Ryanair et Air France : il n’y a pas photo

Rédigé le 28 juillet 2015 par | Big caps, Toutes les analyses Imprimer

Une progression de 1880% depuis son entrée en bourse, en 1999, autour de 0,70 €, et de 608% depuis son plus bas de 2008 au plus fort de la crise financière… une capitalisation boursière de plus de 16 Mds€…

Quelque 30 ans après sa création, Ryanair (IE00B1GKF381) demeure une incontestable réussite dans le monde si concurrentiel du transport aérien où il faut en permanence se renouveler. Son positionnement sur le low cost lui permet d’engranger année après année des succès considérables. Bien-sûr, certains esprits chagrins critiqueront la stratégie du groupe orientée vers des services a minima ou sur le fait que les vols partent de Paris Beauvais ou de Paris Vatry plutôt que des grands aéroports, mieux desservis… Reste que le succès du groupe demeure incontestable… notamment si l’on regarde ses résultats financiers.

La compagnie aérienne vient par exemple de se payer le luxe d’annoncer une hausse de 25% de son bénéfice net au premier trimestre, à 245 M€, et affiche des revenus en progression de 10% à 1,65 Mds€, soit une rentabilité proche des 15%. C’est tout simplement énorme pour le secteur. Vous allez voir les résultats d’Air France en comparaison !

Sur l’ensemble de l’exercice, Ryanair prévoit des résultats compris entre 940 et 970 M€, soit une hausse autour des 12% par rapport à l’exercice précédent. Le groupe envisage de transporter 103 millions de passagers sur l’exercice et indique qu’il sera en mesure de baisser ses prix de 8% pour tenir compte de la baisse du kérosène.

En 5 ans, le chiffre d’affaires du groupe a quasiment doublé tandis que son bénéfice net a été multiplié presque par trois si l’on se fie aux prévisions pour l’exercice actuel.

Pour que vous vous rendiez compte de la qualité de ces performances, comparons-les avec une compagnie aérienne classique… tenez, Air France (FR0000031122 ) par exemple…

La compagnie aérienne française, spécialiste des grèves à répétition et dont la capitalisation boursière est 8 fois inférieure à celle de son homologue irlandaise, a perdu 9% de sa valeur depuis son introduction en Bourse à 7,20 € en 1997… et surtout perd 85% depuis son plus haut, juste avant l’effondrement boursier de 2008.

Le groupe a  accumulé 5 Mds€ de pertes alors que son chiffre d’affaires a augmenté et atteint les 24,9 Mds€, soit 4 fois celui de Ryanair.

Bien entendu, Air France, dans son dernier communiqué annonçant une perte nette de 79 M€ au titre du deuxième trimestre, a incriminé les éléments extérieurs : une exceptionnelle volatilité des taux de change et du prix du carburant. Certes… mais la baisse du prix du carburant aurait pu lui être favorable, comme il l’a été pour Ryanair, non ?

Mais pour expliquer leurs mauvais résultats, les dirigeants trouveront toujours une raison  indépendante de leur volonté et de la stratégie de l’entreprise. La compagnie aérienne française, loin de se réinventer, adopte une stratégie défensive avec la fermeture de lignes déficitaires ou encore la révision à la baisse de ses capacités pour la prochaine saison d’hiver.

Cela permettra-t-il au groupe de retrouver de la rentabilité ? Je n’en suis absolument pas sûr… J’ai l’impression que la compagnie française n’a toujours pas pris la mesure de la concurrence effrénée de son marché.

Elle a du mal à être compétitive sur les business et les premières classes, notamment par les compagnies asiatiques au service irréprochable. Elle demeure chère sur le court et le moyen courrier, comparée à tous ces acteurs du transport aérien désormais spécialiste du low cost.

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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