A 2,5% des plus bas annuels, mais encore ?

Rédigé le 16 septembre 2008 par | Big caps Imprimer

Jeudi dernier, nous vous demandions que faire de Freddie et Fannie : les acheter ? Les vendre ? L’analyse technique ne nous était d’aucun secours sur ces titres qui avaient perdu 95% de leur valeur, mais nous voulions savoir si, pour vous, les cours avaient touché le fond du fond… ou pas encore.

Philippe Béchade nous le redisait au téléphone tout à l’heure « quelle analyse technique voulez-vous faire sur des titres qui ont perdu 95% de leur valeur ! Il n’y a rien à faire ; mieux vaut se tenir à l’écart ; sinon, ça serait vraiment un coup de poker« .

Il semble que vous soyez nombreux à avoir cet avis. Bonne nouvelle : le bon sens l’emporte parmi vous : il ne faut pas toucher à Fannie et Freddie ! Cependant, Sébastien G. proposait une stratégie plus complexe, intéressante mais que je trouve un peu risquée :

« Pour faire suite à votre article, je proposerais simplement de mettre en place une stratégie long/short sur ces titres : acheter la valeur la moins chère et vendre la plus chère. 1). si elles vont à zéro alors vous gagnez la différence entre les deux cours. 2). si elles montent toutes les deux, alors vous allez perdre sur votre short mais cela sera compensé par votre long.

Notre lecteur concluait par »soit on est flat, soit on gagne la différence entre les deux cours« .

Oui, mais quid si notre position long baisse et que notre short monte ? Ou que notre long baisse plus que notre short ? Voyons un peu. Hier soir, avec la débandade des financières, Freddie clôturait à 0,39$… perdant 40% depuis notre dernier Billet du 11/09. Fannie clôturait à 0,61$, perdant 13%.

Si nous avions vendu Fannie (la plus chère) et acheté Freddie (la moins chère), nous aurions donc gagné 13% d’un côté, mais perdu 40% de l’autre, soit une différence de 27% en deux séances. Alors évidemment, si les deux titres atteignent 0$, nous gagnerons le différentiel, mais cette stratégie nous semble un peu… risquée.

Revenons donc plus près de nos préoccupations et de nos marchés : au CAC40. Je passe sur la débandade des marchés hier et sur les annonces de faillite en cascade. Tout cela, vous le savez. Le marché a ouvert ce matin sur les 4 100pts, à 2,5% des plus bas de juillets (à 4 002 pts).

Une fois encore, à l’heure où j’écris ces quelques lignes, la BCE annonce qu’elle va réinjecter 70 milliards d’euros sur les marchés financières. Une impression de déjà-vu…

Depuis un an, les banques centrales n’ont eu de cesse d’injecter des liquidités à chaque défaillance des indices – qui suivait chaque nouvelle annonce de catastrophe financière. Résultat ? Nous avons perdu 26% depuis le 1er janvier, et 33% depuis les sommets de juillet 2007. Oui, 33%… plus d’un an de crise déjà.

Celui qui regarde les marchés au jour le jour a tendance à s’habituer et à oublier. Les institutions nous disaient même, cet été, que « la crise était finie », « loin derrière nous ». Nous maintenions nos alertes de prudence, en vous disant de vous préparer au pire. Mais prenons du recul, encore une fois, et regardons un graphe du CAC40 à très long terme.

CAC 40

Aïe… on voit bien que le potentiel de baisse est toujours là et très important. Pour moi, les mauvaises nouvelles sont telles qu’une fois la baisse un peu freinée par les 4 000 pts, nous irons donc sur les 3 840/3 460 pts. Là, les 3 460 ayant joué un rôle de support important (2004 et fin 1998), nous aurons sans doute un va-et-vient dans cette zone de range.

Et Après ? Après… après, est une autre histoire… soit le support tient bon, soit les nouvelles, la finance, et la récession sont pires que prévus… et la descente aux enfers peut continuer jusqu’aux … 2 400 pts, point bas de 2002. Je n’irai pas jusqu’aux 1 800 pts, quand même : je reste optimiste.

Mots clé : - -

Nathalie Boneil
Nathalie Boneil
Directrice de la rédaction aux Publications Agora

Nathalie Boneil est Directrice de la rédaction aux Publications Agora. Elle a travaillé dans l’univers de la Bourse plus de 4 ans – mais c’est depuis toute petite que son grand-père lui parle des marchés et de l’investissement. Aujourd’hui, elle travaille avec nos rédacteurs et analystes sur les marchés actions pour qu’ils vous proposent les meilleurs services, les meilleures idées d’investissements, de manière la plus simple et la plus profitable qui soit pour vous.

Son rôle est tout simple : rendre les idées, les méthodes, les stratégies de nos analystes professionnels facilement compréhensibles et directement applicables pour vous. Elle met l’analyse technique à votre portée, vous montre les opportunités, les pièges à éviter, et vous explique les moyens de vous positionner sans vous noyer dans un jargon d’experts.

Laissez un commentaire