A quand un indice des valeurs technologiques à Paris ?

Rédigé le 10 mars 2015 par | Big caps, Cac 40, Toutes les analyses Imprimer

La nouvelle composition du CAC 40 est désormais connue : Peugeot (FR0000121501-UG), le célèbre constructeur automobile, signe son retour dans le prestigieux indice parisien, et ce seulement 30 mois après l’avoir quitté. Un retour ultra-rapide lié au redressement du groupe, salué par une envolée boursière du titre qui après sa descente aux enfers en 2012, a regagné plus de 400%

Et dire que, il y a trois ans, plus personne ne voulait du titre et on imaginait déjà la disparition de la firme de Sochaux !

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Mais mon propos n’est pas de fustiger le facile pessimisme des analystes… Non, mon propos est plutôt de regretter la sortie de Gemalto (NL0000400653-GTO) de l’indice.

Pourquoi avoir retiré du CAC l’entreprise leader mondial de la sécurité numérique et qui dégage une rentabilité opérationnelle supérieure à 15% ? Pourquoi avoir enlevé le premier fabricant mondial de cartes SIM? D’autres choix n’auraient-ils pas été possibles, et aussi, plus souhaitables ?

Certes, les spécialistes des chiffres, diplômés de grandes écoles, vous rétorqueront que la société était devenue la plus petite capitalisation de l’indice avec seulement 6,3 Mds€. Mais sa sortie contribue à créer un CAC 40 encore moins technologique qu’il ne l’était déjà. Si on excepte nos valeurs télécoms, ne subsistent dans le CAC qu’Alcatel (FR0000130007 ALU) et Cap Gemini (FR0000125338 CAP), soit 1,6% de l’indice CAC 40.

Si je rajoute les valeurs télécoms et Vivendi (FR0000127771 VIV), j’obtiens une pondération globale autour des 8% pour l’ensemble des valeurs « technologiques » au sens bien large… ce qui est bien extrêmement peu compte tenu de l’essor d’Internet et de la Nouvelle Économie, comme on l’appelait à l’aube des années 2000.

Alors oui, certains considèrent que Publicis (FR0000130577 PUB) – avec plus de 50% dans le digital – est désormais une valeur Internet… Soyons raisonnable : Publicis n’est pas une valeur internet. Regardez, messieurs, ce qu’est le Nasdaq, ce que sont les Apple, Google ! Regardez les entreprises positionnées dans la fibre optique, le cloud, les réseaux, la sécurité informatique : c’est là qu’est l’avenir ! Pourquoi, encore une fois, donner l’image d’une France à l’industrie moribonde (on ne peut pas dire que l’automobile soit le prototype d’un secteur « d’Avenir »), excluant volontairement de faire une place à la technologie.  Evidemment qu’avec ce message envoyé les valeurs Internet hésitent à deux fois à se faire coter à Paris.

Regardez Criteo (US2267181046-CRTO) : la valeur a préféré attaquer directement les marchés américains, et s’est introduite sur le Nasdaq. Même remarque pour Lending Club (US52603A1097-LC), le spécialiste de la finance participative, créé par un Français : siégeant désormais en Californie la firme a, elle aussi, opté pour une cotation sur le Nyse directement.

Je regrette donc que ce ne soit pas une valeur technologique qui remplace Gemalto. Ingenico (FR0000125346-ING) pèse 6 Mds€ de capitalisation, Numericable-SFR (FR0011594233-NUM) valorisée à 29 Mds€ ou même Iliad (FR0004035913 ILD), estimée à 13 Mds€ …

De plus, je ne pense pas qu’introduire une entreprise automobile supplémentaire après Renault (FR0000131906 RNO) et Michelin (FR0000121261 ML) déjà présents dans le CAC 40, était le choix le plus pertinent.

Attention : oui, je considère aussi que le secteur automobile fait bel et bien partie du patrimoine français. Cependant, à un moment ou à un autre, nous devons prendre en compte les nouveaux acteurs, ceux qui construisent l’économie de demain… Où sont les Twitter, Facebook ou Google français ? Bien sûr, la cote parisienne compte des myriades de sociétés de la sphère Internet mais il s’agit pour la plupart d’acteurs assez mineurs, même s’ils évoluent sur des niches porteuses.

Bref. Faire entrer une valeur technologique ou Internet sur le CAC aurait été un signal positif envoyé à tous ces nouveaux entrepreneurs français qui hésitent encore entre l’expatriation ou à se développer en France. C’est un tel message qu’ont manqué d’envoyer les experts français d’Euronext en optant pour Peugeot comme remplaçant de Gemalto.

 

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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