Une accalmie sur les marchés actions ? Quand les bonnes nouvelles n’en sont plus…

Rédigé le 12 septembre 2018 par | Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Données contradictoires sur l'état de l'économie dans le monde : brexit europe suede italie racisme allemagneNon, l’actualité politique et géopolitique ne se résume pas à l’interminable guerre commerciale, ce cheval de bataille de Donald Trump qui accapare l’attention des investisseurs à intervalles réguliers depuis de longues semaines. Il y a aussi quelques bonnes nouvelles et autres motifs d’espoirs.

L’épineux dossier nord-coréen vient par exemple de connaître un nouveau développement rassurant avec, selon les spécialistes, l’envoi d’un message fort de Pyongyang à destination de Washington. Donald Trump a en effet été le destinataire d’une lettre écrite par son homologue Kim Jong-un que la Maison-Blanche a qualifiée de « très chaleureuse » et « très positive ».

« Nous y sommes ouverts et nous avons déjà commencé à nous cordonner [en vue d’un tel sommet] », a commenté la porte-parole de la présidence américaine Sarah Sanders.

Il est vrai que dans le langage diplomatique, l’absence de missiles longue portée constitue (presque) un signe d’apaisement…

La Suède, ingouvernable, n’est pas totalement raciste !

Plus près de chez nous, les craintes d’une arrivée au pouvoir de l’extrême droite en Suède ont été écartées. Pour autant, les « Démocrates de Suède », xénophobes assumés, ont enregistré près de 18% des suffrages exprimés, soit leur score le plus élevé depuis leur création. De fait, ils sont désormais incontournables dans le paysage politique suédois.

Quel soulagement ! Seul un vingtième de la population de l’un des pays les plus riches du monde a voté pour un parti ouvertement raciste. On se sent vraiment mieux, non ?

Un bonheur de Brexit

Si ça ce n’est pas une bonne nouvelle, je ne m’y connais pas !

Négociateur en chef chargé de la préparation et de la conduite des négociations avec le Royaume-Uni, Michel Barnier semble estimer un accord avec le Royaume-Uni possible d’ici six à huit semaines.

Si l’on met de côté le fait que nous évoquons ici la sortie d’un pays de l’Europe (que l’on disait impossible) qui pourrait faire des émules, et si on occulte la langue de bois de l’ancien ministre des Affaires étrangères, lequel a accessoirement dit l’inverse cet été, c’est franchement rassurant, non ?

Le gouvernement italien deviendrait-il moins eurosceptique ?

Allez, oubliez mon cynisme, car pour le coup j’ai vraiment de quoi vous remonter le moral (économique). En effet, l’Italie a, par la voix de son ministre de l’Economie et des finances Giovanni Tria, promis que les mesures gouvernementales seront implémentées progressivement et dans le respect du cadre européen.

Dans la foulée, la Bourse de Milan s’est envolée de 2,3% lundi … après avoir chuté de 13% depuis le printemps. Sacrée accalmie.

Trêve de mauvais procès, on peut quand même voir dans les propos de M. Tria une véritable raison d’être rassuré : les ministres, d’extrême droite ou d’extrême gauche, n’hésitent jamais à passer tranquillement outre les promesses et paroles données au peuple qui les ont élus.

A cet égard, quelle que soit l’étiquette, nous ne sommes jamais déçus.

Une économie allemande en panne

L’une des bases en matière d’analyse économique est de faire le distinguo entre soft et hard datas.

Les soft, ce sont les indicateurs avancés tels que les enquêtes et les indices de confiance, qui se basent l’un et l’autre sur un « sentiment ». Les hard, eux, reflètent la réalité d’une statistique mesurée sur une période passée.

Et sans faire de finance comportementale, on se rend vite compte que les prévisionnistes ont tout de même une sacrée nature optimiste…

Ces dernières semaines, les indicateurs PMI qui reflètent l’avis des acheteurs et les indices de confiance se sont en effet révélés corrects voire très bons de l’autre côté du Rhin.

Toutefois, le bât blesse dès lors qu’on regarde les statistiques réelles, avec des reculs de respectivement 1,1, 0,8 et 0,4% de la production industrielle, des commandes industrielles et des ventes de détail au dernier pointage.

Résumons : consommation en baisse, commandes industrielles (le cœur de l’économie allemande) en recul et production actuelle déjà en repli. Aïe ! Je commence à craindre que la locomotive européenne soit en gare pour une décennie de maintenance…

Donald Trump veut débusquer la taupe !

Ce panorama n’aurait pas été complet sans évoquer l’inénarrable président américain. Entre deux parties de golf et deux insultes publiques, Donald Trump aujourd’hui qu’une seule obsession : trouver la taupe !

La taupe, c’est évidemment cette source du New York Times qui s’est fendu la semaine dernière d’une tribune au vitriol contre l’administration Trump, appelant carrément à la résistance interne.

Malmené dans les sondages, le locataire de la Maison-Blanche cherche à préserver au maximum sa base électorale et continue de menacer la Chine de droits de douane sur 200 Mds$ produits importés, et envisage d’y ajouter 267 autres milliards de dollars de marchandises importées.

Sauf que, comme je l’ai déjà expliqué dans ces colonnes, à force d’agresser tout le monde, on finit par former de belles alliances chez l’ennemi. Et surtout, derrière les chiffres, des acteurs économiques américains de taille commencent à pâtir de cette politique belliqueuse…

Bien que loin du krach, les marchés actions calent toutefois nettement depuis une semaine et les chiffres impressionnants de l’emploi américain auront surtout contribué les affoler un peu plus.

Et pour cause : avec une telle surchauffe, la Fed ne va sans doute pas ralentir son resserrement monétaire, dans un contexte qui risque fort de se compliquer pour les Etats-Unis en cas de persistance voire d’aggravation des tensions avec la Chine.

Je vous invite à relire mon scénario global publié cet été… Les choses se mettent en place tranquillement et l’or, pourtant affaibli par un dollar fort, ne cède pas, sous les 1 180$.

Le VIX est de son côté en hausse et les supports à court terme se fragilisent sur les indices…

Du coup, pour l’accalmie, on repassera…

Discorde commerciale mondiale : devant l’OMC, la Chine menace de sanctions douanières les Etats-Unis

Jérôme Revillier
Jérôme Revillier

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

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