A qui profitent les moyennes mobiles ?

Rédigé le 13 mai 2015 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Faites-vous partie des 10% à 15% d’investisseurs qui utilisent l’analyse technique et les moyennes mobiles ? Oui ? Alors lisez bien ce qui suit, vous n’allez pas être déçus.

L’étude que je décrypte aujourd’hui explique… que vous perdez votre temps et que vos choix d’investissement profitent surtout aux… courtiers !

Les moyennes mobiles sont des outils très simples, ce qui explique peut-être leur popularité auprès des investisseurs. Elles s’appellent « mobiles » car on calcule une moyenne mobile à 50 périodes (MM50) en additionnant les cours d’une action sur les 50 derniers jours et en divisant ce résultat par 50. Lorsque cette moyenne mobile sur 50 jours dépasse (par le haut) la moyenne mobile sur 200 jours, par exemple, l’action concernée est supposée entamer une période haussière. C’est censé être un signal d’achat.

De toute évidence, parfois ca marche, comme vous pouvez le voir sur ce graphique d’AIR LIQUIDE : en novembre dernier, la MM50 a croisé à la hausse la MM200, et si vous aviez acheté sur ce croisement, vous auriez gagné environ 30%.

MM Air Liquide

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Tout cela semble si simple ! Mais est-ce vraiment profitable ? 

Par le passé, de nombreuses études académiques avaient conclu que le trading basé sur les signaux de l’analyse technique (comme les moyennes mobiles) donnait un sentiment de connaissance, de contrôle et d’objectivité à ses adeptes ; ou que ces signaux permettaient simplement d’attirer l’attention des investisseurs sur tel ou tel titre. En général, le monde académique se montre très sceptique sur la rentabilité de l’analyse technique, certaines études estimant même qu’elle équivaut à se baser sur du vent.

Notre étude du jour a cherché les éventuelles caractéristiques dans les portefeuilles de ces « chartists », ces adeptes des graphiques.

Analysant près de trois millions de transactions effectuées par plus de 35 000 investisseurs allemands entre janvier 2004 et novembre 2011, les auteurs ont mesuré la performance obtenue en appliquant – plus ou moins bien – les signaux des moyennes mobiles.

Qu’ont-ils trouvé ? Tout d’abord, les jours où l’analyse des moyennes mobiles a fourni un signal (un croisement, par exemple), les investisseurs étudiés augmentaient leur activité boursière de 30%. Entre 10% et 15% de la population observée était habitués à investir systématiquement selon ces signaux, ce qui est conforme aux statistiques globales évoquées ci-dessus. C’est aussi une preuve supplémentaire que ces investisseurs pensent réellement que ces signaux sont porteurs d’information.

En revanche, l’étude démontre que ces investisseurs n’obtenaient pas de résultats statistiquement différents de ceux qui n’employaient pas l’analyse technique. Autrement dit, 10% à 15% des investisseurs utilisent des signaux qui ne favorisent finalement pas la performance. Bien au contraire.

Les auteurs jugent que l’étude des moyennes mobiles agit essentiellement comme un déclencheur de transactions. Et comme la performance brute obtenue n’est pas meilleure, elle devient clairement inférieure à la moyenne une fois qu’on déduit les frais de transactions. Car plus on utilise les moyennes mobiles, plus on investit fréquemment, et plus on paie de commissions.

Ce n’est bien sûr pas votre courtier qui vous le dira, car c’est bien connu : les courtiers cherchent avant tout du volume pour encaisser de juteuses commissions. Imaginez donc la fortune qu’ils doivent se faire si effectivement 10% à 15% des investisseurs privés agissent comme des toupies, scrutant systématiquement le croisement de moyennes mobiles ?

* L’étude mentionnée dans cet article, et bien d’autres encore, peut être consultée en vous enregistrant sur notre page spéciale “Agora”.

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sylvainfrochaux
sylvainfrochaux
Directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Sylvain Frochaux est le directeur de la recherche chez Straight from The Labet fondateur de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/). Il est surnommé par ces pairs le « Japonais blanc » de la finance, en raison de son caractère jusqu’au-boutiste et de son parcours de vie.

Après des études brillantes à HEC Lausanne (où il finit premier de sa volée, avec notamment une thèse de master en économétrie financière), il se dirige vers le Japon pour y effectuer son doctorat. De retour en Suisse, il devient responsable de l’analyse financière et de la recherche académique pour le quotidien financier L’Agefi.

En 2009, il quitte le journalisme pour créer le groupe Straight from The Lab (https://ra113.infusionsoft.com/go/sftl/Agora/) qui a pour objectif de rendre accessible, aux investisseurs privés, les dernières recherches en finance. En 2013, après trois ans de recherche, il lance avec son équipe le service Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/), une solution d’investissement basée exclusivement sur l’analyse scientifique des marchés. Unique en son genre, cette stratégie fournit aux investisseurs un portefeuille clé en main, avec une garantie de performance (minimum 50% en cinq ans).

Toutes les études mentionnées dans les articles signés par Sylvain Frochaux peuvent être consultées en vous enregistrant sur la page commune des Publications Agora et de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so-agora/Agora/).

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