Adieu, efficience des marchés

Rédigé le 11 avril 2017 par | Algos, Apprendre la Bourse, Toutes les analyses Imprimer

Hier, je vous ai expliqué qu’à la base, les algorithmes étaient un outil tout naturel qui avait été développé pour améliorer la fluidité des échanges (et du marché) quand la Bourse est passée, en 1987 à Paris à la cotation électronique. Wall Street a conservé une cotation à la criée (même si de manière anecdotique).

Donc puisque l’équation a remplacé l’homme dans la confrontation de l’offre et de la demande, comment trouver le juste prix ?

Et nous en arrivons à l’efficience des marchés : voilà une thématique qui fait couler beaucoup d’encre.

En fait, l’efficience des marchés est un concept qui a été théorisé dans les années 70. Le postulat c’était qu’un marché concentre à l’instant t l’ensemble de l’information disponible, la traite et il en ressort un cours d’équilibre. En gros, le « juste prix » tient compte de toute l’actualité disponible. D’où l’expression favorite des traders et analystes (qui leur évite de réfléchir plus loin) : « tout est dans les cours ».

Alors évidemment, quand on passe d’une cotation au fixing à une cotation en continu, il est évident qu’il n’y a pas toujours des informations en permanence pour alimenter des fluctuations de cours. Donc la tentation peut être grande de créer artificiellement des fluctuations, soit pour des raisons techniques de déséquilibre de carnets d’ordres, soit en introduisant dans le marché des informations qui sont plus ou moins véridiques.

Ce qu’il faut savoir également, c’est que dans le marché, vous avez tous les types d’opérateurs.

Vous avez des utilitaires, vous avez des voitures de tourisme et puis vous avez les dragsters. Et les dragsters de la finance, ce sont les institutionnels. Ils ont des moyens techniques gigantesques et ont véritablement la capacité de peser sur les cours. Ces institutionnels de type dragster sont peu nombreux, et vous connaissez les principaux : Goldman Sachs, JP Morgan, Morgan Stanley, HSBC. En Europe, vous avez deux champions des dérivés, qui sont la Société Générale et la Deutsche Bank ; vous avez quelques gros hedge funds qui pèsent plusieurs milliards (4 à 5 milliards environ) ; vous avez enfin des entités qui gèrent des milliers de milliards de dollars ou d’euros d’actifs (BlackRock ou PIMCO qui vous sont certainement connus).

Pour ces dragsters de la finance, le moteur d’exécution des ordres est effectivement turbo-compressé, c’est même une sorte de réacteur par rapport aux moteurs atmosphériques qu’utilisent les sociétés de gestion qui font du détail.

Les dragsters utilisent non seulement des réacteurs, mais également un carburant différent : leur carburant c’est l’ultra-vitesse. Si un petit investisseur, qui circule sur les marchés en utilitaire rentre un ordre lorsqu’il pense qu’une opportunité se présente… le temps que cet ordre soit rentré et avant même qu’il soit validé, il est identifié par les dragsters qui vont immédiatement passer un ordre légèrement devant le sien – s’il est à l’achat et légèrement derrière s’il est à la vente.

Aujourd’hui, les dragsters se servent d’un carburant spécial, d’un moteur spécial et en plus de cela, quand ils sont sur la ligne de départ, ils bénéficient d’une anticipation sur le feu vert (ou sur le feu rouge quand ils doivent s’arrêter).

Actuellement, on va plutôt parler de feu vert puisque les banques centrales passent leur temps à approvisionner le marché en liquidités qui, comme par hasard, tombent dans l’escarcelle de ces fameux dragsters – ce sont eux qui travaillent main dans la main avec les banques centrales en tant que spécialistes des valeurs du Trésor.

Autrement dit, ils sont les premiers servis lorsqu’une banque centrale met de l’argent sur le marché, et ils sont surtout les premiers et les seuls à savoir quelle est la quantité d’argent mise sur le marché, ce qui leur permet de faire évidemment un plan de trade sur l’ensemble de la journée. Connaissant la quantité de carburant dont ils disposent pour la séance, ils vont pouvoir régler la puissance de l’accélération et calculer l’objectif de cours à la fin de la journée pour venir se poser tout simplement dessus.

Cela vous étonne ? Vous n’avez encore rien vu. Car les dragsters gèrent également l’allumage de leur moteur grâce à l’intelligence artificielle.

Nous verrons cela dans les prochains jours.

Jim Rickards - Nouveau plaidoyer pour l'orCOMMUNIQUEZ-MOI VOTRE ADRESSE E-MAIL

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Un commentaire pour “Adieu, efficience des marchés”

  1. L’ultra vitesse : le carburant des dragsters. Dur pour le petit investisseur !

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