Un premier trimestre pour rien en Europe ? Qu’en dit l’AEX ?

Rédigé le 1 avril 2010 par | Autres indices Imprimer

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers. Rendez-vous cet après-midi donc au 0899 88 20 36* pour son analyse du jour .

Le premier trimestre 2010 s’est achevé mercredi

Le premier constat, c’est une nette surperformance des indices boursiers nord et sud-américains (+5% en moyenne), la stagnation des indices européens (l’Eurofirst80 affiche un score nul et vierge) et la consolidation des places asiatiques (-3% en moyenne avec le surgissement du risque inflationniste), à l’exception de Tokyo (l’indice Nikkei engrange +5,15%).

Nous pouvons remarquer que la performance des valeurs japonaises est identique à celle des valeurs britanniques ou du S&P500 : leur principal point commun est de ne pas appartenir à la Zone euro. Cette observation pourrait faire penser à un trait d’humour… mais elle constitue bel et bien le reflet d’une réalité qu’aucun trader ne songe aujourd’hui à sous-estimer.

La sous-performance de la plupart des places européennes relève bien d’avantage d’une défiance vis-à-vis de l’euro que d’une réelle désaffection pour les actions.

Le lourd poids de la crise grecque La crise grecque continue d’affecter lourdement la monnaie unique, laquelle chute de -6,2 à -6,5% depuis le 1er janvier (selon les cours relevés ces dernières 24 heures).

Et c’est là que surgit un second paradoxe : l’effondrement de la confiance dans les emprunts émis par Athènes — heureusement endiguée par la perspective d’une aide conjointe de l’UE et du FMI — marque le surgissement de la thématique du surendettement des Etats sur le sol européen…après la faillite de l’Islande et le quasi-défaut de paiement dont fut victime Dubaï. Après la Grèce, c’est au tour du Portugal de voir sa notation dégradée, et chacun sait que les problèmes budgétaires de ce pays sont directement liés à la profonde récession qui frappe son principal partenaire économique : l’Espagne…

C’est peut-être un trop gros morceau pour que les agences de notations s’y attaquent frontalement sans avoir habilement préparé le terrain. Mais chacun peut imaginer que la contraction de l’activité et l’explosion des déficits (avec plus de 20% de chômage) conduisent la péninsule ibérique droit dans le mur : Madrid se détache du peloton européen avec une correction boursière de -7,5%.

L’Italie n’est guère mieux lotie, et l’Angleterre — où la confiance des ménages s’effondre en même temps que la croissance au 1er trimestre 2010 — ne parvient pas à inverser une dynamique budgétaire désastreuse. Nul ne voit d’issue, sauf à tabler sur un pur miracle… ou un alourdissement de la fiscalité qui achèverait de plonger le pays dans la dépression.

La réaction des marchés devant le péril de l’excès de dette laisse pantois

Après une correction de 10 à 12% du 15 janvier au 5 février, les indices boursiers ont tous — sauf exception espagnole, grecque et portugaise — repris entre 11 et 15%.

De nouveaux records annuels ont été battus ces tous derniers jours à Francfort, Bruxelles (en lourd déficit, mais peu importe !) ou Amsterdam et le niveau de confiance instantané des investisseurs bat des records historiques.

Tant d’anticipations baissières ont été démenties ces six dernières semaines que personne n’ose plus se dire prudent ou simplement dubitatif. Ces performances n’ont a priori aucun lien avec les dernières statistiques dont les marchés ont pu prendre connaissance au cours de la dernière quinzaine écoulée : révision à la baisse des prévisions de croissance du FMI pour l’Europe, hausse du taux de chômage à 10%, durcissement de la fiscalité anticipée pour 2011.

Plus troublant encore, le ratio nombre de séances de hausse/séances de baisse s’établit à 3 contre 1 depuis le 25 février dernier. Nous avons eu 29 journées positives sur 39 à Francfort… mais sur les 10 séances de consolidation, seules 3 d’entre elles ont eu une intensité supérieure à -1%… soit 3 sur 39, un score surréaliste !

Et pour couronner le tout, plus les cours grimpent, plus les volumes d’échanges se contractent, ce qui est contre-intuitif et techniquement à la limite de l’explicable. Il suffit de lire la moyenne quotidienne des échanges sur le CAC40 ou le Dow Jones, elle est en constant déclin depuis le 10 février dernier, date de l’amorce du rebond indiciel des places boursières.

L’hégémonie des uns transforme la faune financière en population de suiveurs

Les beaux esprits nous racontent que les marchés sont soutenus par la liquidité… mais force est de constater que la hausse n’est nullement caractérisée par l’entrée en force de nouveaux acheteurs dans le marché — ces fameux gérants demeurés sur la touche parce qu’ils n’ont pas cru à la réalité de la reprise économique (et comme ils ont toujours raison de ce point de vue !).

L’argent de la Fed, et chaque jour qui passe le démontre, reste concentré entre les mains de quelques « obligés » (ou complices de Ben Bernanke) qui manipulent les indices à leur guise. Plus personne ne leur conteste l’hégémonie qu’ils exercent sur les marchés. L’écrasante majorité des opérateurs s’est transformée en suiveurs et, afin de ne prendre aucun risque d’un jour sur l’autre, en day traders.

Les indices stagnent depuis le 4 mars dernier et ils auraient pu continuer à le faire jusqu’au 31 mars. Le seul éclair de volatilité s’est produit le 25 mars avec la réitération de la formule magique de Ben Bernanke « des taux bas très longtemps ».

Et ça marche à tous les coups, Ben l’a prononcée à trois reprises depuis le 5 février et Wall Street a pris à chaque fois entre 2 et 3% dans les 48 heures qui ont suivi. Hors du verbe du patron de la Fed, point de salut puisque la moitié du terrain gagné au cours des huit dernières semaines est directement liée à sa seule prise de parole.

Lorsque l’effet Bernanke se dissipe, les sherpas du marché en retournent à leur exercice favori : écraser la volatilité. Ils laminent les malheureux acheteurs d’options et de warrants qui voient s’effondrer inexorablement la valeur temps alors que les sous-jacents –après un bref accès de fièvre bernankienne — se mettent à stagner de façon désespérante.

La preuve par l’exemple avec l’indice de la Bourse d’Amsterdam

L’indice boursier qui illustre le mieux tout ce qui précède (et parce qu’il n’est que le reflet le plus « neutre » du climat technique général), c’est l’AEX, le baromètre de la Bourse d’Amsterdam.

Il vient de matérialiser l’ébauche d’un double sommet « en pince » sous les 346 points les 25 et 30 mars (habillages de bilans de fin de trimestre oblige), après un long épisode de stagnation entre 336 et 343 points du 4 au 24 mars.

Le zénith du 11 janvier (345,6 points) n’a par ailleurs été débordé que de 0,02%, ce qui expose l’AEX à la formation d’un splendide double top, ou M baissier en cas de pullback sous les 340 points. Le comblement du gap des 318 points du 26 février serait alors en ligne de mire puis le retracement du plancher des 315 points qui a donné lieu à l’apparition d’un W haussier les 5 et 25 février.

Observez une nouvelle fois l’étrange épisode de stagnation entre 314 et 318 points qui s’est déroulé du 5 au 16 février. Une fois la volatilité impitoyablement écrasée, la vélocité haussière du marché a été brusquement restaurée du 1er au 6 mars puis de nouveau consciencieusement laminée jusqu’au 31.

Tout ce qui précède semble avoir été parfaitement chorégraphié et exécuté de main de maître. Si l’AEX est bien « l’indice témoin » que nous supposons, la confirmation d’un double top ou la poursuite de la tendance (artificiellement) haussière nous offrira une visibilité pour les six prochains mois.

PS : … Philippe vous en dit plus sur la stratégie à mener au 0899 88 20 36* !

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Un commentaire pour “Un premier trimestre pour rien en Europe ? Qu’en dit l’AEX ?”

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