous les cas, ce sont des zones sensibles où la probabilité qu' »il se passe quelque chose » est importante.

Vous l’avez compris, c’est donc sur ces niveaux qu’il est intéressant de se positionner pour trader.

Nous avons donc les prix qui buttent sur ces trois résistances en même temps : premier warning.

Deuxième warning : Airbus monte dans le vide

En fait, c’est le comportement de l’action qui est particulièrement dangereux. La forte hausse de moyen terme, depuis la mi-2016 (canal haussier vert) s’est faite en mode « pilote automatique ». Avec personne, ou pas grand monde, à bord.

Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder le taux de participation des acheteurs grâce à l’On Balance Volume (OBV).

L’OBV mesure les flux de capitaux qui s’échangent sur un actif. Si l’OBV monte, c’est qu’il y a des flux acheteurs, ce qui confirme la tendance en cours. Une hausse avec une participation c’est évidemment le minimum syndical pour qu’un mouvement soit « sain ».

Par contre, une hausse sans participation, c’est dangereux.

Regardez à présent l’OBV : il évolue à l’horizontal depuis mi-2016 (rectangle horizontal vert), alors que les cours sont (très) haussiers.

Mon interprétation de cette « anomalie » ? C’est qu’il n’y a que quelques (rares) acheteurs, mais pratiquement pas de vendeurs pour venir les contrer. Et comme Airbus fait partie du CAC40 et que le CAC « monte », alors les algos font le minimum syndical en portant l’action à la hausse sans se poser de question. Se poser des questions, ce n’est pas exactement la spécialité d’un algo de toute façon.

Bref, on est monté dans le vide. Ça peut continuer. Mais c’est dangereux. Particulièrement quand vous touchez trois résistances d’un coup.

Au niveau purement technique, l’indicateur de tendance MACD commence justement à marquer le pas (pastille orange). Si, dans les jours qui viennent, il se retourne à la baisse, alors le risque de correction sera important et le premier objectif sera le point pivot « P » vers 77€.

Airbus part en looping

Aujourd’hui, je ne vous soumets qu’un seul graphe, en hebdo, sans passer à l’unité de temps inférieure. La raison en est qu’en ce moment, il ne faut pas être trop réactif. Le CAC se prend de violents contre-pieds successifs entre 5 300 et 5 400. Et de ce fait, Airbus part chaque jour en looping au gré des ajustement des algos qui tentent de gérer le CAC40 selon l’évolution des indices US.

L’autre raison, c’est que les opérations de toilettage des bilans de fin d’année vont commencer. Autrement dit, les gérants vont revendre les actions sur lesquelles ils se sont plantés (pour qu’elles n’apparaissent pas lors du rapport de fin d’année). Et à la place, ils vont acheter des valeurs qui ont super bien performé pour faire « comme si » ils avaient eu le nez creux et montrer le sérieux de leurs gestion. Et comme Airbus a très bien marché cette année (+40%), inutile de vous faire un dessin…

Bonne semaine à tous,

Gilles,

 

 

Les commandes d’Airbus s’envolent grâce à Indigo, le cours du titre également

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Gilles Leclerc
Gilles Leclerc
Trader

Gilles a tout d’abord commencé dans la grande finance. Avec un MBA de la prestigieuse université américaine de Hartford, il a ensuite intégré la direction Financière IBM Europe et ensuite d’IBM Corporation (headquarters mondial). Puis, peu à peu, la passion boursière le gagnant, il s’est tourné vers les activités de trading.

Cela fait maintenant 20 ans que Gilles trade sur les marchés et il se consacre exclusivement à cette activité depuis une dizaine d’années.

Dès 2008, il fut l’un des premiers à pressentir les modifications profondes qu’allaient occasionner l’utilisation intensive des algorithmes sur les marchés financiers ; il a su s’adapter en mettant en place de nouvelles stratégies de trading répondant à ce nouvel environnement. Il créa donc son propre système de trading tout à fait spécifique et basé sur des concepts innovants.

De façon à prouver la validité de son approche, il reste l’un des rares traders/analystes à poster régulièrement ses prises de position en « Live » sur un site d’Analyse Technique de renommée ( Univers Bourse ) où il partage l’intégralité sa méthodologie.

Il intervient désormais dans La Bourse au Quotidien afin de partager son expérience et de proposer ses analyses et sa méthode au plus grand nombre.

2 commentaires pour “Airbus : attention au trou d’air”

  1. Quand je pense que mi-2012, tous les insiders de l’aéronautique (Airbus, Safran…) cherchaient à vendre leurs parts, pensant qu’elles allaient s’effondrer…

  2. @david: je pensais la même chose en regardant les banques toutes condamnées à faite faillite selon les « experts » et qui ont fait +80% finalement…je n’écoute plus ces charlots qui font l’inverse de ce qui’ils racontent.
    Merci à Giles pour ses articles!

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