Utilisez les gaps pour trader

Rédigé le 2 mars 2010 par | Apprendre la Bourse Imprimer

En analyse graphique, le trou de cotation (ou gap) est un élément essentiel pour mesurer la force d’une tendance. Un gap est une zone dans laquelle le prix n’a pas coté.

Donc, sur un graphique journalier, et dans l’hypothèse d’une tendance haussière, il survient quand un titre ouvre au-dessus du cours de clôture de la veille.

On distingue trois types de gaps selon leur place à l’intérieur d’un mouvement — ils interviennent d’ailleurs souvent en séquence. Je vais revenir ici, exemples à l’appui, sur les différents types de gaps constatés dernièrement sur le marché, et sur la manière de les trader.

Le breakaway gap : une nouvelle tendance s’amorce

Le premier gap est dit de rupture (ou breakaway). Caractéristique d’un retournement de tendance, il a en général une taille importante, des volumes de transaction très élevés et est rarement comblé en intégralité.

Par la suite, ce type de gap sert souvent de support ou de résistance. Enfin, on peut souvent assimiler un gap de rupture à une vague 1 dans la théorie des vagues d’Elliot. Vous pouvez relire mon précédent article sur Elliot pour mieux comprendre.

Ce qui s’est passé sur Unibail-Rodamco, le 9 février, illustre parfaitement cette notion de rupture. En effet, après plusieurs semaines de hausse, matérialisées par deux lignes de tendances ascendantes (en pointillés), un gap de rupture est apparu sur le titre, dans de forts volumes, annonçant un changement majeur de tendance.

L’importance de ce gap est d’autant plus grande qu’il s’est formé à l’intersection exacte entre les deux droites haussières, ce qui renforce donc son caractère de retournement.

En conséquence, le gap ayant eu lieu dans une zone 155/150 euros, il y a de fortes chances que la borne haute de cette région (155 euros) ne soit pas dépassée à court terme.

Un breakaway gap sur Unibail Rodamco

Le runaway gap : la tendance se poursuit

Le deuxième type de gap, dit de continuation (ou runaway), intervient lui dans le sens de la tendance. Ce gap se forme généralement à mi-parcours du mouvement et traduit donc une prolongation. Jetez un oeil au graphique de SUEZ ENVIRONNEMENT ci-dessous. Observez bien le gap de type runaway qui est intervenu le 26 août dernier.

L’élément important ici est de constater qu’il s’est formé au coeur de la tendance. Ce gap est intervenu au milieu d’une tendance haussière initiée à la mi-mars (par un gap de type breakaway) et qui s’est ensuite poursuivie. Son caractère très impulsif permet souvent de l’assimiler à une vague 3 dans la théorie d’Elliott.

Un runaway gap sur Suez Environnement

L‘exhaustion gap : la tendance s’achève

Enfin, et pour finir, le gap dit d’essoufflement (ou exhaustion). Ce trou de cotation intervient, lui, en fin de mouvement et, comme son nom l’indique, matérialise l’épuisement de la tendance. Dit autrement, le marché est à bout de souffle. Dès lors, dans les jours qui suivent ce gap est souvent rapidement comblé. Ce comblement constitue alors un signal de retournement de tendance. En Elliott, on trouve souvent ce gap dans la vague 5 d’un mouvement. Regardez le graphique d’Accor ; il parle de lui-même.

Un exhaustion gap sur Accor

Après plusieurs séances de baisse, le titre ouvre, le 17 juillet, en gap baissier. Il pourra alors être assimilé à un exhaustion gap car, dans les jours qui ont suivi, il a été rapidement comblé. Le consensus vendeur était épuisé, la tendance venait de s’inverser.

Savoir interpréter les signaux

Plutôt que de tenter d’anticiper leur formation — exercice par ailleurs très périlleux –, il vaut mieux observer l’endroit où intervient le gap dans la tendance, afin de comprendre d’où les cours viennent et ainsi mieux percevoir à quel stade nous en sommes dans le mouvement global.

Il est également important d’interpréter la réaction des cours suite à cet écart inhabituel (comblement rapide ou non, accélération directe…). Avec une bonne interprétation de ces paramètres, vous aurez alors de très bons indices quant au directionnel à venir des cours. C’est notamment une info très importante quand vous jouez sur des produits à effet de levier (comme moi, en ce moment, les CFD) car cela vous permet d’ajuster votre risk/reward en fonction de la tendance et de l’impulsion que vous avez détectées.

[NDLR : et bientôt, vous pourrez profiter chaque jour de l’analyse de Mathieu sur les CFD… restez à l’écoute !]

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Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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7 commentaires pour “Utilisez les gaps pour trader”

  1. bonjour.

    Il me semble que votre définition du gap est fausse.
    Vous écrivez: « En analyse graphique, le trou de cotation (ou gap) est un élément essentiel pour mesurer la force d’une tendance. Un gap est une zone dans laquelle le prix n’a pas coté.

    Donc, sur un graphique journalier, et dans l’hypothèse d’une tendance haussière, il survient quand un titre ouvre au-dessus du cours de clôture de la veille. »

    En effet, dans un graphique journalier, en tendance haussière, le gap survient quand un titre ouvre au-dessus du plus haut de la veille » et non pas au-dessus de la clôture.

    Bonne journée.

  2. Bonjour,

    Non, dans le cas d’une tendance haussière, un gap haussier peut survenir même si le titre ouvre dans l’«ombre» de la bougie de la veille (regardez l’exemple sur Michelin le 30 juillet dernier). Il faut toujours comparer cours de clôture et cours d’ouverture. Ici le titre ouvre à 45,80 € après avoir clôturé à 45,50 € la veille (même si le 29 un plus haut a été réalisé à 46,06 €). Cependant, effectivement l’importance et la puissance du gap sera renforcée si nous n’avons aucune zone de cotation (ouverture au-dessus de l’ombre de la veille).Toujours dans l’exemple de Michelin, le gap ouvert le lendemain (31 juillet) a ainsi une nature et un rôle beaucoup plus important car nous n’avons absolument aucune cotation entre 47,83 € (plus haut du 30 juillet) et 48,70 € (ouverture du 31 juillet).

    En espérant avoir répondu à votre question,

    Mathieu Lebrun,

  3. moi pas compris ninirep 🙂

  4. ma question à Mathieu Lebrun, comment trader le gap quasi quotidien sur le cac40 à l’ouverture ?…en ce qui me concerne, je suis le S&P500 en direct vers 16h00 et selon les volumes en fin de séance (haussiers ou baissiers), et en corrélation de la tendance du S&P500, je prends position ou je reste pour prendre le gap du lendemain matin à Paris, ce qui fait souvent 60 % de la journée….est-ce que je suis dans l’erreur ou à côté ?! 🙂

  5. BOnjour,
    Il n’y a malheureusement pas de solution miracle, pour prendre position sur le Cac 40 après 17h30, il n’y a que deux solutions : faire du future Cac ou des CFD (seul produit dérivé sur lequel le Cac cote en quasi continu). L’ouverture de l’indice Cac cash à 9h est effectivement conditionnée par le mouvement du S&P 500 entre 17h30 et 22h mais également par les mouvements sur les places asiatiques la nuit. De ces mouvements, le future sur Cac ouvre alors à 8h le lendemain matin et permet de savoir sur quel niveau l’indice cash ouvrira 1 heure plus tard.
    J’espère avoir pu répondre à votre question

    Mathieu Lebrun

  6. Merci de votre réponse, en effet, je trade sur les CFD et ainsi j’évite le gap. Par contre, il est nécessaire de tenir compte en money-management du doublement de marge nécessaire pour la position. merci encore

  7. […] court terme, la théorie des gaps m'amène à penser que la baisse est derrière nous — pour les prochaines semaines, ma […]

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